La boucle est bouclée
La BRAV-M défilera sur les Champs-Élysées pour un 14 juillet inédit dédié à la guerre en Ukraine
À la demande de la Préfecture de police de Paris, les hommes en noir de la BRAV-M défileront le 14 juillet prochain sur les Champs-Élysées aux côtés de l’Ukraine. Le dépôt d’une proposition de loi par Volodymyr Zelensky, la veille, visant à créer un Panthéon national à la gloire d’anciens nazis ne semble donc n’être un repoussoir pour aucune administration, institution ou parlementaire français.

Nous avons appris il y a quelques jours que Volodymyr Zelensky serait l’invité d’honneur du prochain 14 Juillet, organisé cette année sur le thème du « réveil stratégique de l’Europe ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sera également présente dans la tribune présidentielle aux côtés du commandant suprême des forces alliées en Europe, le général américain Alexus Gregory Grynkewich, et de nombreux dirigeants de la Coalition des volontaires. L’objectif est d’afficher une solidarité totale avec Kiev et de démontrer la puissance du soutien militaire de l’Europe et de l’OTAN, dont les États membres ont officiellement renoncé depuis le dernier G7, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, à faire semblant d’être simplement les bailleurs de fonds de l’Ukraine.
Nous apprenons aujourd’hui que les hommes de la BRAV-M, par l’odeur du sang alléchés, seront également de la fête. Les soldats de l’armée ukrainienne paraderont donc sur les Champs-Élysées, aux côtés de douze hommes en noir, intégralement masqués, représentant la funeste Brigade de répression de l’action violente motorisée (BRAV-M) créée en mars 2019, dont L’Humanité rappelle que plusieurs de ses hommes ont été condamnés par la justice à des peines de prison avec sursis. Le quotidien ne l’évoque pas, mais son nom est également associé à la répression sanglante des Gilets jaunes, qui s’est soldée par des centaines de blessures mutilantes (pieds et mains arrachées, yeux crevés), occasionnées par des tirs non réglementaires de lanceurs de balles de défense (LBD) et de grenades ordonnés pour « casser » le mouvement. Un long thread, accessible ici, rappelle le niveau de violence qui fut atteint durant ces manifestions. Le bilan officiel, certes non imputable intégralement à la BRAV-M, est de plus de 2 500 manifestants blessés, dont plus de 300 à la tête et de 23 Français éborgnés.
La photo sera donc parfaite, tout comme le calendrier de cette annonce, puisque cette décision intervient moins de 24 heures après le dépôt d’un projet de loi présidentiel visant à créer un Panthéon national à Kiev, qui accueillera les héros ayant contribué à la proclamation de l’État ukrainien, dont l’historienne ukrainienne Marta Havryshko rappelle qu’il « était censé aider Hitler à bâtir son Nouvel Ordre et contribuer à la Solution finale de la question juive ».
La croisade mémorielle dans laquelle le président ukrainien a choisi de se lancer l’exposerait, s’il était de nationalité française, à des poursuites pénales pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Heureusement (pour lui), Volodymyr Zelensky ne sera que l’invité d’honneur de ce défilé dont les événements récents n’ont pas remis en question le programme.
Que l’Ukraine choisisse de bâtir un Panthéon à la gloire d’anciens nazis devrait sur ce principe glacer le sang de tout Français dont la fête nationale est aujourd’hui capturée pour démontrer au monde entier que la France soutient, au moins tacitement un tel projet, sans qu’aucun parlementaire ne dénonce ce scandale. Le fait que personne à la Préfecture de police de Paris ne soit heurté par ce mélange des genres doit-il nous surprendre ou au contraire confirmer que nous assistons à un tragique retour de l’histoire ?
Sous le régime de Vichy, elle joua en effet un rôle central dans la collaboration policière avec les nazis, la persécution de la communauté juive et la traque des opposants politiques. C’est elle qui géra l’organisation de la rafle du Vel d’Hiv et la séquestration des familles avant leur déportation vers Auschwitz. C’est également elle qui supervisa et participa des camps de concentration de Drancy ou de Pithiviers, dont la garde était assurée par des forces françaises.
La boucle est-elle sur le point d’être bouclée ?
