Boucherie planifiée

Équipe Le Point Critique | 03 juillet 2026

Après le Danemark, l’Allemagne se prépare à organiser le renvoi vers le front des réfugiés ukrainiens en âge de combattre

Quelques jours après l’annonce du Premier ministre hongrois, Péter Magyar, que son pays ne restituerait pas à Kiev les hommes en âge ayant fui l’horreur de la mobilisation forcée, l’ambassadeur d’Ukraine en Allemagne a confirmé que Berlin se préparait à organiser le renvoi vers le front des réfugiés ukrainiens en âge de combattre.

Nouvelles recrues du 425e Régiment d’assaut « Roche », 2025, Donass

Les images d’enlèvements de plus en plus violentes de civils ukrainiens, dans le cadre de la mobilisation forcée n’ont pas dû parvenir jusqu’aux chancelleries occidentales. Pas plus que les alertes des députés de la Rada et du médiateur d’Ukraine, qui dénoncent la corruption et l’impunité totale des agents de recrutement ainsi que les violations systématiques des droits fondamentaux des recrues, envoyées au front malgré une pathologie invalidante, un handicap physique ou mental, ou après avoir été administrativement exemptées de leurs obligations militaires.

Le Danemark a officiellement fermé le 25 juin porte d’entrée du pays aux hommes ukrainiens âgés de 23 à 60 ans ne bénéficiant pas d’une dispense de service qui bénéficieront ainsi d’un aller simple pour le front, plus communément appelé le « hachoir à viande », après une formation de fortune dans un centre de recrutement où des décès et des suicides sont régulièrement rapportés :

Le Danemark soutient sans réserve l’Ukraine dans sa lutte pour la liberté. C’est pourquoi nous modifions la loi spéciale sur l’Ukraine, car elle ne devrait pas être utilisée pour éviter la mobilisation dans les Forces de défense ukrainiennes. Cela sape l’effort de guerre de l’Ukraine et affaiblit sa capacité à se défendre contre l’agression russe.

https://news.liga.net/en/war/news/denmark-will-restrict-entry-for-ukrainian-men-of-draft-age

C’est désormais au tour de l’Allemagne de confirmer, par la voix de l’ambassadeur d’Ukraine à Berlin, que des discussions sont en cours pour trouver un moyen non seulement de limiter le flux de nouveaux entrants, mais de forcer le retour des réfugiés en âge de combattre, déjà présents sur son sol. Officiellement, il s’agit uniquement de les convaincre de partir ou les dissuader de rester, mais l’ambassadeur ukrainien, Alexey Makeev, a refusé d’expliquer, lors d’une interview accordée au média Ukrinform, comment ce retour pourrait être organisé.

On ne sait donc pas encore jusqu’où l’Allemagne est prête à aller pour aider Kiev, avec qui elle a récemment signé un partenariat stratégique incluant des dispositions relatives à l’intégration et à la coordination du retour des Ukrainiens. Mais on suppose que les méthodes pratiquées par le régime de Kiev pour capturer les citoyens récalcitrants – qui incluent l’enlèvement et le tabassage (la fameuse « busification ») et le gel des comptes bancaires, également pratiqués par l’Allemagne à l’encontre des journalistes dont les opinions dérangent Berlin – sont considérées par les autorités allemandes comme conformes aux valeurs de l’UE :

– Ambassadeur d’Ukraine : Tout d’abord, nous sommes reconnaissants envers les Allemands d’avoir contribué à développer l’idée de créer des centres pour les Ukrainiens, les « Unity Hub ». Le premier a déjà ouvert ses portes dans le centre de Berlin et s’anime progressivement. […]
Le travail de coordination du retour des Ukrainiens comporte deux volets. Le premier est le « Unity Hub », qui inclut l’action menée par notre État auprès de la communauté ukrainienne, dans le cadre de laquelle nous expliquons les possibilités qui s’offrent à elle.
Le second consiste à déterminer comment nous pouvons faciliter ce retour en collaboration avec les Allemands. C’est pourquoi un groupe de travail a été créé entre les autorités ukrainiennes et allemandes, au sein duquel s’effectue un échange d’informations. […]
Il est dans notre intérêt et dans celui de l’Allemagne de faire en sorte que l’on puisse compter sur des Ukrainiens qualifiés lors de la reconstruction de l’Ukraine. C’est notre intérêt commun.

– Ukrinform : Le président Zelensky a également déclaré que la question du retour en Ukraine depuis l’Allemagne des hommes en âge d’être mobilisés, dont beaucoup sont partis illégalement, devait être traitée par les services compétents des deux pays. De quels mécanismes juridiques ou administratifs s’agit-il exactement ?
– Ambassadeur d’Ukraine : Je ne dévoilerai pas ces mécanismes pour l’instant. Ils font justement l’objet de discussions dans le cadre des travaux de ce groupe de travail.

https://www.ukrinform.ua/rubric-world/4140058-oleksij-makeev-posol-ukraini-v-frn.html

La violence qui se déchaîne aujourd’hui en Ukraine à l’encontre des civils s’explique selon de nombreuses sources par les pertes vertigineuses essuyées sur le front par l’Armée ukrainienne. Plusieurs piratages des bases de données de l’État ont révélé un nombre de disparus, incluant les blessés, les tués ou les déserteurs, qui atteindraient en 2026 le chiffre stratosphérique de 2,4 millions d’Ukrainiens.

Les conditions mises en place au sein de l’UE sur proposition de Bruxelles pour organiser le rabattage des Ukrainiens en âge de combattre ont été jugées discriminatoires par Michael O’Flaherty, commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe, qui se dit préoccupé par « la pression croissante pour mettre fin prématurément aux arrangements de protection temporaire », dont bénéficiaient jusqu’à présent les jeunes Ukrainiens.

Seule la Hongrie a pour l’instant démontré une forme d’humanité, d’autant plus remarquable qu’elle s’oppose par ailleurs à l’afflux massif d’immigrés sur son sol. Début juillet, le Premier ministre hongrois, Péter Magyar, a déclaré ce mardi devant le Parlement que son gouvernement ne renverrait pas les hommes ukrainiens en âge d’être mobilisés vers leur pays natal, où l’on sait qu’ils seront capturés dès qu’ils auront posé un pied sur le sol. Six ou sept pays seraient alignés sur sa position, mais Péter Magyar n’a pas précisé lesquels.

Pour rappel, voici les dernières images de « busification » postées sur les réseaux sociaux entre le 27 juin et le 3 juillet, soit 6 vidéos en 7 jours :

Dernièrement sur Le Point Critique

Aucun article actuellement disponible dans cette catégorie
Recevez gratuitement l’information du Point Critique, en continu sur vos écrans ! !