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Audition d’Anthony Fauci, la stratégie désespérée du silence
Le Dr Anthony Fauci a été auditionné le 29 juillet sur sa gestion de la pandémie de COVID-19. Fidèle à sa stratégie depuis cinq ans, il n’a répondu à aucune des questions qui lui ont été posées, en invoquant le cinquième amendement de la Constitution américaine, malgré l’incompatibilité de cette stratégie avec le pardon dont il a bénéficié en 2025.

Le Dr Anthony Fauci a été auditionné le 29 juillet par le Congrès américain, dans le cadre d’une assignation à comparaître émise par le Dr Rand Paul (R-Ky), le président du Comité de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales du Sénat (HSGAC) qui enquête depuis cinq ans sur les origines de la pandémie de COVID-19. Il s’est dépeint comme la victime de « l’obsession inébranlable » de Rand Paul et a refusé de répondre à l’ensemble des questions qui lui ont été posées, contrairement à ce qu’il avait déclaré publiquement en 2022, où il s’était dit impatient de témoigner.
L’ordre du jour incluait notamment la question du financement par l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), dirigé par Fauci durant la pandémie, de recherches sur le gain de fonction (GOF) conduites à l’Institut de virologie de Wuhan par le Dr Peter Daszak (EcoHealth Alliance), le chercheur principal du projet DEFUSE soumis puis rejeté en mars 2018 au Pentagone. Le Congrès soupçonne le NIAID d’avoir financé ce projet incluant la création d’une chimère de coronavirus considérée aujourd’hui comme la matrice du SARS-CoV-2 en raison de la présence d’une séquence sans équivalent naturel[1]. Cette hypothèse, soutenue précocement par le renseignement américain ainsi que par une large partie de la communauté scientifique, est partagée aujourd’hui par le médecin coordinateur de la cellule de crise COVID-19 sous l’administration Biden.
L’assignation a été émise fin juin au lendemain de la rétractation d’Anthony Fauci, qui s’était engagé à témoigner de façon volontaire après son parjure en 2021 où il avait affirmé sous serment que le NIH n’avait jamais financé ce type de recherches. Il avait à nouveau refusé de collaborer à l’enquête du comité lors de son audition en 2024, où il avait répété à 174 reprises « Je ne me souviens pas » (I don’t recall).
Déclassification de nouveaux éléments explosifs fin juillet
Une série de nouveaux documents ont été publiés peu avant l’audience, notamment deux liasses d’échanges et de notes :
- 21 juillet : un dossier de 1 123 pages regroupant les messages échangés sur le réseau Slack par les auteurs de l’article The proximal origin of SARS-CoV-2 dans lequel ils soutiennent que le virus ne peut avoir qu’une origine naturelle. Les conversations révèlent au contraire qu’ils estiment l’hypothèse d’une fuite de laboratoire plausible. Elles démontrent également qu’ils se sont coordonnés avec le renseignement américain et qu’ils se sont organisés, lorsque la proposition DEFUSE a fuité, pour s’assurer que leurs échanges restent confidentiels ;
- 25 juillet : un document inédit de 1 141 pages (Fauci’s Diary), obtenu grâce au travail acharné du ministre de la Santé Robert F. Kennedy Jr, compilant les notes personnelles (comptes rendus de réunions, d’appels, de briefings, de discussions scientifiques, réflexions personnelles, commentaires sur ses apparitions médiatiques…) rédigées par Fauci entre décembre 2019 et décembre 2022 en prévision de la publication de ses Mémoires. Ce document matérialise l’écart vertigineux séparant les recommandations formulées par Fauci et ses déclarations publiques de ce qu’il pensait et écrivait en off.
