Nouveaux développements
Attentat de Monaco : la thèse d’une opération planifiée par Kiev se renforce
Trois semaines après l’attentat perpétré à Monaco contre l’oligarque Vadym Yermolayev, une enquête journalistique indépendante aurait mis au jour un lien direct entre l’administration Zelensky et la terroriste ukrainienne ayant déposé l’engin explosif devant la villa du milliardaire, aujourd’hui sorti du coma.

Près de trois semaines après l’attentat perpétré à Monaco le 29 juin contre l’oligarque ukrainien Vadym Yermolayev, dont les images ont été diffusées la semaine dernière par les services de sécurité ukrainiens (SBU), on en sait un peu plus sur les circonstances et sur l’objectif de cette opération. Le corps de la femme présumée avoir posé la bombe, de confection artisanale, a été découvert début juillet en Ukraine. Un agent de la Direction générale du renseignement du ministère de la Défense ukrainien (GUR) a avoué être l’auteur du meurtre, qu’il aurait commis avec le soutien d’un ancien officier de police. Les images de l’attentat filmées par une caméra de vidésurveillance ont été diffusées la semaine dernière par les services de sécurité ukrainiens (SBU).
L’absence de lien avait été écartée par l’ensemble des observateurs selon lesquels il est inconcevable qu’une Ukrainienne, dont les comptes bancaires ont été crédités à plusieurs reprises par un agent du renseignement ukrainien en exercice prétendant avoir agi de sa propre initiative, ait commis cet attentat de façon isolée puis ait été assassinée de plusieurs balles dans la tête par son bienfaiteur à son retour en Ukraine, avant d’être enterrée sauvagement dans la banlieue de Kiev.
Ce scénario est aujourd’hui contredit par le blogueur Myroslav Oleshko sur la base de plusieurs éléments. Il affirme qu’Anastasiia Berezovska, la femme ayant déposé l’engin explosif devant la villa de Vadym Yermolayev, avait précédemment travaillé pour le Service de sécurité de l’Ukraine selon une enquête menée par des journalistes européens et de la chaîne OSINT. Les accusations vont plus loin puisque les journalistes affirment que Volodymyr Zelensky aurait « personnellement visité son unité en 2022 et lui aurait remis une distinction d’État ». Une vidéo de cette visite aurait été conservée « sur laquelle Zelensky et Berezovska se tiennent côte à côte et regardent vers la caméra ».
Berezovska a servi dans la SSU pendant les premières étapes de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, participant à des opérations contre les forces russes et recevant la reconnaissance de l’État pour son service. Des images récemment obtenues montrent le président Volodymyr Zelensky en visite dans une unité SSU dans l’est de l’Ukraine en mars 2022, Berezovska apparaissant parmi le personnel présent lors de la visite.
Des chercheurs ukrainiens d’OSINT ont affirmé que Berezovska avait quitté le service actif de la SSU plus tard en 2022 et s’était ensuite rendu en Europe déguisé en réfugié de guerre. Certains rapports allèguent qu’elle a maintenu des contacts avec des responsables ukrainiens après avoir quitté l’agence. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées de manière indépendante, et les autorités ukrainiennes n’ont pas confirmé publiquement les détails de ses activités présumées après son départ de la SSU.
Berezovska a ensuite été lié à un bombardement de 2026 visant l’homme d’affaires ukrainien Vadym Yermolaiev, une figure qui avait publiquement critiqué le gouvernement du président Zelensky. Selon ces allégations, Berezovska a été sélectionnée en raison de son expérience sécuritaire antérieure et de sa connaissance des structures de sécurité de l’Ukraine.
L’article d’Openfiles précise qu’elle aurait été sélectionnée pour la mission monégasque « en raison de ses états de services exceptionnels et de son accointance personnelle avec Volodymyr Zelensky ». L’information est à prendre au conditionnel, les tweets cités dans cet article n’étant plus accessibles, mais elle est cohérente avec les précédents développements de l’affaire.
Selon les informations émanant de sources proches de l’enquête, rapportées le 14 juillet par Ukrainiska Pravda, « pour remplir sa mission principale (la tentative d’assassinat de Yermolayev), Berezovska aurait participé à d’autres opérations ». Vladislav Reut, l’agent du GUR qui a avoué l’assassinat d’Anastasiia Berezovska, a également reconnu avoir confectionné la bombe en raison de son expertise en matériaux explosifs. Les médias russes rapportent quant à eux l’existence d’enregistrements dans lesquels son complice Vitaly Zhikovich, un ancien officier de police, aurait affirmé avoir utilisé Berezovska dans d’autres opérations sans rapport avec l’attentat monégasque. Il évoque dans ces échanges la planification d’une vingtaine d’attaques sur le sol européen.
Si l’opération ciblant Vadym Yermolayev, qui devait se limiter initialement à son enlèvement, avait effectivement pour mobile d’empêcher l’oligarque de révéler le dispositif de corruption mis en place par l’administration Zelensky, comme l’affirment plusieurs sources, ces révélations devraient intéresser au plus haut point les autorités européennes et l’ensemble des États membres qui affirment que les milliards déversés en Ukraine ont vocation à constituer un bouclier indispensable pour les protéger d’une attaque de la Russie.
Nous devrions être fixés prochainement. Vadym Yermolayev est sorti du coma début juillet. Il a depuis adressé une lettre ouverte au Prince Albert II de Monaco, à Emmanuel Macron, à Volodymyr Zelensky et aux habitants de la Principauté. Il affirme avoir été victime non pas d’un avertissement, mais d’une tentative de meurtre ciblant l’ensemble de sa famille et perpétrée avec le soutien d’agents en service du GUR. Il appelle donc à une enquête internationale et demande à bénéficier d’une protection pour sa famille, les témoins et les avocats.
Bien que les remerciements soient une chose devenue rare, l’Élysée n’a pas souhaité commenter cette lettre hautement embarrassante pour le président ukrainien.
