Sondage à charge

Équipe Le Point Critique | 19 octobre 2026

Volodymyr Zelensky, ennemi numéro des Ukrainiens ?

Volodymyr Zelensky a rappelé le 12 octobre qu’il n’organiserait pas de nouvelles élections sans un cessez-le-feu inconditionnel, que la Russie exclut catégoriquement. Les derniers sondages réalisés en Ukraine démontrent pourtant que la population aspire à la fin des hostilités à des conditions beaucoup plus souples que celles exigées par le président ukrainien.

Image de la dernière rencontre entre Volodymyr Zelensky et le sénateur Linsey Graham, repostée le 17 octobre

Donald Trump a appelé le 10 octobre au remplacement de Volodymyr Zelensky, dont il considère qu’il représente aujourd’hui le principal obstacle à la paix. Le président ukrainien continue d’assujettir la tenue de nouvelles élections, suspendues par la loi martiale depuis 2024, à l’obtention d’un cessez-le-feu inconditionnel, catégoriquement refusé par la Russie. Or les derniers sondages confirment le divorce entre les aspirations de la population ukrainienne et les conditions d’une paix exigées par Volodymyr Zelensky, qualifié de « Satan » par les mères de soldats, et dont l’ancienne porte-parole l’accuse de vouloir se maintenir artificiellement en fonction afin de conserver son immunité présidentielle.

Selon les médias occidentaux, le président ukrainien bénéficierait toujours d’un plébiscite de la part de la population, dont ils affirment qu’elle soutient massivement la poursuite du conflit jusqu’à l’obtention d’une solution de paix excluant toute concession territoriale, malgré des rafles de civils de plus en plus barbares qu’ils prennent soin de ne pas commenter, ou simplement du bout des lèvres.

Deux sondages rapportés les 6 et 8 octobre par le journal Ukrainska Pravda racontent pourtant une tout autre histoire.

Trois Ukrainiens sur quatre seraient favorables à des négociations de paix

Le premier sondage[1] a été réalisé par l’Institut international de sociologie de Kiev (KIIS) entre12 et le 21 septembre 2026. Il montre que 75 % des Ukrainiens seraient favorables à l’ouverture de négociations avec la Russie dans le but de mettre un terme immédiat à la guerre, seuls 21 % étant opposés à une paix négociée, un chiffre globalement stable depuis février 2025.

Concernant le scénario de fin des hostilités, 41 % estiment qu’un gel de la ligne de front permettant de préserver l’indépendance de l’Ukraine en acceptant des concessions territoriales correspond au scénario le plus réaliste. A contrario, 53 % des sondés seraient favorables à une restitution des territoires conquis par la Russie, selon différents scénarios, allant d’un retour aux frontières de 2022 (14 %) ou de 1991 (23 %), à une restauration totale des territoires (12 %) ou une désoccupation du Donbass, jugée réaliste pour seulement… 4 % des Ukrainiens.

Une écrasante majorité (69 %) soutiendrait un cessez-le-feu immédiat sur l’actuelle ligne de front, à condition que les territoires occupés ne soient pas reconnus juridiquement comme russes, que l’armée ukrainienne continue d’être renforcée et que l’intégration vers l’UE et l’OTAN se poursuive. Seuls 22 % refuseraient une telle option.

L’étude révèle par ailleurs que :

  • 79 % des sondés croient que l’Ukraine gagnera la guerre (47 % « certainement ») ;
  • 62 % se disent prêts à endurer la guerre aussi longtemps que nécessaire. Ils seraient 27 % à être prêts à supporter la poursuite des hostilités pour environ quelques mois (23 %) ou pour un an (4 %).

Cette dernière statistique est-elle crédible ?

Seuls 21 % des Ukrainiens refuseraient toute concession territoriale

Le deuxième sondage[2], plus récent, a été réalisé par Rating Group entre le 3 et le 2 octobre 2026 sur un échantillon similaire en volume (1 000 personnes) et géographiquement. Il révèle qu’une majorité d’Ukrainiens (50 % des répondants) estime que la paix est plus importante que n’importe quelle victoire, seuls 41 % considérant au contraire que la victoire prime sur toute forme de paix.

