Collusion

Équipe Le Point Critique | 16 août 2026

Pfizer a-t-il organisé le retrait d’AstraZeneca avec la complicité d’Anthony Fauci ?

Le journal d’Anthony Fauci a été déclassifié fin juillet. Il avait révélé début août plusieurs informations choquantes concernant les origines de la pandémie, la sécurité et l’efficacité des vaccins ou encore la censure des traitements précoces, mais toutes n’avaient pas encore été divulguées. L’une d’elles porte sur un accord conclu entre Anthony Fauci et le PDG de Pfizer sur les conditions d’homologation des vaccins COVID.

Siège du laboratoire AstraZeneca
© iStock/Hapabapa

Nous pensions jusqu’à présent qu’AstraZeneca avait été sacrifié pour donner l’illusion aux citoyens que la pharmacovigilance fonctionnait. L’hypothèse d’une intervention du laboratoire Pfizer auprès d’Anthony Fauci est aujourd’hui suggérée par les notes personnelles de l’ancien directeur du NAID/NIH.

Le 24 août 2020, Anthony Fauci reçoit un appel Albert Bourla concernant le projet de vaccin développé par AstraZeneca. Le PDG de Pfizer s’inquiète que le laboratoire puisse solliciter une autorisation d’urgence avant que ses principaux concurrents aient terminé leurs essais cliniques de phase 3. Anthony Fauci propose une « marche à suivre » imposant que les données des essais soient soumises à un comité de surveillance et de suivi des données (DSMB) avant d’être transmises ou non à la FDA :

24 octobre 2020 – Nous avons discuté de la marche à suivre. [Albert Bourla (PDG de Pfizer)] a suggéré de demander à ces entreprises de signer un accord stipulant qu’elles s’efforceront toutes d’achever leurs essais de phase 3 avant que des décisions ne soient prises. J’ai suggéré de faire intervenir la communauté scientifique, qui devrait exiger de consulter les données sur lesquelles la FDA se fonderait pour prendre toute décision.

Mise en place d’une charte d’approbation taillée sur mesure pour Pfizer

Le fait de confier la supervision d’un essai à un DSMB est une pratique banale dans le cadre de l’homologation d’un vaccin. Un DSMB est un comité constitué d’experts indépendants et anonymes, externes à l’essai clinique dont ils ont en charge d’évaluer les données. Le sponsor de l’essai qui met en place le DSMB ne participe théoriquement pas à la sélection de ses membres et n’intervient pas directement dans l’analyse des données.

Concernant les vaccins COVID, c’est le NIAID/NIH qui a recruté ces experts dans le cadre de l’opération WarpSpeed, où un protocole inédit a été mis en place.Un « méga DSMB » a été créé pour assurer la supervision de l’ensemble des essais cliniques, à l’exception de ceux impliquant le vaccin Comirnaty, financé intégralement par Pfizer qui a donc constitué son propre « DSMB indépendant ».

Anthony Fauci a ainsi joué un rôle de premier plan dans l’approbation finale des vaccins, le protocole impliquant que les données lui soient transmises avant leur validation par le DSMB, et conférant à ses recommandations un pouvoir juridiquement contraignant :

Selon un projet de charte précisant les modalités de suivi de la plupart des essais cliniques avancés sur les vaccins contre la COVID-19, Fauci est le « représentant principal désigné » du gouvernement américain qui participera à l’examen préliminaire des résultats. Fauci se retrouvera ainsi aux côtés des laboratoires – notamment Moderna, Johnson & Johnson et AstraZeneca – pour décider si les vaccins sont prêts à faire l’objet d’une demande d’autorisation auprès de la Food and Drug Administration.

https://www.propublica.org/article/who-decides-when-vaccine-studies-are-done-internal-documents-show-fauci-plays-a-key-role

Ce « projet de charte » a été divulgué en octobre 2020 par Propublica, mais les coulisses de cette décision n’étaient pas connues à ce jour.

L’autre homme clé du dispositif est le Pr Richard Whitley, un pédiatre et ancien boursier du NIAID, avec lequel il collabore depuis les années 1970. Il a notamment été le chercheur principal du centre Antiviral Drug Discovery and Development Center entre 2014 et 2019, où il a dirigé un programme subventionné par le NIAID le remdésivir.

Le choix de Whitley a soulevé de vives critiques au début de la pandémie en raison de ses liens financiers avec GlaxoSmithKline (GSK), mais surtout avec le fabricant du remdévisir, le laboratoire Gilead, dont il a perçu près de 500 000 dollars en 2019 en tant que membre du conseil d’administration.

Quel rôle Whitley a-t-il joué dans le retrait d’AstraZeneca et dans le choix d’interrompre les essais cliniques sur l’hydroxychloroquine alors qu’elle constituait un candidat que Fauci jugeait lui-même prometteur et moins toxique que le remdévisir ?

Organisation du retrait d’AstraZeneca par Anthony Fauci

Le 18 mars 2021, Fauci évoque dans son journal des échanges avec le DSMB concernant des problèmes dans la méthodologie des essais conduits par AstraZeneca.

