Nuit noire

Équipe Le Point Critique | 06 juin 2026

Un prêtre orthodoxe mobilisé de force par les agents de recrutement ukrainiens

L’Église orthodoxe ukrainienne alerte sur la multiplication des enlèvements de prêtres par des agents de recrutement ukrainiens dans le cadre de la mobilisation forcée. Le dernier cas en date concerne un recteur, arrêté en pleine rue et frappé sous les yeux de sa femme enceinte.

Cathédrale Sainte-Sophie, Kiev, Ukraine
Cathédrale Sainte-Sophie, Kiev, Ukraine. | © iStock/Diegograndi

Il n’y a aucune coquille dans le titre ni dans le chapô, qui ne révèlent qu’une partie de l’horreur de ce qui s’est passé ce jeudi dans un village ukrainien, où un prêtre orthodoxe aurait été mobilisé de force alors qu’il rentrait de l’hôpital en compagnie de sa femme enceinte.

L’information a été rapportée par l’historienne Marta Havryshko et confirmée par l’Union des journalistes orthodoxes (UOJ). Le drame se serait produit ce jeudi à Volodymyr, un village situé en Volhynie. L’archiprêtre Bohdan Katsevych (église orthodoxe de la Transfiguration) aurait été violenté et capturé en pleine rue par des agents du centre de recrutement (TTC), sous les yeux de sa femme, sans qu’aucune explication ne lui soit fournie. Les hommes se seraient précipités sur lui et l’auraient poussé de force dans une voiture après lui avoir tordu le bras.

Choqué par la violence de l’agression, Bohdan Katsevych aurait été victime d’une crise cardiaque dans le centre de recrutement. Les agents auraient dans un premier temps refusé de laisser une équipe de secours, appelée par sa femme, pénétrer dans les locaux pour porter assistance à son mari, mais ils ne l’auraient pas autorisée à transporter Bohdan Katsevych à l’hôpital alors que son état justifiait selon les ambulanciers un transfert en urgence.

Cette histoire aussi sordide que dramatique n’est malheureusement pas la première selon les journalistes de l’UOJ, qui ont documenté plusieurs cas de mobilisation forcée de membres du clergé orthodoxe ukrainien. Le statut de prêtre ne donne en effet dans le cas présent aucun droit à être exempté de mobilisation, une telle exemption n’étant prévue au mieux que pour les membres d’Églises reconnues, ce qui n’est pas le cas de l’EOU, Kiev estimant qu’elle ne remplit pas les critères en raison de ses liens présumés avec le patriarcat de Moscou. En revanche, le fait d’être porteur d’une pathologie cardiovasculaire fait partie de la liste des critères d’exclusion, ce qui semble être le cas ici.

Pourtant, Volodymyr Zelensky s’est vu décerner il y a un mois aux Pays-Bas, des mains du Premier ministre néerlandais, le prix international des Quatre Libertés qui récompense des chefs d’État ou des personnalités reconnues pour avoir fait progresser ces libertés, à savoir :

  • la liberté d’expression et d’opinion ;
  • la liberté de culte ;
  • la liberté de vivre à l’abri du besoin ;
  • la liberté de vivre à l’abri de la peur.

L’historienne Marta Havryshko dénonce l’utilisation de la conscription forcée comme un « outil utilisé de plus en plus souvent pour cibler les membres du clergé “indésirables” en Ukraine ». Il s’agit en l’occurrence d’un assassinat politique, car comment survivre sur la ligne de front, où l’espérance de vie se compte en minutes, quand on a passé sa vie à se battre pour préserver la vie, qu’on ne peut moralement tuer personne, et que l’on vient de faire un infarctus pour lequel on a été privé de soins ?

L’autre point profondément inquiétant est le constat inévitable selon lequel l’Occident s’emploie aujourd’hui à façonner un authentique culte autour de la personne de Volodymyr Zelensky, qui va bien au-delà de la comparaison initiale avec Winston Churchill. Il a en effet reçu en 2023 l’insigne de l’ordre de l’Aigle blanc, la distinction honorifique la plus élevée en Pologne. Mais la question n’est pas tant de savoir pourquoi il a reçu une telle distinction, que de comprendre pour quelle raison le Premier ministre Donald Tusk estimait inenvisageable de la lui retirer, comme le demandait le président polonais, au lendemain de l’attribution à un corps d’élite ukrainien du titre de « Héros de l’UPA », l’Armée insurrectionnelle ukrainienne responsable du massacre de 100 000 Polonais en Volhynie pendant la seconde guerre mondiale.

Pour mémoire, Donald Tusk estimait que retirer à Volodymyr Zelensky cette distinction reviendrait à commettre une erreur historique comparable à celle commise par le président ukrainien lui-même en récompensant les auteurs d’un des génocides les plus barbares de l’histoire, dont la cruauté, dit-on, aurait choqué les nazis.

L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky en dressait il y a quelques semaines un tout autre portrait que celui que l’Occident vend aux populations. Dans quel but veut-on que nous le considérions comme un surhomme ou comme le leader d’un nouveau royaume ?

Dernièrement sur Le Point Critique

Aucun article actuellement disponible dans cette catégorie
Recevez gratuitement l’information du Point Critique, en continu sur vos écrans ! !