Les éléments déclassifiés fin juillet démontrent qu’Anthony Fauci savait que :
- Le virus était le fruit des expériences de gain de fonction qu’il finançait à Wuhan ;
- Une pandémie se produirait en 2019, nécessitant un cadre juridique inédit afin d’autoriser le développement d’un vaccin en six mois ;
- Le COVID était deux fois moins mortel que la grippe saisonnière (0,2 % vs 0,1 %) et non dix fois plus comme il l’a affirmé sous serment ;
- L’hydroxychloroquine fonctionnait et n’était associée à aucun effet indésirable dans les premiers essais cliniques interrompus à sa demande ;
- Le remdevisir n’était pas efficace et potentiellement mortel, ce qui avait mis fin à son utilisation en Afrique contre l’épidémie d’Ebola ;
- Les vaccins à ARNm n’étaient ni sûrs ni efficaces, mais qu’ils n’arrêtaient pas la transmission et provoquaient davantage de thromboses que le vaccin Astra Zeneca ;
- Ils ont été conçus pour se répandre dans tout l’organisme ;
- Ils pénètrent dans le placenta, avec des risques pour le fœtus dont Fauci a été personnellement informé par le concepteur des vaccins.
Cette liste s’ajoute aux précédentes déclarations de Fauci lors de son audition sous serment, en janvier 2024, où celui qui se définissait dans les médias comme « La Science » a reconnu que la recommandation de distanciation sociale (la règle des 6 pieds) et l’imposition du masque aux enfants, à l’origine de dommages colossaux sur l’apprentissage et le développement de la parole, étaient totalement arbitraires. Concernant les confinements, les fermetures d’établissements (écoles, entreprises) et les restrictions de déplacement, il avait affirmé à l’époque qu’il ne les avait pas recommandés, ce que contredisent les notes déclassifiées fin juillet.
Invocation du 5e amendement à 111 reprises devant le Sénat
Sur la forme, cette stratégie de défense n’est pas une surprise puisqu’elle est strictement conforme à la ligne suivie par l’ex-directeur des NIH depuis le début de l’enquête sénatoriale.
Sur le fond en revanche, Fauci ne pouvait pas invoquer le 5e amendement (qui permet à un témoin ne pas s’autoincriminer dans une affaire pénale), dans la mesure où il a bénéficié en 2025 d’une grâce présidentielle préventive couvrant « toute infraction à l’encontre des États-Unis qu’il aurait pu commettre ou à laquelle il aurait pu participe » depuis le 1er janvier 2014, l’année où a été accordée la toute première subvention pour les recherches menées à Wuhan, ce qui confirme indirectement sa responsabilité dans la fabrication de la pandémie.
Bien que le sénateur Josh Hawley (R-Mo), avocat et ancien procureur général de l’État du Missouri, ait rappelé à Fauci que sa stratégie de défense constituait un outrage envers le Sénat, il a répété à 111 reprises : « Sur le conseil de mon avocat, je refuse respectueusement de répondre en me basant sur mes droits au titre du Cinquième Amendement de la Constitution. »
En choisissant de se murer dans le silence pour ne pas se parjurer, y compris lorsqu’il lui a été demandé de se tourner et de regarder « les gens qui ont été absolument humiliés pour avoir dit ce que l’on sait maintenant être la vérité » (sénateur Bernie Moreno) ou de dire simplement qu’elle était la couleur de sa cravate (sénateur Josh Hawley), il a donc tacitement confirmé que sa gestion de la pandémie et le financement des recherches qu’il a autorisées en amont étaient criminels.
