Révélations accablantes
Des millions de pages de documents en lien avec l’Affaire Epstein relâchés par le ministère américain de la Justice
Le ministère de la Justice américain (DOJ) a publié ce vendredi un lot de 3 millions de pages de documents, en partie caviardés, relatifs au milliardaire Jeffrey Epstein, dont 2 000 vidéos et 180 000 images.
La livraison inclut des e-mails, des enregistrements réalisés par le DOJ, des archives du FBI. Les précédentes avaient eu lieu en décembre et novembre derniers, où environ un million de pages avaient été rendues accessibles au public. Ils confirment les accusations de torture et de trafic d’enfants perpétrées massivement par des personnalités de haut rang, en réalité les plus riches et les plus puissantes de ce monde. Des recherches ciblées peuvent être facilement réalisées depuis cette adresse : https://www.jmail.world/drive/folder/estate-production/12-11-25.
Confirmation de l’existence de rituels satanistes
Jeffrey Epstein écrit notamment dans un e-mail de 2009 dont on ignore le nom du destinataire : « J’ai adoré la vidéo de torture. » L’un des documents les plus choquants diffusés sur le réseau X décrit une cérémonie sataniste relatée par une victime du réseau d’Epstein dans un témoignage recueilli par le FBI :
J’aimerais ajouter quelques autres points révélés par la victime présumée :
Alors qu’il se trouvait sur ce yacht, il a vu des hommes afro-américains avoir des relations sexuelles avec des femmes blondes, qui saignaient toutes pendant l’acte.
Il a été victime d’une sorte de sacrifice rituel au cours duquel ses pieds ont été coupés avec un sabre, mais sans laisser de cicatrices.
Sur le yacht, il a été témoin du démembrement de bébés, de l’ablation de leurs intestins et de personnes mangeant les excréments provenant de ces intestins.
Il a également été violé par George Bush.
Un autre document identifie John Podesta dans une vidéo où s’entremêlent des hurlements de femme et des injonctions de l’ancien conseiller stratégique à la Maison-Blanche, qui fut le chef de cabinet de Bill Clinton, le conseiller d’Obama et le directeur de campagne d’Hillary Clinton avant de rejoindre l’administration Biden. Sa voix a été clairement identifiée dans l’enregistrement divulgué par le DOJ. Un précédent e-mail divulgué par Wikileaks attestait déjà de son goût pour la torture d’enfants :
La nuit derrière était sympa.
Toujours dans la chambre de torture.
Parmi les personnalités dont l’identité a été révélée figure le milliardaire Bill Gates. Son nom avait été cité dans la liste des passagers ayant voyagé à bord du Lolita Express, le jet privé d’Epstein utilisé notamment pour convoyer ses hôtes dans son île privée des Caraïbes, Little St James, où l’on suppose qu’ont eu lieu nombre de ces orgies impliquant des mineurs. The Telegraph et The New York Times confirment que des notes rédigées par Jeffrey Epstein, suggérant que Bill Gates aurait eu des relations sexuelles extraconjugales, figurent dans le dossier. Selon The Telegraph, le fondateur de Microsoft aurait demandé à son ancien ami, avec lequel il s’est par la suite brouillé, de lui fournir des antibiotiques après avoir contracté une maladie sexuellement transmissible (MST) lors d’une relation avec une « fille russe » :
Pour ajouter l’insulte à l’injure, vous me suppliez de supprimer les e-mails concernant votre MST, votre demande de vous fournir des antibiotiques que vous pouvez donner en cachette à Melinda et la description de votre pénis.
https://www.telegraph.co.uk/world-news/2026/01/31/everything-the-epstein-files-have-told-us-so-far
Autres révélations du DOJ
Le « citoyen engagé » Jon de Lorraine publie une synthèse des principales informations contenues dans la livraison du 30 janvier :
Le nom de Donald Trump est cité plusieurs fois, notamment pour un de viol sur une mineure de 13 ans commis en 1994 à une soirée dans sa résidence de Mar-a-Lago. Ces allégations avaient fait l’objet d’une plainte retirée en 2016. Autres éléments en lien avec Donald Trump : une liste d’accusations sexuelles anonymes compilée en 2025, le témoignage d’une victime relatant une simple « présentation » à Donald Trump ; des e-mails échangés en 2011 entre Epstein et son associée, Guislaine Maxwell « évoquant de ne pas impliquer “Donald” dans une affaire ».
