Guerre climatique
La sècheresse subie depuis 25 ans par l’Iran a-t-elle été créée par les États-Unis ?
Un journaliste iranien publie un reportage dans lequel il accuse les États-Unis de mener une guerre climatique à l’encontre de Téhéran à l’origine des multiples épisodes de sécheresse observés en Iran depuis plus de vingt ans.

Depuis le début des années 2000, l’Iran fait face à des difficultés climatiques croissantes, qui se sont considérablement aggravées ces dernières années. Le pays a subi depuis 2020 six années consécutives de sécheresse intense, marquées par une diminution massive des précipitations (– 20-25 % dans de nombreuses régions au cours des décennies récentes) et une hausse des températures moyennes atteignant jusqu’à + 2 °C depuis les années1970 dans certaines zones.
Le changement climatique, les besoins hydriques élevés de l’agriculture ou encore l’incompétence des responsables du pays à gérer la répartition des ressources et à entretenir les infrastructures hydrauliques sont les principales raisons invoquées pour expliquer cette situation dramatique.
La guerre déclenchée en février par les États-Unis a fait émerger une hypothèse inédite, évoquée pour la première fois par le journaliste iranien Siavosh Ghazi.
Selon son analyse, cette manipulation du climat aurait été réalisée via un réseau de radars implantés au Kurdistan irakien, en Turquie, aux Émirats arabes unis et au Qatar. L’Iran revendique la destruction de 10 radars lors de la riposte du 28 février, qui ciblait plusieurs bases militaires américaines dans le Golfe (Jordanie, Qatar, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Arabie saoudite). L’information n’a pas été confirmée par les États-Unis, qui ont expliqué que les tirs de missiles balistiques et de drones iraniens déployés lors de cette attaque avaient causé « des dégâts minimes » sans impact opérationnel majeur.
Pourtant, presque immédiatement après cette contre-attaque, le plus grand lac intérieur d’Iran – le lac d’Ourmia, situé entre les provinces iraniennes d’Azerbaïdjan occidental et d’Azerbaïdjan oriental – s’est brutalement métamorphosé. Totalement asséché depuis 2023, il a commencé à voir son volume d’eau augmenter. Il aurait été multiplié par 18 en seulement trois mois. Les barrages auraient quant à eux reconstitué 67 % de leurs capacités hydrauliques. Cette récupération spectaculaire s’accompagne selon le journaliste d’une véritable renaissance des rivières et des étangs ainsi que de leur écosystème, marqué par le retour, pour la première fois depuis cinq ans, de 20 000 flamants roses migrateurs.
La manipulation du climat, en particulier par la CIA1, n’est pas un complot imaginaire mais une réalité aujourd’hui connue. Si cela ne prouve pas que les États-Unis ont manipulé celui de l’Iran, cela rend a minima cette hypothèse plausible.
Note
- L’Agence a déclassifié une série de documents, accessibles depuis cette page (https://www.cia.gov/readingroom/) qui peuvent être retrouver en effectuant une recherche sur les termes « weather modification » ou « climate modification ». ↩︎