Concernant le scénario de fin de guerre préféré :

  • 57 % des sondés se déclarent favorables à un arrêt des combats et à une paix négociée immédiate avec la Russie ;
  • 21 % soutiennent au contraire une poursuite de la guerre jusqu’à ce que le Donbass soit rendu sous contrôle ukrainien ;
  • seuls 13 % disent vouloir que la guerre se poursuive jusqu’à un retour aux frontières de 2022, ce qui est le scénario pour lequel le président ukrainien dit se battre au nom de son peuple.

Concernant les négociations de paix :

  • 57 % estiment que la recherche d’un compromis avec l’implication d’autres pays est un chemin réaliste vers la paix ;
  • 26 % soutiennent des négociations directes avec la Russie ;
  • 9 % environ estiment qu’il faut abandonner les négociations et se battre jusqu’à la libération complète des territoires.

Concernant d’éventuelles concessions territoriales :

  • 56 % sont prêts à les accepter uniquement si elles sont assorties de garanties de sécurité solides des États-Unis et de l’Europe ;
  • seuls 35 % s’y opposent, une infime minorité (3 %) se déclarant prête à accepter des concessions territoriales inconditionnelles.

L’étude révèle trois autres informations :

  • 62 % estiment qu’aucune des deux parties ne gagne actuellement ; seuls 26 % pensent que l’Ukraine domine sur le front ;
  • 68 % souhaitent qu’une éventuelle décision sur le partage territorial soit prise par référendum. Seuls 26 % estiment que le président (17 %) ou le Parlement (9 %) sont légitimes pour trancher cette question ;
  • 64 % font confiance à l’ancien commandant en chef des forces armées d’Ukraine, Valeri Zaloujny, vs 53 % à Volodymyr Zelensky et 53 % à son chef de cabinet, Kyrylo Boudanov. En revanche, en cas d’élections, les intentions de vote au premier tour seraient respectivement de 22,9 % pour le président ukrainien, 20,2 % pour Valeri Zaloujny et 6,7 % pour Boudanov.

Le problème Zelensky

Ces deux études sont globalement cohérentes avec un sondage réalisé par l’institut Gallup en mai-juin 2026 selon lequel 69 % des sondés estiment que l’Ukraine devrait chercher à négocier une fin de la guerre le plus rapidement possible, seuls 24 % estimant qu’elle devrait continuer à se battre jusqu’à la victoire, vs 73 % en 2022.

Pourtant, Volodymyr Zelensky continue d’estimer la perte du Donbass inenvisageable et de qualifier de « tromperie » les demandes russes de retrait des soldats ukrainiens, ce qui constitue l’un des points majeurs de blocage des négociations. Il l’a à nouveau confirmé mercredi au micro du journaliste Piers Morgan : la guerre continuera jusqu’à ce que la Russie soit défaite.

Le président ukrainien justifie cette position en affirmant que 85 % des Ukrainiens seraient opposés à un retrait des troupes du Donbass. On sait aujourd’hui qu’ils ne sont que 21 % à le penser, et que 56 % seraient prêts à accepter une perte de territoires à condition qu’elle soit assortie de garanties de sécurité acceptables.

L’octroi d’un nouveau prêt de 70 milliards d’euros, activement soutenu par la France, constitue sur ce principe une trahison du peuple ukrainien, dont seuls 4 % se disent actuellement prêts à supporter la guerre encore un an, 21 % jusqu’à une hypothétique reconquête du Donbass. Le fait que le président Zelensky poste le lendemain de sa demande un message de remerciement à l’endroit du sénateur Lindsey Graham, qui a érigé en doctrine la célèbre formule « Jusqu’au dernier Ukrainien » est d’un cynisme déconcertant.

Le moment bunker ?

Dans un état visiblement second, Volodymyr Zelensky a expliqué aujourd’hui, sur la chaîne NBC, que l’Ukraine aura en réalité besoin de six mois, une fois la guerre terminée, pour organiser les élections que réclame la population, mais qu’elle fera du mieux qu’elle peut pour les anticiper si elle obtient un cessez-le-feu de 60 jours, en précisant : « Mais croyez moi, cela me semble dangereux. »

Une fois la guerre terminée ? En théorie, c’est une affaire de quelques semaines puisque selon le président ukrainien, qui refuse toujours de communiquer sur les pertes essuyées par ses hommes, celles-ci seraient 7 à 10 fois plus élevées du côté russe. En pratique, les provocations du président ukrainien à l’endroit de l’administration Trump, dont il reconnaît aujourd’hui que le soutien est une condition sine qua non de la survie de l’Ukraine, signifient-elles qu’il organise aujourd’hui la défaite de son pays[3], en déplorant publiquement les conséquences d’une telle stratégie ?