Suites attendues de l’audience
Au lendemain de l’audience, le sénateur Rand Paul a déclaré que la commission se réunirait le 5 août pour déterminer si la stratégie adoptée par Anthony Fauci est constitutive ou non d’un outrage au Congrès. L’avocat Aaron Siri mentionne quatre erreurs commises par Fauci qui devraient logiquement permettre de l’incriminer pour outrage, voire également pour parjure :
- le discrédit jeté par Fauci lui-même sur ses précédents témoignages, où il a mis spontanément en avant, dans sa déclaration d’ouverture, son « record de coopération » avec le Congrès (plus de 200 témoignages). Or selon la règle de l’« opening the door » (ouvrir la porte), il ne pouvait pas invoquer le 5e amendement pour bloquer les questions relatives à ces sujets. Le fait qu’il le fasse suggère qu’il a menti en affirmant avoir coopéré lors des précédentes audiences ;
- l’usage inapproprié du 5e amendement qui ne peut être utilisé « que lorsqu’une réponse à une question présenterait un danger réel et appréciable », ce qui n’est pas le cas des questions posées dans ce but par Josh Hawley, qui a donc délibérément piégé Fauci ;
- l’annonce en début d’audience qu’il invoquerait par principe le 5e amendement, alors que ce droit est théoriquement spécifique à la question posée ;
- le fait d’ignorer la grâce présidentielle qu’il a reçue « comme si elle n’existait pas, y compris pour des questions qui tomberaient clairement dans les paramètres de cette grâce incroyablement large », qui la fragilise de facto.
Les chances de pouvoir incriminer Anthony Fauci au niveau fédéral pour ses crimes en lien avec la pandémie sont aujourd’hui ténues. En théorie, sa grâce préventive de dernière minute pourrait être contestée, car elle a été signée avec un stylo automatique (autopen). À la décharge de Joe Biden, il s’agit d’une pratique courante, mais la validité du pardon dont a bénéficié Anthony Fauci suppose qu’il ait été expressément autorisé par le président, dont on sait aujourd’hui qu’il était sénile lorsque le document a été signé. Le New York Times a par ailleurs révélé en juillet 2025 qu’il n’existe aucune preuve que Joe Biden a effectivement validé cette décision, ce qui, selon le Comité, pourrait l’invalider, mais au prix d’une bataille juridique incertaine selon l’analyse de Donald Trump.
La grâce ne couvre en revanche que les crimes fédéraux, ce qui autorise les États à poursuivre Anthony Fauci pour des crimes relevant de leur législation où il ne pourra alors pas se prémunir de ce pardon. Dès le lendemain de l’audience, le procureur général de Floride, James Utheimer, a annoncé qu’il émettrait des citations à comparaître « probablement dès la semaine prochaine » dans le but de faire inculper Anthony Fauci et de déterminer « ce qu’il savait, quand il l’a su et comment il a trompé le peuple américain ».
On apprend aujourd’hui que l’Alabama et la Louisiane ont officiellement lancé à leur tour des enquêtes, mais selon l’épidémiologiste Nicolas Hulscher, quatre autres États pourraient également poursuivre l’ancien directeur du NAID pour des accusations de meurtre, terrorisme, racket, fraude ou abus.
Il s’agit donc d’un tournant majeur qui a d’ores et déjà une conséquence concrète : l’autoconfinement d’Anthony Fauci dans l’hypothétique espoir de se protéger de la honte et de la colère des millions d’Américains qu’il a tyrannisés pendant trois ans et dont il s’est appliqué à détruire la vie et la santé en laissant prospérer une pandémie qu’il a lui-même provoquée.
Le sénateur Rand Paul garde toutefois espoir que le voile soit partiellement levé sur ce qui s’est réellement passé durant cette période. Il a annoncé le 30 juillet que l’assistante de Fauci serait prochainement assignée à comparaître comme témoin pour commenter un e-mail cité lors de l’audience, dans lequel elle confirme avoir « supprimé des tonnes d’e-mails » de celui que d’aucuns nomment aujourd’hui le Dr Mengele américain.
Note
[1] La séquence en question correspond au site de clivage furine retrouvé dans le SARS-CoV-2, mais dans aucun autre virus de la même famille. Son insertion est à l’origine de la contégiosité du SARS-CoV-2dont elle accroît le potentiel pathogénique, rendant le virus plus apte à se diffuser, à contaminer et à se répandre dans l’organisme jusqu’au système nerveux central. C’est cette séquence insolite, brevetée par le PDG de Moderna en 2016, que contenait la chimère publiée en 2018 par Peter Daszak, Ralph Baric et la chercheuse principale de l’institut de virologie de Wuhan.
