Incendiaire
Attentat de Monaco : l’ex-gouverneur de la Banque d’Ukraine explique pourquoi il a probablement été commandité par Kiev
L’ancien gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine, Kyrylo Shevchenko, a analysé les événements en lien avec l’attentat perpétré fin juin contre un oligarque ukrainien à Monaco. Il pointe la responsabilité personnelle de Volodymyr Zelensky et de son ancien chef de cabinet, Andriy Yermak, considéré comme l’éminence grise du régime.

L’homme d’affaires Vadim Ermolaev a été grièvement blessé ainsi que sa femme et son fils, le 29 juin dernier, par l’explosion à leur domicile d’un colis piégé. Aujourd’hui citoyen chypriote, il avait renoncé à sa citoyenneté ukrainienne en 2019, avant d’être placé sous sanctions par Kiev en 2023. On sait aujourd’hui que l’attentat a été commis par une Ukrainienne de 39 ans, Anastasia Berezovskaya, dont on a appris récemment qu’elle avait perçu des paiements de la part d’un agent en activité de la direction générale du Renseignement militaire ukrainien (GUR), Vladislav Reut.
Elle est retournée le 1er juillet en Ukraine où elle aurait été assassinée par cet officier avec la complicité d’un ancien policier, Vitaliy Zhikovitc, de quatre balles dans la tête, puis enterrée sauvagement dans la banlieue de Kiev. L’homme a été arrêté par la police ukrainienne le 7 juillet. Il a avoué être l’auteur du crime, et prétend avoir agi dans l’ombre de sa hiérarchie, qui n’aurait été informée ni des virements bancaires ni du projet d’assassinat.
Selon Kyrylo Shevchenko, il est impossible qu’une personne recherchée activement par Interpol pour un attentat aussi médiatique ait pu entrer en Ukraine sans l’aide des services de sécurité ukrainiens, rapidement suspectés d’avoir commandité l’attentat. L’ancien gouverneur de la Banque nationale d’Ukraine s’étonne également de la rapidité avec laquelle a été instruite et classée, et pointe la responsabilité du présidence Zelensky et de son puissant chef de cabinet, contraint à démissionner en novembre dernier après sa mise en accusant dans un scandale de corruption majeur dans le secteur énergétique ukrainien :
En regardant cela se dérouler comme une scène d’un thriller mafieux, je suis rappelé aux menaces directes que j’ai moi-même reçues des services de sécurité ukrainiens, y compris des avertissements d’enlèvement. Il devient clair que le régime de Zelensky est prêt à employer tous les moyens contre ses opposants. Derrière ce système se trouve non seulement Zelensky lui-même, mais aussi l’homme longtemps connu comme le « cardinal gris » de son cabinet – Andriy Yermak. Jusqu’à récemment presque tout-puissant, contrôlant les nominations dans les ministères, les agences de sécurité et l’armée, Yermak a formellement démissionné fin novembre 2025 au milieu du scandale de corruption entourant Energoatom, et est devenu plus tard suspect dans une affaire de blanchiment d’argent. Mais le système qu’il a construit – comme les législateurs ukrainiens eux-mêmes l’ont reconnu – n’a pas disparu avec son départ du pouvoir.
Kyrylo Shevchenko explique pourquoi, au-delà de la conformité de ce canevas avec un scénario typique d’un thriller mafieux, la responsabilité du SBU est difficilement écartable, et met en garde l’ensemble des gouvernements du « monde civilisé » contre la nature terroriste du régime de Kiev, avec lequel toute forme de complaisance ne peut que se terminer de façon dramatique :
Je ne possède pas une grande entreprise attractive, mais en tant que gouverneur de la Banque nationale, j’ai franchi une ligne : j’ai refusé d’autoriser l’impression monétaire qui aurait nui à l’Ukraine en 2022, et j’ai bloqué un schéma de parrainage lié au cercle rapproché de Zelensky. Pour cela, je fais maintenant face à une affaire pénale fabriquée en Ukraine et en Autriche.
