Tournant historique

Équipe Le Point Critique | 03 juin 2026

Trump tourne la page des obligations vaccinales pédiatriques et ouvre enfin celle du consentement libre et éclairé

Un décret présidentiel impose un tournant historique à la politique de vaccination pédiatrique aux États-Unis, fondé sur une réduction drastique du nombre d’injections recommandées et sur une autonomie de choix maximale accordée aux parents et aux médecins.

Façade de la Maison-Blanche, Washington DC

La Maison-Blanche a signé le 29 mai un décret exécutif ordonnant la réévaluation des recommandations vaccinales pédiatriques américaines, au niveau fédéral, afin de les aligner sur « les meilleures pratiques en vigueur dans les pays développés comparables ». Ce décret s’appuie sur les conclusions d’une étude, commandée auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux (HHS), qui serviront donc de « ressource directrice » pour l’élaboration de nouvelles directives vaccinales ayant autorité sur l’ensemble du territoire américain.

Ce chantier avait été ouvert le 5 décembre dernier à la suite de la publication d’une liste de 120 recommandations, établies par l’administration Kennedy, dont celle de formaliser un nouveau cadre vaccinal visant cinq objectifs :

  • garantir que les États-Unis disposent du meilleur calendrier de vaccination infantile ;
  • traiter les cas de préjudice lié à la vaccination ;
  • moderniser les vaccins américains en s’appuyant sur des données scientifiques transparentes et de référence ;
  • remédier aux conflits d’intérêts et aux incitations inappropriées ; et
  • garantir la liberté scientifique et médicale.

Le HHS s’était notamment engagé dans ce rapport à enquêter sur les effets indésirables des vaccins, en collaboration avec les NIH, grâce à un nouveau programme de recherche sur les effets indésirables des vaccins permettant un recensement et une analyse plus efficace des données de pharmacovigilance. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de la réactivation, en août 2025, d’un panel dormant, appelé Task Force on Safer Childhood Vaccines (Groupe de travail sur la sécurité des vaccins pédiatriques) et présidé par l’actuel directeur du NIH, Jay Bhattacharya.

L’évaluation du HHS a permis de dégager essentiellement trois conclusions :

  • les États-Unis recommandent actuellement plus de vaccins pédiatriques que n’importe quel autre pays occidental, le nombre de doses variant du simple au double par rapport à certains pays européens ;
  • le nombre de doses recommandées et de maladies ciblées est passé respectivement de 23 en 1980 à 84 en 2024, et de 7 à 18 sur la même période ;
  • les États-Unis font partie des rares pays où des obligations vaccinales sont imposées localement pour l’entrée à l’école. A contrario, les pays n’imposant pas de vaccinations aux enfants accèdent malgré tout à des taux de couverture élevés.

Ainsi, l’évaluation scientifique réalisée par le NIH recommande de donner la priorité à 11 vaccins de routine et de supprimer les « mandats » vaccinaux pour la pédiatrique générale :

L’évaluation scientifique recommande de donner la priorité à 11 vaccins systématiques destinés aux enfants, tout en laissant aux parents et aux médecins la possibilité de prendre des décisions personnalisées pour les enfants à haut risque, dans le cadre d’une prise de décision clinique partagée […] et en s’assurant que les Américains reçoivent les meilleurs conseils médicaux possibles.

Le décret du 29 mai ne supprime pas pour autant les obligations vaccinales, qui se définissent au niveau de chaque État, mais il réoriente la stratégie vaccinale des États-Unis de façon révolutionnaire, en imposant une série de mesures inédites à l’ensemble des acteurs impliqués dans sa mise en œuvre :

  • le HHS devra s’assurer que les conclusions se son rapport soient diffusées dans l’ensemble des États et utilisées comme « ressource pour éclairer l’examen des lois de l’État sur la vaccination » ;
  • les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et le Comité consultatif sur les pratiques d’immunisation (ACIP) devront impérativement tenir compte de l’évaluation scientifique du HHS pour élaborer de nouvelles recommandations vaccinales et mettre à jour le calendrier des vaccins destinés aux enfants et adolescents américains ;
  • l’ACIP devra en particulier s’assurer que ces nouvelles recommandations offrent un maximum de souplesse aux parents et aux médecins concernant le calendrier et le nombre de vaccins de routine administrés ;
  • l’ensemble de l’administration fédérale devra aligner ses politiques et ses financements sur le nouveau calendrier vaccinal, tel que réévalué scientifiquement par l’ACIP et officiellement adopté par le CDC, en s’assurant qu’aucune pression ne s’exerce sur les parents qui souhaitent limiter ou au contraire conserver l’accès qu’ils ont actuellement aux vaccins.

Un changement d’administration pourrait remettre en cause cette nouvelle stratégie, mais si ce paradigme demeure, il s’agira véritablement d’une révolution. Concernant l’évaluation des dommages causés par les injections pédiatriques, le HHS s’est engagé à transmettre son premier rapport formel au Congrès dans les deux ans suivant la réactivation de la Task Force on Safer Childhood Vaccines. Il est donc attendu pour août 2027.

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