Silence coupable
Les avocats d’Anthony Fauci confirment qu’il ne témoignera pas en privé devant le Congrès
Le sénateur Rand Paul (R-Ky) a indiqué ce vendredi qu’Anthony Fauci avait décliné la demande d’audition transcrite, réclamée au lendemain de l’audience sénatoriale du 29 juillet, dans le cadre de l’enquête sur les origines de la pandémie de COVID-19. L’ancien directeur du NIAID/NIH avait invoqué de manière systématique le 5e amendement de la Constitution, refusant de répondre à l’ensemble des questions posées par les sénateurs.

Le 5 août, le Comité sénatorial américain sur la Sécurité intérieure et les Affaires gouvernementales, présidé par Rand Paul, avait reconnu Fauci coupable d’outrage au Congrès, estimant qu’il ne pouvait pas invoquer son droit au silence en vertu de la grâce présidentielle dont il a bénéficié en 2025, et de sa déclaration d’ouverture, dans laquelle il a lui-même ouvert la porte aux questions qui lui ont été posées lors de l’audience, ce qui, selon la jurisprudence américaine, ne lui permettait pas de refuser d’y répondre par la suite. Sur ce principe, les sénateurs ont considéré que cette stratégie relevait d’une tentative d’obstruction à l’enquête menée depuis 2021 sur les origines de la pandémie de COVID-19, dans lesquelles Anthony Fauci est accusé d’avoir joué un rôle crucial.
Les sénateurs Paul et Johnson (R-Wis) ont annoncé depuis avoir récupéré de nouveaux éléments, dont une copie du téléphone portable utilisé par Fauci durant la pandémie. Les premières extractions ont révélé un échange accablant, qualifié de « smoking gun », démontrant qu’Anthony Fauci avait appelé à de multiples reprises les femmes enceintes à se faire vacciner malgré un risque d’avortement spontané identifié dès le premier mois suivant le déploiement des injections. L’analyse de l’appareil ne fait que commencer, mais on sait déjà que celui-ci ne comporte que 3 contacts, ce qui devrait compliquer l’enquête puisqu’il faudra identifier les destinataires des 34 000 messages retrouvés dans la mémoire du téléphone. Le Wall Street Journal a par ailleurs indiqué la semaine dernière que les sénateurs auraient reçu « des millions de pages supplémentaires liées à Fauci de la part de serveurs gouvernementaux ».
Rand Paul avait laissé entendre à la sortie de l’audience qu’il n’excluait pas de reconvoquer Anthony Fauci afin de l’interroger notamment sur ces nouveaux éléments. Une invitation à se soumettre volontairement à une audition transcrite lui a été adressée le jour même.
Les avocats d’Anthony Fauci (Schertler Onorato, Washington DC) ont décliné cette proposition dans une lettre, où ils indiquent que leur client invoquera systématiquement le 5e amendement s’il est de nouveau assigné à comparaître, raison pour laquelle ils demandent aux sénateurs de cesser de le convoquer. Ils soulignent qu’il existait une procédure judiciaire civile permettant au Sénat de demander à un juge fédéral de déterminer si le refus de témoigner d’Anthony Fauci était légitime ou non. Le sénateur Rand Paul n’a pas retenu cette procédure. Il a immédiatement transmis au département de la Justice la demande de poursuite pour outrage, ce qui, selon les avocats de Fauci, confirme qu’il s’agit bien d’un harcèlement visant à « dégrader de manière inacceptable [leur client] à des fins politiques », confortant son choix de se murer dans le silence.
À aucun moment ils n’évoquent la grâce présidentielle dont leur client a bénéficié en 2025 et le fait que, si celle-ci est valide, elle le protège à la fois d’éventuelles poursuites et des tentatives d’intimidation dont il se dit aujourd’hui victime. On comprend donc que ce bouclier est peut-être plus fragile qu’ils ne feignent de le penser, et que les conséquences relationnelles et politiques seraient ingérables si Anthony Fauci acceptait de répondre honnêtement aux questions du Congrès compte tenu de la gravité des accusations qui pèsent sur lui. La grâce préventive dont il a bénéficié ne couvrant que les crimes fédéraux, plusieurs États ont déjà annoncé qu’ils s’apprêtaient à poursuivre Anthony Fauci au niveau de leur juridiction. Si la réponse de ses avocats est sincère et s’il est donc simplement victime d’une conspiration, il ne devrait pas invoquer à nouveau son droit au silence. Mais on ne comprend pas pourquoi il a choisi cette stratégie lors de l’audience du 29 juillet puisqu’il aurait dû logiquement accepter de témoigner si l’enjeu était de laver son honneur et non d’échapper à une humiliation en mondiovision.








