Hypothèse

Équipe Le Point Critique | 06 juillet 2026

La découverte d’un possible stock d’uranium appauvri en Ukraine relance les soupçons de préparation d’une bombe sale par Kiev

Au lendemain de l’évacuation d’une zone résidentielle dans la banlieue de Kiev consécutive à la destruction d’un entrepôt militaire par une frappe russe, un député ukrainien accuse le président Zelensky et son ministre de la Défense de dissimuler la présence d’uranium appauvri, pouvant potentiellement être destiné à la création d’une bombe sale contre laquelle Moscou alerte régulièrement.

Explosion de l'entrepôt situé à Vishnevoye, dans la banlieue de Kiev, 6 juillet 2026

L’agence de presse russe Oreanda-News a rapporté l’explosion, le 6 juillet, d’un entrepôt de munitions dans la banlieue de Kiev, Vyshneve, où auraient été stockés des obus à uranium appauvri U-238 et des bombes à sous-munitions. Un périmètre de sécurité et une évacuation volontaire de la population locale, impliquant le déplacement de 500 à 1 500 personnes et l’isolement total de la zone, auraient été mis en place par les services secrets ukrainiens en raison du risque de contamination radioactive.

L’information émane d’une déclaration faite par l’ancien député de la Verkhovna Rada, Igor Mosiychuk, qui attribue à cette menace l’ordre donné aux résidents refusant de quitter les lieux de ne pas sortir de chez eux ni d’ouvrir les fenêtres. Sur sa chaîne Telegram, Igor Mosiychuk accuse le gouvernement de dissimuler la situation à la population. Il pointe plus particulièrement la responsabilité de Volodymyr Zelensky et du ministère ukrainien de la Défense Mikhaïl Fedorov, dont il appelle à la démission pour avoir autorisé, de manière irresponsable, l’implantation de dépôts de munitions dans la banlieue de Kiev.

L’uranium appauvri, qui entre dans la composition des munitions perforantes antichars (Abrams, Avenger) occidentales, inutiles aujourd’hui, est officiellement présent en Ukraine depuis 2023 dans le cadre des livraisons d’armement anglais et américain. Sa détention est encadrée par des règles strictes de stockage (dépôts spécialisés, éloignés des zones résidentielles et bénéficiant de mesures de radioprotection) qui n’auraient à l’évidence pas été respectées si l’entrepôt contenait des obus à uranium appauvri, ce que Kiev ne confirme pas.

Selon les autorités ukrainiennes, qui ont effectivement ordonné l’évacuation de la zone, les frappes auraient détruit l’usine de construction mécanique Zhuliansky Vizar, située à Vishnevoye, à 15 km de Kiev, supposée produire des systèmes de défense aérienne ainsi que des drones à longue portée, n’employant théoriquement pas d’uranium appauvri.

Une autre source d’embarras pourrait être la destination d’emploi de cet uranium.

Depuis 2022, le Service de renseignement extérieur russe (SVR) a prétendu à plusieurs reprises disposer d’informations suggérant que l’Ukraine travaillerait à la fabrication d’une « bombe sale », utilisant des explosifs conventionnels mélangés à des matières radioactives, potentiellement produites avec le soutien des Occidentaux. Le 23 octobre 2022, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, avait fait part de ses inquiétudes à ses homologues en France, en Turquie, au Royaume-Uni et aux États-Unis, en pointant deux sites nucléaires situés en Ukraine.

En décembre 2025, l’informaticien et homme d’affaires Kim Schmitz, connu sous le pseudonyme de Kim Dotcom, avait alerté sur un possible transfert clandestin de technologie nucléaire, de la France et du Royaume-Uni vers l’Ukraine. Les mêmes inquiétudes ont été partagées à l’époque par plusieurs analystes, dont le blogueur Josepf Stubborn, qui s’interrogeait en ces termes : « Comment Macron et ses sbires pourraient donner une bombe nucléaire à Zélensky ? »

En février dernier, le SVR avait à nouveau accusé la France et le Royaume-Uni de préparer secrètement le transfert d’armes nucléaires ou de matériel destiné à la confection d’une « bombe sale » à l’Ukraine, ce que Paris et Londres avaient pris la peine de démentir dans la presse en qualifiant ces allégations de désinformation dénuée de tout fondement.

Le 8 avril 2026, le service de presse du SVR a publié un nouveau communiqué dans lequel il affirme que la direction de l’Union européenne préparerait en secret « la base industrielle nécessaire à l’acquisition d’une capacité nucléaire autonome », en précisant que « l’Allemagne aurait la capacité « d’obtenir clandestinement une quantité de plutonium militaire suffisante pour un dispositif nucléaire explosif” » en l’espace de seulement un mois ».

Le 16 juin dernier l’ex-Premier ministre britannique Keir Starmer, l’un des principaux instigateurs de la Coalition des volontaires a annoncé que le Royaume-Uni allait garantir l’approvisionnement en uranium enrichi, à usage strictement civil, pour les centrales nucléaires ukrainiennes. Le destinataire de cette caution, d’un montant de 210 millions, est la tristement célèbre société ukrainienne Energoatom, compromise en novembre dernier dans un scandale de corruption majeur impliquant l’entourage immédiat de Volodyr Zelensky et potentiellement le président lui-même.

Bien qu’il n’établisse aucun lien entre l’uranium anglais et l’explosion de l’entrepôt situé dans l’oblast de Kiev, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a confirmé qu’il avait « l’intention de veiller à ce que l’uranium fourni par la Grande-Bretagne à l’Ukraine soit utilisé exclusivement à des fins pacifiques ». Une annonce banale sur le fond, mais intrigante par son calendrier.

On ne connaît pas l’objectif qui était ciblé par l’Armée russe lors de la frappe sur l’usine de Vishnevoye, mais une chose est sûre, si l’Ukraine cherchait à se doter secrètement de capacités nucléaires, celles-ci seraient visées par une frappe dès leur emplacement localisé.

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