À titre de comparaison, la Grande-Bretagne n’a pas eu recours à la loi martiale pendant la seconde guerre mondiale. La vie politique a été gérée par un gouvernement de coallition nationale, et non par un clan. Les élections législatives prévues en 1940 ont été reportées en raison de la guerre, mais elles ont été organisées le 5 juillet 1945, soit moins de deux mois après la capitulation de l’Allemagne, et ce sans attendre celle du Japon. La Russie vient d’organiser des élections (pour lesquelles l’Europe a décidé de la sanctionner), malgré le ciblage des bureaux de vote par l’Ukraine. Il n’est pas certain dans ce conteste que Churchill approuverait aujourd’hui d’être comparé à Volodymyr Zelensky qui espère marquer l’histoire de son pays en lui léguant un Panthéon destiné à accueillir la dépouille des ancêtres nazis de l’Ukraine, dont le sang bat toujours dans les veines de sa garde rapprochée.


Notes

[1] Source de l’enquête : https://kiis.com.ua/?lang=eng&cat=reports&id=1639&page=1.

[2] Source de l’enquête : https://www.ratinggroup.ua/news/socpol-oct2026.

[3] Selon l’historienne Marta Habryshko, il aurait ignoré à 6 reprises les demandes du président amériain d’arrêter de frapper les raffineries de pétrole en Russie

Dernièrement sur Le Point Critique

Volodymyr Zelensky, ennemi numéro des Ukrainiens ?

Image de la dernière rencontre entre Volodymyr Zelensky et le sénateur Linsey Graham, repostée le 17 octobre
Volodymyr Zelensky a rappelé le 12 octobre qu’il n’organiserait pas de nouvelles élections sans un cessez-le-feu inconditionnel, que la Russie exclut…

Comment Paris et Kiev font pression sur l’UE pour prolonger la guerre

Emmanuel Macron, Conseil européen, 16 octobre 2026
Le président ukrainien a exhorté vendredi ses alliés européens à lui accorder un nouveau prêt de 70 milliards d’euros, en alertant sur le risque…

Le secrétaire général de l’OTAN dément tout projet d’attaque immminente de la Russie contre un pays de l’Alliance

Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, Talllnn (Estonie), le 14 octobre 2026
Mercredi, lors d’un déplacement dans la capitale estonienne, le secrétaire général de l’OTAN a démenti à quatre reprises les craintes d’une…

Injections COVID Pfizer : la contamination par du SV40 cancérigène les définit comme des armes biologiques

Virus simien 40 (SV40)
Début octobre, l’agence de santé publique canadienne a confirmé que Pfizer avait refusé de retirer de ses injections anti-COVID les séquences de…

Peste sibérienne, une pandémie sous faux drapeau ?

Bacille de la peste Yersinia pestis
Une nouvelle pandémie est-elle en préparation ? Le décès d’une technicienne de laboratoire en Sibérie, début octobre, pourrait en théorie constituer…

Zelensky ponctue un hommage aux victimes de Babi Yar par le cri de guerre des auteurs qui participèrent à ce massacre

« La mémoire ne laisse pas au mal le dernier mot » (Kyrylo Budanov, en hommage aux victimes de Babi Yar).
Volodymyr Zelensky a commémoré le 29 septembre le massacre de Babi Yar, où près de 34 000 milliers de juifs furent massacrés il y a 85 ans dans…

Quand Zelensky ironisait sur le devoir militaire qu’il n’a jamais accompli

Préparation d'un discours de Volodymyr Zelensky depuis un studio de cinéma lors du Founders Forum London en 2022.
Un sondage récent sur les préoccupations des Ukrainiens place les pratiques des agents de recrutement dans le cadre de la mobilisation forcée devant…

Fauci aurait financé des recherches biomilitaires sur le virus Ebola qualifiées de « vœu de mort pour la civilisation » par le sénateur Paul

Médecins en Afrique lors d'une épidémie d'Ebola
De nouveaux documents rendus publics par le sénateur Rand Paul dans le cadre de l’enquête sur les origines du COVID révèlent que le NIAID d’Anthony…
Recevez gratuitement l’information du Point Critique, en continu sur vos écrans ! !