Le nom d’Elon Musk apparaît également dans des échanges d’emails datant de 2012-2014 faisant état de liens persistants après la condamnation d’Epstein. Dans un courriel, Musk demande notamment quand était prévue la « fête la plus sauvage » (wildest party) sur l’île Little St James pour qu’il puisse y assister, une date semble même avoir été arrêtée pour une visite début 2014. The Telegraph précise qu’Epstein devait visiter l’installation de SpaceX et déjeuner avec le milliardaire. Musk précise qu’il ne s’est toutefois jamais rendu sur l’île d’Epstein et qu’il a toujours fait tout ce qui était en son pouvoir pour faire condamner le milliardaire, dont il appelle, aujourd’hui encore, à l’inculpation des clients.
D’autres personnalités sont également citées comme Bill Clinton (multiples mentions, dont un viol), l’ambassadeur britannique Lord Mandelson, le fondateur d’Amazon Jeff Bezos, le prince Andrew ou encore le cinéaste Woody Allen.
Le volet français de l’affaire
Il y a six ans, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour viol, agressions sexuelles et association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes à l’encontre du milliardaire, connu pour être un proche de l’ancien agent de mannequin Jean-Luc Brunel, mis en examen pour viol sur mineur à la fin de juin 2021. Il apparaît aujourd’hui dans les dossiers Epstein aux côtés de Brett Ratner, le réalisateur du documentaire sur Melania Trump.
Comme Epstein, auquel on suppose qu’il a servi de rabatteur, il sera retrouvé pendu dans sa cellule en 2022, enterrant définitivement le volet français de l’affaire. Epstein avait été arrêté en juillet 2019 en rentrant de Paris, où il avait passé des semaines dans son appartement avenue Foch, qui n’a jamais été perquisitionné. La journaliste Laurence Haïm a pourtant précisé en décembre dernier que le nom de plusieurs personnalités françaises était cité dans les documents déclassifiés par le DOJ.
Combien de Français ont fréquenté l’appartement d’Epstein ? La dernière livraison indique qu’un ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Olivier Colom, a échangé à plusieurs reprises par correspondance avec Jeffrey Epstein. Dans l’un d’entre eux, le milliardaire écrit :
Je suis sur mon île dans les Caraïbes, avec un aquarium rempli de filles.
https://x.com/TribunePop23/status/2017372733663818140?s=20
Deux autres éléments apparaissent particulièrement dérangeants : Woody Allen se serait rendu à Paris en mars 2012 pour une prétendue « convention de pédophiles » ; une conversation entre Epstein et Jack Lang datant de 2017 suggère des liens d’amitié entre les deux hommes :
Cher Jeffrey, Hier, nous avons passé une journée fabuleuse, un moment merveilleux en ta compagnie. Ton amitié, le magnifique avion et ton extraordinaire générosité nous ont profondément touchés. As-tu apprécié la visite chez Majorelle ? Sincèrement, Jack Lang.
Malgré son important volume, cette livraison est loin d’être exhaustive. Elle ne concernerait selon les démocrates américains que 50 % des documents classifiés actuellement détenus par le ministère de la Justice américain. Elle confirme en tout cas les accusations les plus graves formulées à l’encontre du milliardaire et de son réseau de clients. Il ne s’agit pas de soirées décadentes impliquant des mannequins ou de très jeunes femmes, mais de crime d’une gravité absolue, incluant la torture et le trafic d’enfants. Un contrat de 2015 conclu entre la Southern Trust Company (STC) de Jeffrey Epstein, et une société détenue par Ariane de Rothschild pour un montant de 25 millions de dollars suggère que la couverture financière du trafic d’enfants était assurée par la STC. Combien de parents savent-ils que Disney a par ailleurs joué un rôle crucial dans l’organisation de ces crimes ?
Les documents révèlent en effet qu’Epstein avait fait l’acquisition de la marina où était amarré le Captain Nautica, le bateau utilisé par la société qui prétend vendre du rêve aux enfants pour organiser des croisières via sa filiale Disney Cruise Line, faisant escale à Litte St James.
Le procureur général adjoint des États-Unis qui a annoncé la publication de cette nouvelle salve de documents rappelle qu’au terme de la loi, le DOJ est tenu de lui soumettre un rapport « indiquant les catégories de documents publiés et retenus, un résumé des caviardages effectués et une liste de tous les responsables du gouvernement et personnes politiques exposées mentionnées ». Donald Trump fut accusé d’organiser la couverture de ses crimes en refusant de publier l’ensemble du dossier. Il n’est pas certain que ceux qui appelaient à cette divulgation ne le regrettent pas.