Business de la mort

Équipe Le Point Critique | 15 juillet 2026

Ukraine, la menace d’une mobilisation forcée se précise pour les femmes

Bruxelles s’apprête à annoncer un nouveau règlement imposant aux réfugiés ukrainiens de produire un certificat d’exemption de leurs obligations militaires pour obtenir ou conserver le statut de citoyen réfugié. Ce nouveau cadre devrait s’appliquer, quels que soient l’âge et le sexe des demandeurs, ce qui fait planer une menace de conscription forcée pour les femmes et de suppression des critères d’exemption pour tous les Ukrainiens.

Soldate ukrainienne

L’Union européenne n’a pas encore rendu sa décision concernant l’avenir du régime de protection temporaire dont bénéficie inconditionnellement, depuis 2022, l’ensemble des Ukrainiens ayant fui la guerre. Celle-ci est annoncée pour le mois de juillet, mais la presse polonaise révèle en avant-première le 13 juillet les nouvelles conditions que devront remplir les Ukrainiens souhaitant accéder demain à l’UE pour y trouver refuge.

L’obtention d’une protection temporaire, qui dispense les migrants ukrainiens de déposer une demande d’asile pour pouvoir vivre et travailler légalement en UE, ne sera désormais disponible que pour les citoyens disposant d’un certificat, délivré par les autorités de leur pays, spécifiant qu’ils ne sont pas soumis à la mobilisation.

Les modalités précises de ce nouveau règlement étant en cours de discussion, on ne sait pas encore comment il s’appliquera en pratique, mais on comprend qu’il imposera à tous les nouveaux demandeurs, quel que soit leur âge, de réclamer et d’obtenir ce sésame s’ils souhaitent émigrer vers l’UE. En ce sens, quand bien même ils rempliraient les conditions d’exemption, notamment d’âge, les ressortissants ukrainiens envisageant un départ du pays devront en faire explicitement la demande, ce qui les placera dans une situation de dépendance vis-à-vis de l’administration ukrainienne, dont on peut redouter qu’elle en profite pour contourner les règles de mobilisation en refusant de délivrer un certificat à un citoyen remplissant les conditions pour bénéficier d’une exemption. Est-ce le but recherché pour augmenter de manière sauvage les effectifs de civils adressés sur le front ?

Il existait plusieurs manières de « forcer » le retour des Ukrainiens : exclure automatiquement, à l’entrée dans l’UE, tout citoyen en âge d’être mobilisé, sans prise en compte de sa situation particulière, comme le proposaient notamment l’Allemagne, la Pologne et la Suède, ou refuser l’entrée à ceux ayant fui leurs obligations légales, lors du contrôle aux frontières.

Si l’on croit les indiscrétions de la presse polonaise, la solution retenue est a priori plus humaine qu’une exclusion automatique basée sur les conditions d’âge pour les Ukrainiens soumis à une obligation de service militaire (25-60 ans), mais elle est aussi et surtout la plus angoissante pour l’ensemble des citoyens, puisqu’elle fait voler en pratique la garantie de ne pas être envoyé au front pour ceux qui seraient trop jeunes ou trop âgés pour l’être légalement, ou pour ceux dont l’administration tarderait à délivrer un certificat le confirmant, voire s’y refuserait.

Le fait que l’UE retienne cette option alors qu’elle commence à peine à évaluer la conformité de l’Ukraine avec l’état de droit et le respect des libertés fondamentales est d’autant plus malsain qu’elle a été informée des abus liés à la mobilisation forcée par au moins trois instances : le médiateur ukrainien, Dmytro Lubinets, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (OHCHR). Tous dénoncent des restrictions illégales du droit à l’objection de conscience, des violences lors de la capture des conscrits ou encore la non-prise en compte des conditions d’exemption (handicap physique ou mental, par exemple).

Michael O’Flaherty, qui met aujourd’hui en garde[1] contre « tout retrait prématuré de la protection et de l’assistance accordées aux millions d’Ukrainiens déplacés à travers l’Europe », précise notamment sans son Mémorandum sur les éléments de droits de l’homme pour la paix en Ukraine :

47 – L’Ukraine a proclamé la loi martiale et annoncé une mobilisation générale le 24 février 2022. Ces mesures se sont accompagnées de restrictions importantes en matière de droits humains. L’Ukraine a officiellement dérogé à la Convention européenne des droits de l’homme, cette dérogation concernant le droit au respect de la vie privée et familiale (article 8), la liberté d’expression (article 10), la liberté de réunion et d’association (article 11), la protection de la propriété (article 1 du Protocole no 1), le droit à l’instruction (article 2 du Protocole no 1), le droit à des élections libres (article 3 du Protocole no 1) et la liberté de circulation (article 2 du Protocole no 4).