Pourtant, quatre jours plus tard, le laboratoire publie un communiqué annonçant les premiers résultats de son essai, dans lequel il revendique une efficacité vaccinale de 79 % contre le COVID-19 et de 100 % contre les formes graves de la maladie ainsi qu’une « bonne tolérance dans tous les groupes d’âge », et où il affirme que ces résultats ont été validés par le DSMB.

Cette annonce est confirmée le même jour par Fauci, lors d’un point presse organisé à la Maison-Blanche. Il insiste sur le fait que le vaccin a été testé majoritairement sur les personnes de plus de 65 ans (20 %) et les personnes à risque (60 %) – ce qui n’était pas le cas du vaccin Pfizer – et qu’aucun problème de sécurité n’a été retrouvé par le DSMB :

Nous avons de bonnes nouvelles aujourd’hui dans le domaine du vaccin, et cela a à voir avec les résultats qui ont été annoncés hier par l’essai AstraZeneca.
Fait important, et il s’agit d’une citation du DSMB, « Aucune preuve de risque disproportionné de thrombose ou d’événements caractérisés par la thrombose parmi les 21.583 participants ayant reçu au moins une dose. Une recherche approfondie de la base de données pour la thrombose veineuse n’a révélé aucun événement dans cette étude. »

https://en.wikisource.org/wiki/Press_Briefing_by_White_House_COVID-19_Response_Team_and_Public_Health_Officials,_March_22,_2021

Puis tout s’emballe dans la nuit du 22 au 23 mars après la découverte d’une corruption des données publiées par AZ. Fauci explique dans son journal qu’il n’avait pas vérifié personnellement les résultats avant son point presse, confirmant avoir été informé de cette erreur par le DMSB. Le NIAID publiera le lendemain un démenti dans lequel il demande à AZ de revoir sa copie :

22 mars 2021 – Petit scandale ! AstraZeneca a encore fait une bourde. C’est aujourd’hui qu’ils ont annoncé les résultats de leur essai clinique de phase III […]. Il s’avère que le comité de surveillance des données et de la sécurité, qui commençait à s’impatienter à leur égard et avait rencontré des difficultés avec leur dossier dès le début, leur a envoyé une lettre sévère, qui m’était également adressée, indiquant que les données figurant dans leur communiqué de presse n’étaient pas les plus récentes et qu’elles présentaient en réalité les résultats sous un jour plus favorable.

https://www.paul.senate.gov/wp-content/uploads/2026/08/2026.07.24_Tonys-Diary-Package.pdf#page=659

S’ensuivra une série d’interventions médiatiques le lendemain (ABC, STAT News, Politico) visant à corriger le tir.

Pfizer a-t-il ordonné ou négocié l’éviction d’AstraZeneca ?

AZ sera retiré trois semaines plus tard du programme de vaccination de plusieurs pays (le Danemark ouvrira le bal le 14 avril), avant d’être retiré définitivement du marché en 2024 en raison d’un nombre préoccupant de thromboses/TTS.

En janvier 2021, le laboratoire avait obtenu un accord avec les régulateurs européen et britannique un plan d’investigation pédiatrique (PIP) impliquant une série d’études pour les différentes classes d’âge entre 0 et 18 ans. Il était a priori le candidat idéal pour cette population, au sein de laquelle aucun cas de myocardite n’avait été signalé et où les risques inhérents à la technologie vaccinale étaient plus limités.

Les résultats des essais conduits par Pfizer/BioNTech chez les adolescents de 12 à 15 ans n’ont été publiés que le 31 mars 2021, soit 15 jours après le début de l’exclusion d’AZ. Ils seront homologués le 10 mai 2021 dans le cadre d’une utilisation d’urgence (EUA), sous réserve que Pfizer conduise une série de six essais cliniques visant à évaluer le risque de myopéricardites, non signalé pour AZ. Les résultats n’ont toujours pas été publiés en 2026.

Pourtant, la propre documentation de Pfizer mentionne 94 types de thrombose dans sa liste d’effets indésirables d’intérêt spécial qui en compte 1 291. Les thromboses veineuses cérébrales figurent parmi les signaux potentiels identifiés en France par l’ANSM en 2022 pour le vaccin Pfizer. Ce risque n’a pas été confirmé, mais la base américaine du VAERS mentionne 11 890 cas d’événements indésirables thromboemboliques associés au vaccin Pfizer sur un total de 17 749 cas pour l’ensemble des vaccins anti-COVID, contre moins de 400 au cours des trois décennies précédentes tous vaccins confondus selon une étude de 2024. A contrario, le Danemark a mis fin à l’utilisation d’AZ « à titre de précaution », après un cas de thrombose mortelle survenu chez une femme de 60 ans, suivi de 2 cas, dont l’un, où le lien a été confirmé.

Aucune mesure d’éviction n’a été prise à ce jour pour le vaccin Pfizer dont le VAERS américain mentionne 23 277 cas de myocardites et de péricardites et dont la base de l’OMS (VigiAccess) en recense plus de 60 000 à l’échelle mondiale.

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