Le pas de trop ?

Équipe Le Point Critique | 11 juillet 2026

Une eurodéputée polonaise exige l’arrêt des négociations sur l’adhésion de l’Ukraine après son inscription sur la liste noire du régime

Kiev a fait inscrire le 8 juillet sur la liste Myrovorets une eurodéputée polonaise ayant dénoncé publiquement le problème nazi ukrainien. Ewa Zajączkowska-Hernik exige en retour la fin des négociations concernant l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, dont les traités ne permettent pas d’accueillir un État terroriste.

Ewa Zajączkowska-Hernik, tribune du Parlement européen, 7 juillet 2026

Le Parlement européen a voté une résolution le 8 juillet condamnant l’attribution, par le président Zelensky, du titre de « héros de l’UPA » à un corps d’élite de l’armée ukrainienne, que les députés jugent incompatible avec les valeurs européennes. Au lendemain de son intervention au Parlement européen, où elle a dénoncé le massacre par l’UPA de dizaines de milliers de Polonais durant l’Holocauste, l’eurodéputée polonaise Ewa Zajączkowska-Hernik a annoncé sur son compte X avoir été ajoutée à la kill list Myrotvorets, une base de données maintenue par services de sécurité ukrainiens qui cible des personnes accusées d’être des ennemis de l’Ukraine.

J’ai appris tout juste que, après mon intervention au Parlement européen où j’ai condamné les génocidaires de l’UPA, j’ai été inscrite sur le site Myrotvorets – la liste des « ennemis de l’Ukraine » tenue par les services ukrainiens.
C’est très intéressant que le site ukrainien tienne une liste de patriotes polonais à éliminer. Si l’on y figure pour dénoncer les meurtres bestiaux de Polonais innocents par les unités ukrainiennes de l’UPA, on voit bien ce qui les guide et quelles « valeurs » ils y défendent. Ils se font eux-mêmes leur propre témoignage. […]
Et un tel État, l’Union européenne veut l’accueillir le plus vite possible dans ses structures ? C’est une blague ! Pour l’Ukraine, qui porte sur ses bannières l’idéologie criminelle du bandérisme et une corruption débridée, il ne devrait jamais y avoir de place dans la Communauté.

La représentante des Patriotes polonais est accusée de cinq chefs, dont celui d’« abus public du drapeau de bataille des unités des Forces armées d’Ukraine » pour avoir « déchiré de manière démonstrative le drapeau de l’OUN-UPA lors du débat sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE », ce qui la définirait comme « une menace pour la sécurité nationale de l’Ukraine, la paix, la sécurité de l’humanité et l’ordre juridique international » :

  • Propagande anti-ukrainienne.
  • Participation à des actes d’agression humanitaire contre l’Ukraine.
  • Abus public du drapeau de bataille des unités des Forces armées d’Ukraine.
  • Manipulation d’informations socialement significatives afin d’inciter à la haine des Polonais aux Ukrainiens, la discorde interethnique et interconfessionnelle.
  • Diffusion de récits de propagande russe.

Sa prise de parole, le 7 juillet dernier, a probablement joué un rôle décisif dans l’adoption de la résolution remettant en cause la compatibilité des valeurs ukrainiennes avec celles de l’UE. Bien que cette décision soit essentiellement symbolique, elle n’en demeure pas moins humiliante pour le président ukrainien, dont elle rappelle que les soldats qu’il a érigés au rang de « héros » ont assassiné des dizaines de milliers de civils polonais et de juifs durant l’Holocauste. Ewa Zajączkowska-Hernik est allée beaucoup plus loin, puisqu’elle a exposé à la tribune du Parlement la barbarie et la filiation nazie de l’UPA, en mentionnant les 362 méthodes de torture documentées utilisées par les « héros » ukrainiens, dont nous avons publié la liste en français fin juin :

Plus de 360 façons d’assassiner des civils. Scier des gens vivants, éventrer des femmes enceintes, empaler des enfants sur des fourches. C’est ainsi que l’UPA a massacré des Polonais, des Juifs, des Tchèques, des Arméniens et des Ukrainiens eux-mêmes. Et aujourd’hui, Zelensky donne à une unité militaire le nom de héros de l’UPA, construit un panthéon national et annonce que l’Ukraine choisira elle-même ses héros.
Dommage qu’elle les choisisse parmi les nazis.
Si les Allemands avaient donné à une unité le nom de héros de la SS et érigé des monuments à Hitler, Himmler, Goebbels ou Eichmann, les auriez-vous invités à rejoindre l’Union européenne ? Non. Vous les auriez qualifiés de néonazis, et à juste titre.
Il n’y a aucune différence morale entre vénérer la SS et vénérer l’UPA. C’est le même culte de la force, la même haine ethnique.
Le rapport sur l’Ukraine passe cela sous silence.
C’est un silence qui assassine une seconde fois la mémoire des victimes du génocide de Volhynie et des Terres orientales.
La marche de l’Ukraine vers l’Europe avec des génocidaires à sa tête est une honte.
En tant que Polonais, nous ne devrions jamais accepter l’entrée de l’Ukraine dans l’Europe.
À bas le nazisme de Bandera.

Ces images et ces mots ont fait le tour du monde.

La fiche mentionne également un tatouage présent sur le bras gauche de l’eurodéputée, qu’elle décrit avec précision, probablement à destination des ultranationalistes ukrainiens qui souhaiteraient procéder à son élimination.

Ewa Zajączkowska-Hernik a pris la parole aujourd’hui au Parlement européen pour exiger un arrêt immédiat de l’adhésion accélérée de l’Ukraine à l’UE. Elle dénonce une nouvelle attaque de l’Ukraine contre un diplomate de l’UE, dont plusieurs sont également inscrits sur la liste Myrotvorets, et invoque l’article 2 du Parlement européen qui dispose que les députés « ne peuvent être liés par des instructions ni recevoir de mandat impératif ». Elle accuse ainsi en substance l’Ukraine d’être un État terroriste qui n’a pas sa place dans l’UE :

En m’appuyant sur l’article 2 du Parlement européen relatif à l’indépendance du mandat des députés européens, qui vient d’être bafoué, je demande l’arrêt immédiat du processus d’adhésion accélérée de l’Ukraine à l’Union européenne.
Les services ukrainiens tiennent une liste de « pacificateurs » sur laquelle figurent les noms de personnes désignées pour être harcelées, intimidées et élimination. Aujourd’hui, c’est moi qui ai été inscrite sur cette liste.
Auparavant, mes collègues du groupe « Patriotes pour l’Europe » y avaient déjà été inscrits. Il s’agit d’un attentat contre les diplomates de l’Union européenne, dont la vie et la sécurité peuvent être menacées.
C’est du gangstérisme et de la vilenie.
J’attends une réaction de la présidente du Parlement européen afin de protéger les diplomates de cette institution, car notre vie et notre sécurité sont actuellement menacées.
Je vous remercie.

Rappelons que depuis le début de l’année, le renseignement ukrainien a fait inscrire sur la liste Myrovorets le directeur de Yad Vashem, le Centre mondial du souvenir de l’Holocauste, pour avoir exprimé son malaise face à la réinhumation d’un collaborateur nazi, et plusieurs enseignants de l’école normale de Starobelsk, en Russie, où 21 jeunes filles avaient été assassinées dans une attaque de drones, officiellement par inadvertance. La liste comprend par ailleurs les noms de Jena-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Ségolène Royal ou encore le sénateur UDI Yves Pozzo di Borgo.

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