49 – Le Commissaire note la déclaration faite récemment par le Commissaire parlementaire aux droits de l’homme, Dmytro Lubinets, selon laquelle les violations des droits humains par les responsables ukrainiens du recrutement militaire sont devenues « systématiques et généralisées ». Il est précisé, dans cette déclaration, que ces violations incluent des violences physiques, comme des passages à tabac, des arrestations brutales, le refus d’accès à un•e avocat•e, la détention au secret, la mobilisation de personnes en situation de handicap et d’autres actes inacceptables.

Ces alertes remontent à mars 2025 (le bureau du médiateur ukrainien annonçait à l’époque avoir reçu plus de 6 127 plaintes concernant des exactions lors de la mobilisation forcée), mais les images de rafles de plus en plus barbares et aveugles démontrent que ces abus n’ont pas disparu, mais qu’ils se sont au contraire multipliés. Une partie d’entre elles a été compilée et mise en ligne sur une plateforme dédiée qui recense également les décès survenus lors de ces enlèvements : https://busification.org/. Les dernières en date montrent que l’État ukrainien n’hésite pas à capturer des hommes qui ne remplissent à l’évidence pas les critères pour être mobilisés.

Il est par ailleurs ironique que l’UE s’apprête à exclure administrativement des citoyens dont le pays d’origine aspire à faire partie de l’UE, et donc à garantir la libre circulation de ses ressortissants à l’intérieur de ses frontières. Théoriquement, les hommes soumis à la mobilisation pourront bénéficier d’un visa touristique ; ils ne seront récusés que s’ils demandent une protection temporaire. Mais la question de leur expulsion se pose, en particulier pour les Ukrainiens implantés dans un pays de l’UE, qui seront contraints de produire un certificat lors de la demande de renouvellement de leur protection.

On sait déjà l’accueil qu’ils recevront lorsqu’ils poseront un pied sur le sol ukrainien, mais surtout, on connaît la destination qui leur sera réservée : le front, et la promesse d’une mort certaine. Qui peut croire un instant que ceux qui bénéficient d’une exemption légale seront épargnés ? On sait en effet aujourd’hui que les recrues récalcitrantes sont envoyées prioritairement sur les zones les plus dangereuses : Michael. O’ Flaherty, qui a appelé dans deux rapports, le 8 juin et le 26 juin derniers, à ne pas dénonce un « recrutement militaire sélectif » utilisé pour « dissuader la population de s’exprimer librement » (§ 53 de son Mémorandum de juillet 2025), The Economist évoque une punition sadique.

Mais le point le plus choquant est peut-être ailleurs. Selon Rzeczpospolita, ces nouvelles règles vaudront également pour les femmes, dont le consentement explicite est aujourd’hui requis dans le cadre de la mobilisation. Elles devront produire demain, et donc obtenir elles aussi un certificat d’exemption pour prétendre au statut de citoyen protégé, ce qui signifie que l’Ukraine prévoit bel et bien leur enrôlement dans les effectifs militaires, et donc leur mobilisation forcée. Cela signifie également que les États membres approuvent une telle mesure.

Ces nouvelles règles s’appliqueront potentiellement aux 4,3 millions d’Ukrainiens actuellement protégés, que Bruxelles remettra donc gracieusement aux autorités de Kiev, dont Rzeczpospolita précise qu’elles « ont précédemment voulu forcer les pays de l’UE à expulser les citoyens qui ont fui la mobilisation en payant des pots-de-vin – en commissions militaires ou aux frontières ».

Selon le ministère ukrainien de la Défense, seuls 50 à 70 % des postes d’assaut seraient actuellement pourvus en raison de l’ampleur des pertes et des désertions. Il semble que le problème s’apprête à être prochainement résolu, du moins pas avant 2027, qui est la date à laquelle le nouveau règlement est susceptible d’entrer en vigueur.

Combien l’Ukraine s’apprête-t-elle à envoyer de femmes, et donc de futures mères sur le front, quitte à sacrifier définitivement sa population dont un sondage récent a montré que 66 % souhaite que Volodymyr Zelensky accepte enfin de négocier avec la Russie ?

Ceux qui n’ont pas encore compris que pour les imposteurs qui pilotent aujourd’hui l’Occident, la seule valeur de l’homme est d’être un produit de consommation jetable, devraient se réveiller avant qu’il aient atteint l’objectif qu’ils se sont fixés : jusqu’au dernier Ukrainien, qui appellera inévitablement : jusqu’au dernier Européen.


Note

[1] Voir son allocution du 6 juin dernier, complétée par son rapport du 26 juin.

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