Cadeau d'adieu

Équipe Le Point Critique | 15 juin 2026

La directrice du renseignement américain publie de nouvelles preuves de l’existence de 40 biolabs américains en Ukraine

La directrice du renseignement national (DNI), Tulsi Gabbard, a déclassifié le 12 juin de nouveaux documents dans le cadre de l’enquête sur les laboratoires biologiques secrets implantés à l’étranger par les États-Unis qu’elle conduit depuis sa nomination, en 2024. Ils confirment que le gouvernement américain a financé plus de 120 laboratoires biologiques dans plus de 30 pays, y compris l’Ukraine, sous les administrations Obama et Biden.

Tulsi Gabbard, 12 juin 2026

Cette publication intervient trois semaines après l’annonce de sa démission pour raisons familiales. Celle-ci ne sera toutefois effective que le 30 juin, et l’on peut supposer que Tulsi Gabbard a voulu s’assurer que ces documents soient rendus accessibles au public. :

La DNI souligne également dans son message que membres de l’administration de Biden, dont le Dr Fauci, ont sciemment menti aux Américains en niant l’existence de ces laboratoires et ont menacé ceux qui voulaient révéler leur existence.

Ce que contiennent les documents déclassifiés

Bien que Tutsi Gabbard présente ces documents comme des preuves inédites, leur contenu est aujourd’hui en grande partie connu. Le 11 mai dernier, elle avait déjà confirmé le nombre de laboratoires financés dans le monde par les États-Unis (plus de 120, 336 selon la Chine), en particulier en Ukraine qui en détiendrait 40 comme l’avait révélé un document officiel du département de la Défense des États-Unis (DoD), daté du 11 mars 2022.

La nouvelle livraison contient une série de diapositives, centrées sur les préoccupations émanant des biolabs ukrainiens.

La première diapositive concerne l’Institut de médecine vétérinaire expérimentale et clinique (IECVM) de Kharkiv qui abriterait des agents pathogènes dangereux, dont l’anthrax, et qui présenterait d’importantes failles de sécurité :

L’Institut de médecine vétérinaire expérimentale et clinique (IECVM) de Kharkiv abrite probablement au moins certains agents pathogènes dangereux et reste presque certainement vulnérable aux opérations d’information menées de longue date par la Russie, ainsi qu’à une éventuelle saisie ou dégradation. […]
L’IECVM a concentré ses recherches sur les diagnostics et les vaccins. […]
Au début des années 2010, l’IECV détenait des centaines d’agents pathogènes et faisait partie des plus de quarante laboratoires détenus et gérés par l’Ukraine qui ont bénéficié d’une aide dans le cadre du Programme de réduction des menaces biologiques du DOD, selon des informations accessibles au public et […] des rapports.
Bien que l’établissement ait modernisé certaines zones avec des équipements et des infrastructures modernes, l’IECM présentait encore, pas plus tard qu’en 2019, au moins certaines lacunes en matière de biosécurité et de biosûreté – notamment dans les salles où sont manipulées les bactéries Brucella contagieuses – selon […] des rapports.
Selon des informations datant de 2012, le bâtiment de virologie de l’IECVM disposerait au moins d’un sous-sol.

La seconde diapositive détaille l’emplacement des 40 laboratoires ukrainiens et la liste des pathogènes détenus, dont certains classifiés comme « particulièrement dangereux » (Especially Dangerous Pathogen – EDP) :

  • anthrax
  • tularémie
  • tuberculose
  • peste porcine
  • maladie de Newcastle
  • MERS
  • SARS
  • Marburg
  • Ebola
  • Lassa
  • peste
  • rickettsiose

La troisième diapositive précise le montant des investissements réalisés par les États-Unis dans 4 biolabs, le nom des sous-traitants, la date de début des contrats et le niveau de dangerosité des pathogènes habilités.

