Secte vaccinale
Vaccination obligatoire contre la grippe : la HAS exclut d’un groupe de travail un médecin ayant critiqué cette mesure
La Haute Autorité de santé confirme dans un communiqué qu’elle ne recueillera pas l’avis des médecins qui ne soutiennent pas une obligation vaccinale contre la grippe pour décider de la pertinence d’imposer ou non cette mesure aux soignants libéraux travaillant dans un établissement ou service social ou médicosocial.
En novembre dernier, les parlementaires ont voté l’obligation vaccinale antigrippale des soignants et des personnes résidant au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) qui deviendra effective pour la prochaine période épidémique sous réserve de sa recommandation par la Haute Autorité de santé (HAS). Son avis est rendu dans le courant du premier semestre 2026.
La HAS s’est déjà prononcée sur la pertinence d’une vaccination obligatoire des soignants contre la grippe afin de protéger les résidents d’Ehpad pour qui la vaccination est fortement recommandée : en juillet 2023, elle s’était montrée réservée sur une telle mesure, faute de données étayant un bénéfice de la vaccination en termes de réduction des infections nosocomiales et des décès. Nous avons tout lieu de croire qu’elle l’encouragera en 2026.
La directrice de la commission de la HAS chargée de l’évaluation des vaccins, Anne-Laure Crémieux, nommée en 2023 par Emmanuel Macron, avait falsifié en avril dernier le rapport d’évaluation du vaccin Efluelda destiné aux plus de 65 ans afin de permettre à Sanofi de bénéficier d’un remboursement à 100 %. Alors que le Comité d’experts avait statué que « les données disponibles étaient très hétérogènes » et ne justifiaient pas un remboursement intégral d’Efuelda, l’Agence écrira dans sa recommandation que « les données disponibles montrent un effet modeste mais significatif sur les hospitalisations liées à la grippe ». En juin 2020, elle s’était pourtant opposée à une augmentation du prix d’Efluelda, estimant qu’il était associé à « un très faible impact sur les résultats de santé [consultations, hospitalisations] et l’organisation du système de soins ».
Efuelda ne fait donc pas exception à la règle, les études concernant l’efficacité de la vaccination contre la grippe démontrant de manière convergente qu’elle n’arrête pas la transmission, qu’elle est généralement associée à un taux d’efficacité médiocre contre l’infection et que les injections répétées ne renforcent pas la protection, voire favorisent les contaminations.
Concernant la pertinence d’une obligation vaccinale des soignants, qui n’est officiellement justifiée que par la nécessité de protéger les résidents d’Ehpad pourtant vaccinés à plus de 80 %, la question a été tranchée en février 2025 par la Cochrane Collaboration, dont les méta-analyses sont considérées comme le plus haut niveau de preuve scientifique, et en octobre dernier par les chercheurs de la clinique Cleveland qui évaluent à – 27 % son efficacité dans une étude non encore revue par les pairs. En novembre dernier, nous avons publié une bibliographie de 15 études dont les principales conclusions sont également détaillées dans un article du journal Epoch Times, qui définit l’obligation vaccinale contre la grippe comme « un choix politique à contre-courant de la science », ce que nous soulignions également en commentant l’intervention sectaire et haineuse du député socialiste Jérôme Guedj lorsque la loi a été finalement votée.
En début d’année, la HAS a mis en place une série de groupes de travail visant à évaluer, comme l’exige le projet de loi, « la pertinence d’instaurer une obligation vaccinale contre la grippe pour plusieurs catégories de professionnels et les populations âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité ». Le Dr Franck Zeiger, un médecin travaillant au sein d’un Ehpad, également auteur d’un livre regroupant les chroniques qu’il avait tenté de publier durant la pandémie de COVID-19 et qui avaient été censurées, avait été initialement retenu, comme il l’avait signalé mercredi sur son compte X :
Vingt-quatre heures plus tard, il a publié un second message dans lequel il indique avoir été retiré du groupe travail par la HAS, qui justifie en ces termes sa décision :
Vous avez été désigné pour intégrer le groupe de travail sur l’évaluation de la pertinence d’instaurer une obligation vaccinale contre la grippe pour plusieurs catégories de professionnels et les populations âgées de 65 ans et plus résidant en collectivité. […] Nous avons toutefois eu connaissance de nombreuses prises de position de votre part sur les sujets de santé incompatibles, par leur caractère polémique, dogmatique et répété, avec la posture attendue des membres des groupes de travail de la HAS. Nous ne pouvons dès lors, conformément à nos règles internes, vous solliciter pour participer à ce groupe.
https://twitter.com/Franck20270/status/2016897848722231601?s=20
Traduction : nous souhaitons recueillir l’avis des médecins pour décider s’il serait éthique d’exclure des soignants qui ne souhaiteraient pas se faire injecter un produit dont nous avons démontré qu’il était inefficace, mais nous estimons qu’il serait contraire à notre éthique de donner la parole à des pairs qui ne soutiennent pas cette décision.
En anticipation d’une éventuelle polémique, la HAS a choisi d’assumer en publiant un communiqué, dans lequel elle confirme être « attachée à la prise en compte de l’ensemble des opinions, thèses ou écoles de pensée, la HAS écoutera toutes les positions qui s’exprimeront dans le cadre d’une prochaine consultation publique ».
Toutes, sauf les écoles de pensées se revendiquant du droit, de la science et de l’éthique.
Quels liens la HAS et l’Élysée entretiennent-ils avec Sanofi ?