Folie pure

Équipe Le Point Critique | 10 juin 2026

Un journaliste accuse Kiev d’avoir voulu provoquer une explosion cataclysmique dans le port roumain de Constanta

Au lendemain de l’explosion d’un drone maritime dans le port de Constanța, en Roumanie, le journaliste Sorin Faur remet en cause la version des autorités ukrainiennes, selon lesquelles l’appareil aurait été dévié par des interférences provoquées par la Russie. Une catastrophe similaire à l’explosion du port de Beyrouth a été évitée d’extrême justesse, mais c’est bien l’objectif qui était visé selon Sorin Faur.

Coalition des volontaires

Vendredi dernier, dans le courant de matinée, les autorités roumaines ont rapporté l’explosion d’un drone maritime dans le port civil de Constanța, à proximité du siège de l’Agence roumaine pour la sécurité de la vie humaine en mer. L’appareil avait été repéré vers 6 h 00 du matin et a rapidement été identifié comme appartenant non pas à la Russie, comme cela a été affirmé dans un premier temps, mais à l’Ukraine, qui a alors confirmé avoir perdu le contrôle de quatre drones. Ce n’est que vers 10 h 00 que les autorités ukrainiennes ont alerté leurs homologues roumains sur un risque imminent d’explosion dans le port de Constanta.

Un plan d’urgence a immédiatement été déclenché afin d’organiser l’évacuation préventive de la zone. D’importants moyens ont été rapidement dépêchés pour sécuriser le périmètre (envoi de plusieurs hélicoptères de reconnaissance, dont un Black Hawk) et faire évacuer le personnel portuaire ainsi que les touristes.

Le ministère roumain de la Défense a indiqué que l’appareil se serait autodétruit vers 10 h 30, heure locale à proximité d’un terminal pétrolier, sans causer de blessés ni de dommages matériels majeurs. Plusieurs explosions auraient été signalées un peu plus tard dans la matinée, confirmant la destruction des trois autres aéronefs, l’un au large de Constanta, les deux autres à environ 150km des côtes.

Selon les autorités ukrainiennes, qui n’auraient pas informé spontanément leurs collègues roumains de la perte de ses appareils et qui ne les auraient prévenu que plusieurs heures plus tard du risque d’explosion, les quatre drones auraient été déviés en raison d’interférences provoquées le brouillage électronique russe. Kiev estime avait « informé en temps utile » Bucarest, qui n’a disposé que 10 à 15 minutes pour faire évacuer la zone avant l’autodestruction de l’appareil.

Le « journaliste vétéran » Sorin Faur, qui a derrière lui une longue carrière dans la presse roumaine écrite et audiovisuelle (Radio Guerrilla, TVR, Digi24, Realitatea TV, etc.) rapporte une autre version des faits, qui, si elle est confirmée, est extrêmement préoccupante :

Les Ukrainiens ont chargé et piloté le drone pour faire exploser le terminal pétrolier, grâce au stock de nitrate d’ammonium entreposé à proximité. Cela aurait instantanément rasé environ la moitié de Constanța et, surtout, effacé toute trace, les explosions ayant pulvérisé le moindre fragment du drone contrôlé en permanence par l’attaquant ukrainien.

« S’il avait touché sa cible, le drone aurait été russe », disait un ami que j’apprécie beaucoup. Mais le drone s’est encastré et s’est coincé dans les balises anti-pollution. Il n’a plus pu bouger.

Pendant tout ce temps, l’opérateur ukrainien du drone disposait d’un contrôle visuel par satellite en temps réel, grâce aux caméras de l’appareil, qui fonctionnait parfaitement, mis à part le fait qu’il s’était accroché à des balises. L’opérateur a ainsi vu que des individus s’approchaient et filmaient le drone à moins de 10 mètres de distance. L’objet incriminé était donc non seulement bloqué, mais aussi démasqué et facilement attribuable à l’État qui l’avait fabriqué et utilisé avec beaucoup de succès. Internet regorge d’histoires héroïques sur le fait qu’il a percuté, à deux reprises, le pont de Crimée, entre autres.

Lorsque les Ukrainiens ont vu, en temps réel, que les Roumains filmaient le drone intact, ils ont appelé Bucarest avant de le faire exploser de manière contrôlée. Ils ont appelé non pas par amour d’alliés, mais pour détruire en toute sécurité l’électronique dans laquelle ils avaient chargé l’itinéraire et la cible prédéfinis. Sinon, cela aurait prouvé, avec des preuves tangibles, qu’ils avaient délibérément visé ce qu’ils avaient visé.

La perte de contrôle du drone due au brouillage russe – c’est-à-dire la version officielle, y compris au plus haut niveau en Roumanie – est une excuse digne d’un élève de CM1 inattentif. Peu importe que les Russes se soient frotté les mains devant le Starlink américain dont l’antenne était visible sur le drone filmé. La « perte de contrôle » est contredite par l’appel des Ukrainiens qui a annoncé la détonation du dispositif pour – je le répète – détruire la preuve.

L’Ukraine cherche-t-elle à provoquer un embrasement du conflit qui permettrait à ses alliés de se déclarer en guerre contre la Russie et d’activer l’article 5 de la charte de l’OTAN ? Si tel est le cas, est-ce une méthode caractéristique d’un pays sur le point de gagner une guerre ou le modus operandi d’un État terroriste qui sait qu’il l’a déjà perdue ?

Une enquête pénale pour non-respect du régime des armes et munitions et du régime des matières explosives a été ouverte par le Parquet de Constanța, qui s’est autosaisi de l’affaire dès le 5 juin. L’infraction de « destruction ayant des conséquences particulièrement graves » a été ajoutée quelques jours plus tard par plusieurs procureurs. L’enquête, dont les conclusions sont attendues sous sept à dix jours, vise à déterminer les circonstances exactes de l’arrivée du drone dans le port, l’origine et la charge explosive et à établir s’il y a eu des négligences ou des atteintes à la sécurité nationale.

CNews, qui a confirmé le 5 juin que le drone était bien d’origine ukrainienne, précise :

Malgré la reconnaissance ukrainienne concernant ce drone maritime, les responsables européens continuent de considérer ces incidents comme une conséquence directe de la guerre déclenchée par la Russie contre l’Ukraine. Nicusor Dan a rappelé qu’il s’agissait du « deuxième incident de sécurité significatif cette semaine le long de la côte roumaine », évoquant également la découverte récente d’une mine marine sur une plage.

https://www.cnews.fr/monde/2026-06-05/lattaque-de-drone-en-roumanie-imputee-moscou-etait-finalement-ukrainienne-1872547

Sans commentaires.

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