Boîte de Pandorre
Menaces de guerre ukrainiennes à l’encontre de la Pologne et de la Hongrie
Sur Facebook, un sergent ukrainien a proféré le 24 juin des menaces de guerre à l’encontre de la Pologne et la Hongrie si leurs citoyens expriment publiquement des critiques à l’encontre de l’Ukraine. Cette déclaration fait suite à la décision de Volodymyr Zelensky de rebaptiser un corps d’élite de l’Armée ukrainienne « Héros de l’UPA » en hommage à l’armée indépendantiste responsable du génocide polonais, perpétré sous la houlette du IIIe Reich.

Les provocations de Volodymyr Zelensky à l’encontre de la Pologne ont ravivé l’agressivité des éléments ultranationalistes de l’armée ukrainienne. Fin juin, le sergent Yuriy Syrotyuk du bataillon de dronistes de la 5e Brigade d’assaut indépendante des Forces armées ukrainiennes a posté sur son compte Facebook un message dans lequel il met en garde les Polonais et les Hongrois qui exprimeraient leur désaccord avec la décision de Volodymyr Zelensky d’honorer des figures historiques de l’indépendance ukrainienne ayant collaboré avec le IIIe Reich et massacré des centaines de milliers de Polonais.
Les représailles évoquées incluent des attaques de drones sur les villes polonaises, une infiltration militaire de la diaspora ukrainienne en Pologne ainsi que des menaces explicites de déclaration de guerre et d’attentats, ce qui confirme ce que nous soutenons depuis le départ : le « débat » ouvert récemment par Kiev ne porte pas sur le passé de l’Ukraine mais sur son présent. En ce sens, il ne s’agit pas d’une querelle d’historiens ou d’une question mémorielle privée, mais d’un problème politique impliquant l’ensemble des partenaires de l’Ukraine.
La Hongrie est également citée dans le message. Cette allusion fait référence aux menaces de mort proférées en début d’année par un militaire ukrainien à l’encontre de l’ancien président Viktor Orbán, accusé d’être un proche du Kremlin, et donc un ennemi de l’Ukraine :
Après la guerre, je ne conseillerais pas à nos partenaires de formuler des revendications envers l’Ukraine. Les gars reviendront de la guerre avec la psyché brisée.
https://www.facebook.com/yuriy.syrotyuk/?locale=fr_FR
Si un Hongrois dit quelque chose d’inapproprié, ce n’est pas l’ambassadeur qui viendra le voir, mais un soldat ukrainien, et ça finira mal.
Est-ce que nos alliés veulent vraiment voir nos soldats à la place de nos travailleurs migrants ?
Est-ce que les Polonais sont prêts maintenant à une guerre avec les Ukrainiens ?
Est-ce que les Polonais sont prêts à ce que des drones ukrainiens volent au-dessus de leurs villes ?
Est-ce que les Polonais sont prêts à la mort de leurs propres citoyens ?
Nous ne céderons pas. Je ne leur conseillerais pas de franchir la ligne rouge.
Dans un précédent message, publié fin mai, Syrotyuk tenait déjà en substance le même discours, en revendiquant le droit absolu de l’Ukraine à vénérer ses « héros », au premier rang desquels :
- Andriy Melnyk, collaborateur nazi et ancien dirigeant de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), qui créa l’UPA à l’origine des massacres de Volhynie et de Galicie orientale ;
- Yevhen Konovalets, cofondateur et premier dirigeant de l’OUN ;
- Simon Petlioura, ex-commandant en chef des troupes nationalistes ukrainiennes et organisateur de pogroms ayant conduit à la mort de dizaines de milliers de juifs ;
- Roman Shukhevych, ancien membre du bataillon nazi Nachtigall (première unité étrangère de la Wehrmacht), ancien dirigeant de l’UPA dont il assurait le commandement lors des massacres de Volhynie et de Galicie, et auteur de pogroms antijuifs.
Il explique dans ce message que son grand-père fut membre de l’UPA, dont il ne renie aucun de faits d’armes :
Pendant des années, j’ai observé les étranges danses au son des tambourins de nos « polonophiles », qui tentaient d’expliquer avec douceur que nous avons le droit à notre propre vision de l’histoire, le droit à notre propre point de vue.
Que les héros de notre nation ne doivent pas nécessairement être ceux de la leur.
En réalité, cela n’a rien donné et ne donnera rien.
Ce n’est pas un sujet de négociation ni de compromis.
Nous ne devons permettre à personne de s’immiscer de manière agressive dans notre espace culturel et historique.
Nous ne laisserons personne offenser nos morts.
Nous ne les trahirons jamais.
Si vous avez des griefs contre les Ukrainiens, adressez-les à nous, les vivants.
C’est pour cela que nous avons survécu en tant que nation, en tant que descendants des Rusychs, de Bohdan Khmelnitsky, des Haïdamaks, des soldats de la République des Pouvoirs populaires de Galicie et de Volhynie (ZUNR) et des insurgés de l’UPA.
Nous partageons avec eux un même drapeau, un même blason, un même code.
Nous avons tenu bon uniquement parce qu’ils ont pris les armes dans les moments les plus difficiles.
[…]
Par conséquent, cette intrusion effrontée dans notre espace historique doit être considérée comme équivalente à une intrusion à travers une frontière nationale, que ce soit par voie terrestre, maritime ou aérienne.
Et la réaction doit être à la hauteur.
Les Polonais ont décidé de nous faire la guerre. D’accord. C’est leur décision, même si elle est erronée.
Après tout, ils nous ont toujours agressés.
S’ils ont ne serait-ce qu’une once de noblesse, qu’ils attendent que nous en ayons fini avec les Moscovites.
Et nous serons à leur service.
En attendant, que tout le monde se souvienne : Bandera est notre héros (tout comme Melnyk, Konovalets, Petliura, Shukhevych et des milliers d’autres combattants pour leur terre et sur leur terre) ; la Fête de la Protection est notre fête.
Et nous n’avons pas l’intention de négocier cela avec qui que ce soit, pour quelque raison que ce soit.
Et puis, je serai toujours fier d’être originaire de Volhynie. Que mon grand-père ait fait partie de l’UPA. Que je participe à la guerre contre un ennemi de toujours, et non que je me batte héroïquement contre des morts…
Aujourd’hui sergent au front dans la 5e Brigade, il fut député du parti ultranationaliste Svoboda, dont un article du blog Azov Lobby rappelle que les hommes de son bataillon, créé en 2014 (bataillon Sich ou Svoboda) ont rendu hommage à la division Waffen-SS « Galicie » en 2025.
Bienvenue en Ukraine, où les nazis seraient un mythe, comme l’explique la « politologue » Oxana Melnychuk, chroniqueuse pour BFM et France Info, anciennement pour LCI où elle a été censurée pour ses nombreux dérapages russophobes et ses critiques insultantes enver les Français, dont elle a dénoncé à plusieurs reprises la lâcheté et l’inaction à l’égard de l’Ukraine.