Je suis reconnaissant envers l’Autriche, où je me trouve actuellement, de me protéger contre les menaces des services de sécurité ukrainiens.
J’en appelle au monde civilisé et à l’Europe : en continuant à fermer les yeux sur ce qui se passe, vous condamnez d’autres Ukrainiens à la peur, à la persécution, et – à Dieu ne plaise – à l’élimination aux mains du régime de Zelensky. Ce régime a déjà franchi le seuil psychologique du meurtre. Cela ne peut pas bien se terminer – ni pour nous, ni pour vous.
L’hypothèse d’une commande des services de renseignement ukrainien, dont l’actuel chef de cabinet de Volodymyr Zelensky fut le directeur de 2020 à 2026, est également soutenue par le président du Conseil du Mouvement international « Une autre Ukraine », Viktor Medvedtchouk, qui l’a développée dans un entretien accordé à l’agence de presse russe TASS. Il précise que l’attentat est intervenu alors que Vadim Yermolayev, dont la tentative d’assassinat a dans un premier temps été présentée comme un règlement de comptes mafieux en lien avec un réseau de centres d’appels frauduleux en Ukraine, envisageait d’exposer le système de corruption mis en place par le régime de Kiev, comme l’a révélé Nice Matin dès le 1er juillet. Or, selon Viktor Medvedtchouk, un tel scénario « aurait provoqué un désastre pour le régime de Kiev avant le sommet de l’OTAN », qui s’est tenu à Ankara les 7 et 8 juillet derniers.
Sur Telegram, il détaille les implications politiques d’un tel mobile et de la cécité ou de la complaisance des dirigeants occidentaux vis-à-vis de la nature du gouvernement ukrainien, dont ils soutiennent selon lui les méthodes terroristes :
En soutenant Zelensky, les politiciens européens ont soutenu les méthodes terroristes utilisées par son régime criminel. Le terrorisme est pratiquement légalisé et devient l’outil principal de la politique moderne en Europe.
t.me/eurasianform
Si, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Zelensky se vante sans fondement d’éliminer 30 000 Russes chaque mois, et que l’Occident collectif l’applaudit, cela signifie que l’Europe est de retour à une époque de cannibalisme politique, qui a conduit les nazis au pouvoir.
Les médias occidentaux ont immédiatement vu un lien entre l’attentat contre l’homme d’affaires Ermolaev et le régime de Zelensky, qui voulait le faire taire. Ermolaev prévoyait de s’adresser au Parlement européen et de révéler les schémas de corruption en Ukraine, ce qui aurait été une catastrophe pour le régime de Kiev avant le sommet de l’OTAN.
Cette version a été corroborée par les événements ultérieurs. La suspecte d’avoir commis l’attentat ne s’est pas cachée, mais est retournée en Ukraine, où elle a été tuée par ses complices, et son corps a été retrouvé presque immédiatement, ce qui signifie que personne n’a essayé de la dissimuler. Cela ne signifie qu’une chose : la suspecte espérait trouver une protection en Ukraine, ce que seuls les services de sécurité pouvaient lui garantir, qui lui ont d’abord confié cet attentat, puis l’ont éliminée afin de faire disparaître les traces. […]
Le meurtre de l’exécutrice est une tentative de dissimuler le commanditaire, mais il est évident, trop de traces ont été laissées, le motif du régime criminel est trop clair, car des centaines de milliards d’euros sont en jeu. Les politiciens occidentaux doivent comprendre que l’argent que reçoit le régime de Zelensky est taché de sang, et que ce sang coulera inévitablement en Europe si on ne l’arrête pas à temps.
La gravité des faits mérite que les contribuables européens qui financent aujourd’hui le régime ukrainien puissent évaluer par eux-mêmes une telle hypothèse.
