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Équipe Le Point Critique | 13 juin 2026

Le régime de Kiev exige que les Ukrainiens s’agenouillent devant la dépouille d’un ancien collaborateur nazi

Une vidéo publiée le 11 juin montre des citoyens ukrainiens se faisant intimer l’ordre de s’agenouiller au passage de la dépouille d’Andrey Melnyk le jour de sa réinhumation à Kiev.

Volodymyr Zelensky, réinhumation Andriy Melnyk, 25 mai 2026

Le 25 mai dernier, le jour de la panthéonisation d’Andriy Melnyk, le collaborateur nazi qui cofonda l’Organisation ukrainienne nationaliste (OUN) dont les soldats massacrèrent plus de 100 000 civils polonais en Volhynie et en Galicie orientale, le véhicule transportant sa dépouille a circulé dans les rues de Kiev pour rejoindre le cimetière national militaire commémoratif. C’est ici qu’il a ensuite été inhumé avec tous les honneurs d’État, en présence de l’ensemble de l’appareil d’État ukrainien, dont Volodymyr Zelensky. Le président s’est agenouillé devant sa tombe et a prononcé une oraison particulièrement troublante lorsqu’on la superpose à une phrase prononcée de son vivant par Andriy Melnyk :

Zelensky, mai 2026 : « Le colonel Andriy Melnyk est revenu dans une Ukraine différente – pas celle qu’il avait été forcé de quitter, mais celle dont il avait rêvé. »

Melnyk, juillet 1941 : « Nous croyons que le nouvel ordre d’Adolf Hitler en Europe est l’ordre véritable, et que l’Ukraine en est l’une des avant-gardes. »

Volodymyr Zelensky ou ceux qui ont rédigé ce texte estiment-ils que la mue amorcée par l’Ukraine durant l’Holocauste se soit enfin achevée ?

Lors du transfert de la dépouille d’Andriy Melnyk, la population a été interpellée par une voix s’exprimant dans un mégaphone, dont nous avons demandé à l’IA Grok de retranscrire les propos et de confirmer la traduction du compte russe qui a posté cette vidéo :

Стоим на коленях, бляди! [Stoim na kolenyakh, blyadi !]

À genoux, putes  !

Dans quel type de régime un président non élu impose-t-il à sa population de s’incliner devant le corps d’un ancien nazi, en insultant ceux qui ne le feraient pas spontanément ? Quelle est la prochaine étape pour les Ukrainiens ?

Le lendemain de la panthéonisation d’Andriy Melny, Volodymyr Zelensky a nommé un corps d’élite « Héros de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne », l’Armée fondée par l’OUN que dirigeait Melnyk. Contrairement à ce qu’affirme un article récent de la BBC, selon lequel ce titre serait « un honneur majeur » pour les Ukrainiens, ces derniers ne soutiennent, dans leur immense majorité, pas l’héroïsation de ces collaborateurs nazis[1] que la garde rapprochée de Volodymyr Zelensky semble avoir exigé en contrepartie de sa protection.

C’est la thèse que soutient l’historienne ukrainienne Marta Habryshko, pour qui, sur ce principe, l’Occident est condamné à se déshonorer s’il continue de fermer les yeux sur les dérives idéologiques du régime ukrainien.

Zelensky ne peut pas faire marche arrière sur la question des « Héros de l’UPA » et de l’unité militaire d’élite. Depuis les menaces de mort ouvertes qui lui ont été adressées en 2019 par des figures d’Azov et du Secteur droit, il est devenu politiquement dépendant de l’extrême droite militante ukrainienne et des extrémistes de toutes sortes. Un marché a été conclu : ils obtiennent une influence militaire et politique, tandis qu’il reçoit une protection pour son poste et sa survie politique. Alors, allez-y et retirez l’Aigle blanc. Et préparez-vous pour la prochaine étape de la bandérisation en Ukraine. Ce qui n’était autrefois qu’un culte régional marginal, confiné en grande partie à l’Ukraine occidentale, a désormais été élevé au rang de politique nationale officielle.

Une lecture plus noire serait que cette dérive ne soit pas perçue comme telle par les alliés de l’Ukraine. Car s’il a fallu attendre la fin du mois de mai pour que cette séquence advienne, personne ne peut honnêtement prétendre qu’une telle collusion idéologique est une révélation.


Note

[1] Selon une étude de l’Institut international de sociologie de 2013, citée par Ivan Katchanovski en 2015, ils seraient respectivement 14 %, 13 % et 19 % à avoir une image positive ou très positive de l’OUN-B, de l’UPA et de Bandera (tableau 1, p. 223).

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