La dernière recense l’ensemble des liens entre l’industrie américaine de défense contre les armes biologiques et les laboratoires ukrainiens. La liste des organisations et institutions américaines et internationales citées inclut en particulier : l’OMS et l’OMSA (son pendant pour la santé animale), les CDC, la FAO, le ministère ukrainien de la Santé, l’Institut ukrainien de recherche sur la lutte contre la peste, le sous-traitant Black & Veatch, qui est l’auteur de ce document (BTRP TO 04 Ukraine Phase IIb – Country Science Plan – CDRL A017, Rev. 06 / June 2019), et Metabiota, la société fondée par le fils du président Joe Biden, Hunter Biden, dont l’activité consistait à « fournir des analyses exploitables afin d’aider les organisations à gérer les risques liés aux maladies infectieuses », et à proposer des services au gouvernement américain en matière de biosurveillance et de préparation aux pandémies.

La plateforme GovTrive, qui agrège les données publiques sur les contrats fédéraux, régionaux et locaux, pour les entreprises qui souhaitent remporter des contrats gouvernementaux aux États-Unis confirme les liens étroits de sous-traitance entre Metabiota et Black & Veatch, déjà révélés le 6 mars 2022 par le chef des troupes de défense contre les risques NRBC au sein des forces armées russes, le lieutenant-général Igor Kirillov. Il a été assassiné le 17 décembre 2024. Cet attentat a été revendiqué par le Service de sécurité d’Ukraine (SBU), qui l’a qualifié d’« opération spéciale ».

L’Ukraine dénonce de fausses informations

L’Ukraine continue activement de nier, comme elle le fait depuis le début, avoir jamais participé au développement, à la production ou au stockage d’armes biologiques. Dans un communiqué publié le 13 juin, elle a qualifié ces accusations de « nouvelle vague de manipulation concernant des programmes de coopération spécifiques dans le domaine de la biosécurité et de la santé publique en Ukraine » :

La coopération entre l’Ukraine et les États-Unis dans le domaine de la biosécurité vise depuis de nombreuses années exclusivement à renforcer les capacités du système de santé publique, la surveillance épidémiologique, le diagnostic de laboratoire, la biosécurité et la biosécurité.

https://mfa.gov.ua/news/komentar-mzs-shchodo-chergovih-manipulyacij-dovkola-temi-biologichnih-laboratorij-v-ukrayini

Les documents publiés par Tulsi Gabbard relancent donc trois questions :

  1. qui a commandité l’assassinat d’Igor Kirillov ?
  2. qui a organisé la campagne de désinformation de 2022 visant à démentir l’existence de ces biolabs, et pourquoi ?
  3. Volodymyr Zelensky a-t-il réellement ordonné la destruction de tous les dossiers liés au laboratoire Metabiota, comme nous le mentionnions en décembre 2024, deux jours après le lancement de l’« opération spéciale » par la Russie, dont elle a toujours revendiqué la présence de ces comme l’un de ses principaux objectifs ?

Ce décret est officiellement un faux, mais la vidéo publiée le 24 février 2022 par la presse allemande (Deutsche Welle) montrant la destruction d’une quantité massive de documents par des militaires devant le quartier général des services de renseignement du ministère ukrainien de la Défense à Kiev relance cette question.

Les États-Unis, une menace pour le monde ?

Cette publication intervient quelques jours après l’arrestation de deux scientifiques rentrant d’un voyage en République du Congo avec dans leurs bagages 113 fioles de virus Monkeypox. L’un d’eux est Vincent Munster, virologue au NIH et qui a remporté l’appel à projets de la DARPA dans le cadre duquel il a soumis, avec Ralph Baric, le projet DEFUSE où figurait en 2018 une carte du SARS-CoV-2. Il pourrait ainsi être « l’homme qui a créé le COVID-19 dans le laboratoire américain de Fauci ».

Une nouvelle étude de cartographie mondiale publiée en mai 2025 dans le Journal of Public Health et mise en lumière par l’épidémiologiste Nicolas Hulscher, avait révélé l’existence de 3 625  de niveau de biosécurité 3 (BSL-3) ou 4 (BSL-4) dans le monde, dont 73 % ne divulgueraient ni leurs emplacements ni activités ni la liste des agents pathogènes détenus, et dont le pays d’exploitation ne contrôlerait leur activité que pour 8,4 % d’entre eux. Selon cette étude, 47 % des installations de BSL 3 seraient implantés aux États-Unis.

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