Honte nationale
Emmanuel Macron choisit de dédier à l’Ukraine le prochain défilé du 14 juillet
Malgré l’hommage rendu il y a quinze jours par l’Ukraine à un ancien collaborateur nazi, la France devrait maintenir le programme du défilé du 14 juillet organisé en l’honneur de Volodymyr Zelensky, l’Élysée n’ayant toujours pas commenté cette séquence nauséabonde.

L’Ukraine sera cette année à l’honneur de la fête nationale, où 10 000 soldats issus des 37 pays de la Coalition des volontaires sont annoncés pour le défilé militaire – un record. À titre de comparaison, environ 7 000 militaires avaient pris part au défilé de l’année dernière. On ne connaît pas encore les détails de cet événement, dont « l’objectif est d’afficher le soutien européen au président Zelensky », on sait simplement que deux Mirage 2000 pilotés par un binôme français et ukrainien paraderont au-dessus des Champs-Élysées, où sont par ailleurs attendus des « hôtes de prestige ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le commandant suprême des forces alliées en Europe à l’OTAN, le général américain Christopher G. Grynkewich, figurent sur la liste des invités sélectionnés par le chef de l’État, dont ce sera en théorie le dernier 14 juillet.
Pour son dernier défilé en tant que chef de l’État, Emmanuel Macron veut une cérémonie dans la continuité de ses appels au réarmement de la France. « Soyons puissants. Soyons unis. Soyons libres », déclare-t-il.
https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/20-heures/10-000-soldats-des-pilotes-ukrainiens-plus-de-blindes-la-france-veut-montrer-sa-force-pour-le-defile-du-14-juillet_8049509.html
Selon Le Figaro, « la fête nationale sera l’occasion d’une démonstration de savoir-faire et de détermination », mais également de « concrétisation » des efforts réalisés par la France en matière de réarmement, dans le cadre d’un futur affrontement avec la Russie ou d’un déploiement de troupes en Ukraine. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont en effet rappelé formellement ce samedi que la présence de troupes occidentales sur le sol ukrainien faisait partie des cinq conditions exigées par l’Europe dès qu’un cessez-le-feu serait acté entre Kiev et Moscou.
Ce n’est pas la première fois que la France fait le choix de mettre à l’honneur un pays. Elle l’a fait notamment en 2007, 2009, 2013, 2017, 2025, où des soldats européens, américains, africains, indiens ou encore indonésiens ont eu l’occasion de défiler sur les Champs-Élysées. Mais ces précédents s’inscrivaient dans un contexte différent (commémoration historique, partenariat économique ou stratégique), et n’impliquaient pas un pays en guerre, que la France arme depuis quatre, et dans l’objectif du défilé est de présenter l’arsenal militaire mis à sa disposition.
Au-delà des risques inhérents à une telle provocation (on ne peut pas présenter en même temps la Russie comme une menace existentielle et faire comme si elle ne représentait pas un danger), le véritable scandale de cette annonce réside dans son calendrier. Ni le chef de l’État ni aucun des dirigeants qui seront présents à Paris le 14 juillet pour afficher leur soutien indéfectible à l’Ukraine, hormis la Pologne, n’ont commenté la panthéonisation d’un ancien collaborateur nazi organisée à Kiev le 25 mai en présence de Volodymyr Zelensky et de l’ensemble de son administration. Aucun n’a réagi à l’annonce du décret présidentiel, entrée en vigueur le lendemain, conférant à un corps d’élite de l’armée ukrainienne le titre de « Héros de l’UPA », en hommage à l’armée insurrectionnelle qui massacra plus de 100 000 Polonais durant la seconde guerre mondiale en Volhynie et en Galicie orientale, malgré le clash diplomatique que cette séquence a provoqué.
Tous savent et se taisent. Jusqu’où cette mascarade est-elle supposée nous conduire et que dit-elle des valeurs qui animent aujourd’hui les dirigeants européens ?
Certains commentateurs attribuent ce silence de l’Occident au refus de donner raison au Kremlin. Soit, mais cela signifie alors que banaliser l’Holocauste et continuer à soutenir un pays qui glorifie ceux qui y ont activement participé est une contrepartie acceptable si elle doit permettre une défaite de la Russie contre laquelle l’Occident prétend ne pas être en guerre. Vu sous cet angle, la thèse soutenue par de nombreux géopolitologues selon laquelle le conflit russo-ukrainien a été provoqué par l’Occident mérite qu’on y prête attention, car si Vladimir Poutine est une menace pour le monde encore plus grande que celle que représenterait le nazisme, pourquoi cela n’a-t-il pas été dit avant ?
