Le poisson pourrit par la tête
Volodymyr Zelensky poursuit son projet de réinhumation d’anciens nazis
Le cabinet des ministres d’Ukraine a approuvé discrètement le 15 juillet, jour de la remise de l’Ordre européen à Ursula von der Leyen, la réinhumation de l’ancien collaborateur nazi Yevhen Konovalets. Bien que l’information ait été rendue publique quelques jours plus tard, la présidente de la Commission n’a à notre connaissance ni commenté cette décision qui viole une récente résolution européenne ni émis de réserves sur sa compatibilité avec une adhésion de l’Ukraine à l’UE, qui aurait dû l’inciter au contraire à retourner l’insigne à Kiev.

L’Ukraine procédera bien à la réinhumation de Yevhen Konovalets, le fondateur de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), qui créera par la suite la tristement célèbre Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) dont le nom est associé au massacre d’environ 100 0000 Polonais en Volhynie et en Galicie orientale et de dizaines de milliers de Juifs, de Tchèques, de Hongrois, de Roumains ou encore d’Ukrainiens.
Le président ukrainien l’avait annoncé le 19 mai dernier, lorsqu’a débuté la procédure de réinhumation d’Andriy Melnyk, le successeur de Konovalets à la tête de l’OUN, qui a enflammé la relation entre Kiev et Varsovie : « Konovalets était un “héros ukrainien” qui “a travaillé pour garantir que l’Ukraine serait ce qu’elle est, que l’Ukraine serait elle-même, que l’Ukraine serait libre” ». L’historien Ivan Katchanovski a rappelé à cette occasion, en le citant, qui était Konovalets et pourquoi il est profondément troublant que le président ukrainien, dont la judéité est supposée être la preuve qu’il n’y a pas de nazis en Ukraine :
Les Juifs sont des « ennemis de notre renaissance » « indiscutablement, sinon plus grands, du moins comparables » aux Polonais et aux Russes.
Konovalets dirigea jusqu’en l938 l’Organisation militaire ukrainienne (UVO), une organisation paramilitaire et clandestine, qui collabora à partir de 1923 avec les services de renseignement et de contre-espionnage de l’armée allemande (Abwehr) et participa à la création de l’OUN.
Le ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie a commenté en ces termes le 17 juillet la décision ukrainienne de panthéoniser Konovalets :
Tout le monde sait qui était Evgen Konovalets. Il était le chef de l’Organisation des nationalistes ukrainiens, qu’il a lui-même fondée en 1929 et qui fonctionnait sous le contrôle du renseignement militaire allemand.
Il était un admirateur franc d’Hitler et un mentor idéologique pour Andrey Melnik, Stepan Bandera et de nombreux autres complices nazis, dont les mains étaient tachées de sang de centaines de milliers de femmes, d’enfants et de personnes âgées de diverses nationalités qui ont été brutalement assassinées et torturées pendant la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, Konovalets est une idole idéologique pour le régime nazi de Kiev nourri par l’Occident, un régime dont la cruauté et l’inhumanité dans les crimes qu’elle commet ont longtemps dépassé ceux qui se sont tenus aux origines de l’OUN-UPA et ont fidèlement servi leurs maîtres allemands du Troisième Reich. Vladimir Zelensky les appelle fièrement héros et combattants de la liberté, fermant cyniquement les yeux sur les atrocités commises par ces bourreaux.
Indépendamment des circonstances, il continue à mettre en scène des danses sur leurs tombes, confirmant une fois de plus l’essence haïssante de sa propre junte sanglante.
https://mid.ru/en/foreign_policy/international_safety/2127473
L’Inalco, que l’on peut difficilement accuser d’être un relais de la propagande du Kremlin présente l’UVO comme un « mouvement para-fasciste », dont les héritiers collaborèrent activement avec l’Allemagne nazie non pas uniquement par opportunisme mais en vue de victoire. Si l’UVO a cessé d’exister dans les années 1930, elle a donné son nom à des formations ukrainiennes contemporaines, dont la « Compagnie UVO nommée d’après Yevhen Konovalets », créée en 2022 par des volontaires et aujourd’hui intégrée à l’Armée ukrainienne, dont le commandant Yevhen Chepelianskyi a récemment comparé les soldats ukrainiens d’aujourd’hui comme les héritiers de la 14e division SS « Galicie ».
Nous nous doutions que le projet de réinhumation de Konovalets n’avait été remis en cause ni par l’émotion suscitée par la précédente réinhumation, le 25 mai, d’un des successeurs de Konovalets à la tête de l’OUN, ni par le retrait de l’ordre de l’Aigle blanc, ordonné par le président polonais à la suite du décret présidentiel ukrainien accordant le titre de héros à l’UPA, mais nous ignorions que sa confirmation avait été actée le 15 juillet. C’est en effet le jour où Volodymyr Zelensky a remis la première médaille de l’Ordre européen à Ursula von der Leyen pour son soutien personnel à l’adhésion de l’Ukraine à l’UE remise publiquement en question quelques jours plus tôt par une eurodéputée polonaise en raison de ce contexte.
Le président Zelensky avait communiqué le 18 juillet sur les efforts sans précédent réalisés par l’Ukraine, en oubliant de préciser qu’il avait décidé de ne rien changer à son projet de panthéonisation d’anciens collaborateurs du IIIe Reich, au risque d’aggraver la crise diplomatique avec la Pologne, et de forcer l’adhésion de l’Ukraine à l’UE en y faisant pénétrer le ver du nazisme.
Ces manœuvres hautement inquiétantes interviennent alors que le président Zelensky est suspecté d’avoir commandité l’attentat de Monaco, perpétré fin juin contre l’oligarque ukrainien Vladym Yermolayev juste avant le dernier sommet de l’OTAN, en amont d’une conférence de presse où Yermolayev projetait d’exposer le système de corruption mis en place par la direction de l’État ukrainien.
Chacun peut facilement comprendre que si le président Zelensky qui refuse toujours d’organiser de nouvelles élections et qui se maintient donc artificiellement en fonction grâce à la loi martiale devait obtenir l’aval de l’UE pour que son pays en devienne un membre à part entière, les conséquences d’une telle décision seraient incalculables.
