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Équipe Le Point Critique | 07 juin 2026

Volodymyr Zelensky décore des journalistes de plusieurs médias étrangers, dont Libération et RFI

Le président ukrainien a signé samedi un décret récompensant 37 journalistes issus de médias ukrainiens et étrangers, dont CNN, Bloomberg, Die Welt, Libération et Radio France Internationale (RFI).

Volodymyr Zelensky, juin 2026

Volodymyr Zelensky a décerné samedi, à l’occasion de la Journée des journalistes, un prix d’État à 37 professionnels issus de médias ukrainiens et étrangers pour leur « contribution au développement du journalisme » et pour avoir « rapporté la vérité sur l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie ». La signature du décret a été annoncée sur le site du Bureau de la présidence.

Parmi les journalistes étrangers distingués par Volodymyr Zelensky, figurent une productrice de CNN International, spécialisée dans la couverture de la guerre en Ukraine et actuellement basée à Kyiv, la chef du bureau de Bloomberg News en Ukraine, un correspondant de guerre et reporter en chef pour le journal allemand Die Welt, ainsi que deux journalistes travaillant pour des médias français : Kostiantyn Dorochenko, correspondant pour Radio France Internationale (RFI) et Courrier International, et Stéphane Siohan, correspondant en Ukraine depuis 2013 pour Libération et RFI. Le président Zelensky souligne qu’il a été l’un des premiers journalistes français à couvrir la guerre en Ukraine et qu’il est « l’un des initiateurs d’un projet visant à fournir à l’Ukraine des filets anti-drones de la région Bretagne ».

L’information a été révélée par le politologue ukraino-canadien Ivan Katchanovski (professeur à l’université d’Ottawa), ancien chercheur à Harvard, à l’Université de New York, à l’Université de Toronto et à la Bibliothèque du Congrès. Il est l’auteur d’une demi-douzaine d’ouvrages, dont les deux derniers, diffusés en libre accès, proposent une analyse des origines du conflit russo-ukrainien (La guerre entre la Russie et l’Ukraine et ses origines : du Maïdan à la guerre en Ukraine) et plus particulièrement de l’Euromaïdan (Le massacre de Maïdan en Ukraine. Le meurtre de masse qui a changé le monde), considéré par de nombreux politologues comme son événement précurseur. Interdit de publication en Ukraine, Ivan Katchanovski a vu ses biens confisqués en 2014 lorsqu’il a attribué le massacre commis la même année sur la place Maïdan à des snipers liés à des groupes d’extrême droite. L’information a été confirmée en octobre 2023 lors du procès de ce massacre, dont il a commenté le verdict en ces termes, en soulignant le caractère illégal de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 :

Un verdict de près d’un million de mots rendu dans le cadre du procès sur le massacre de Maïdan en Ukraine a récemment confirmé que de nombreux militants de Maïdan n’avaient pas été abattus par des membres de la force de police spéciale ukrainienne Berkut ou par d’autres agents des forces de l’ordre, mais par des tireurs d’élite postés à l’hôtel Ukraina, contrôlé par l’extrême droite, et dans d’autres lieux contrôlés par Maïdan, il y a dix ans aujourd’hui. Le verdict, rendu le 18 octobre 2023, indique spécifiquement que cet hôtel était contrôlé par des militants du Maïdan et qu’un groupe armé du Maïdan, lié à l’extrême droite, se trouvait dans l’hôtel et a tiré depuis celui-ci. Il confirme également qu’il n’y a eu aucune implication russe dans le massacre et qu’aucun ordre de massacre n’a été donné par le président de l’époque, Viktor Ianoukovitch, ni par ses ministres. Le verdict conclut que l’Euromaïdan n’était pas, au moment de ce massacre, une manifestation pacifique, mais une « rébellion » qui a entraîné la mort de membres du Berkut et d’autres agents de police.
Il s’agit d’une reconnaissance officielle importante, non seulement parce que la violence représentait le cas le plus important de meurtres de masse, de crimes violents et de violations des droits de l’homme en Ukraine indépendante, mais aussi en raison des conflits ultérieurs auxquels elle a conduit ou contribué. Notamment, le massacre a précipité le renversement violent de Ianoukovitch et de son gouvernement, qui ont été faussement accusés de l’avoir perpétré Il a ensuite dégénéré en annexion de la Crimée par la Russie, en guerre civile et en interventions russes dans le Donbass, ainsi qu’en conflits entre l’Ukraine et la Russie, et entre la Russie et les puissances occidentales, que la Russie a considérablement aggravés avec son invasion illégale de l’Ukraine le 24 février 2022.

https://canadiandimension.com/articles/view/buried-trial-verdict-confirms-false-flag-maidan-massacre-in-ukraine-2024

Ivan Katchanovski a également été placé en 2021 sur la liste noire du site Myrotvorets, où il est accusé de :

  • participation à des opérations spéciales d’information de la Russie (pays agresseur) contre l’Ukraine ;
  • manipulation d’informations socialement significatives ;
  • déni d’agression russe ;
  • diffusion de mythes de propagande anti-ukrainienne qui déforment les événements en Ukraine ;
  • diffusion de mythes de propagande russe sur les « radicaux nationalistes d’Azov » et « Secteur droit ».

Sa fiche est visiblement maintenue, elle a été enrichie de nouvelles accusations concernant le « lancement d’une campagne contre Ivan Gunka, ancien combattant de la division “Galicie”, au Canada », où l’ancien collaborateur nazi, qui a qualifié cette période comme « les deux années les plus heureuses de [s] a vie », a reçu une ovation du Parlement en 2023 en présence de Volodymyr Zelensky.

Si le contexte actuel (panthéonisation d’un ancien collaborateur nazi, octroi du titre de « Héros de l’UPA » à un corps d’armée ukrainien) permet de comprendre pourquoi Ivan Katchanovski et ses travaux universitaires sont à ce point honnis par son propre gouvernement, il rend pour le moins embarrassants les honneurs accordés par le président Zelensky à Libération et RFI. Le fait que leur analyses du conflit ukrainien en occulte par ailleurs des éléments essentiels, et qu’ils ne dénoncent à aucun moment l’offensive menée actuellement par le gouvernement ukrainien pour blanchir son histoire confirme que c’est bel et bien un travail de propagandiste et non de journaliste qui a été récompensé ce samedi.

Nota Bene : Ivan Katchanovski a accordé le 4 juin un entretien au média suisse Anti-thèse, dans lequel il soutient que « Le pouvoir de Zelensky, et même sa vie, dépendent de la poursuite de la guerre ».

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