La boucle est bouclée
Tiques OGM, des chercheurs mettent au point une méthode de production de viande synthétique pour contourner l’alpha-gal
L’énigme des tiques répandues de manière sauvage par hélicoptère aux États-Unis est-elle enfin résolue ? Une équipe de chercheurs issus de l’université de rattachement de Ralph Baric vient de mettre au point une méthode basée sur la technologie CRISPR pour produire de la viande synthétique adaptée au syndrome alpha-gal transmis par ces tiques.

Nous avons rapporté il y a quelques semaines le récit de nombreux promeneurs et agriculteurs américains découvrant des boîtes remplies de tiques dispersées en pleine nature. Certains ont filmé des hélicoptères sans immatriculation ni marquage larguant des boîtes infestées de parasites. À qui peut profiter le crime ?
Les tiques sont associées à différentes pathologies, dont les deux principales, qui sont actuellement en augmentation, sont la maladie de Lyme et l’alpha-gal, une allergie irréversible et potentiellement mortelle aux produits issus de mammifères (viande, produits laitiers ou dérivés de mammifères, incluant certains produits médicaux).
Aux États-Unis, plus de 110 000 cas suspects ont été identifiés entre 2010 et 2022, mais la prévalence de la maladie est probablement sous-estimée faute de dépistage. Les CDC estimaient en janvier 2026 qu’elle pourrait toucher 450 000 Américains.
L’enquête collective menée sur le réseau X a fourni récemment de nouveaux éléments.
1– Une étude recommande de répandre l’alpha-gal en utilisation des tiques transgénétiques
En juillet 2025, deux professeurs de bioéthiques de l’Université Western Michigan (Parker Crutchfield, Blake Hereth) ont publié une étude « démontrant » que les tiques modifiées génétiquement pour propager les allergies à la viande sont « moralement obligatoires ».
La proposition des scientifiques consiste à modifier génétiquement des tiques lone star, présentes naturellement dans l’environnement, selon trois objectifs :
- pour qu’elles soient porteuses du syndrome alpha-gal ;
- pour qu’elles survivent et se propagent plus largement ;
- pour qu’elles ne transmettent pas d’autres maladies telles que la tularémie ou l’ehrlichiose véhiculées par les tiques
Sur la base du postulat selon lequel la consommation de viande rouge serait un problème qu’il est urgent de régler, en l’occurrence parce qu’elle favoriserait le réchauffement climatique, ils affirment, par un agencement malhonnête de concepts douteux (les tiques transgénétiques sont qualifiées par exemple de « bioamplificateur moral »), que la promotion du syndrome alpha-gal est « moralement obligatoire ».
La conclusion repose sur un syllogisme scolaire décorrélé de toute notion d’éthique, qui confine au délire :
Ici, nous soutenons que si manger de la viande est moralement inadmissible, alors les efforts pour empêcher la propagation de l’AGS à tiques sont également moralement inadmissibles. […] nous soutenons que l’AGS à tiques est un bioamplificateur moral si et quand il motive les gens à arrêter de manger de la viande. […]
Par conséquent, promouvoir l’AGS tic-tc est fortement pro tanto obligatoire. Il est actuellement possible d’éditer génétiquement la capacité de transmission de la maladie des tiques. Si cette pratique peut être appliquée aux tiques portant l’AGS, alors promouvoir la prolifération de l’AGS à tiques est moralement obligatoire.
L’une des conclusions de l’« étude » est qu’il serait également « moralement obligatoire » de saboter les tentatives visant à guérir l’alpha-gal.
L’étude a été analysée par le Dr Cameron English, vice-président de l’American Council on Science and Health, qui la qualifie de « déchet spéculatif ».
2– L’hypothèse a été soutenue en 2023 au Forum économique mondial
Le philosophe Matthew Liao (Université de New York) estimait en 2016 que si nous parvenions à modifier génétiquement l’homme afin de le rendre allergique à la viande, ce serait un grand pas pour l’humanité.
Il y a cette chose appelée la « tique étoilée solitaire », où si elle vous mord, vous deviner allergique à la viande. C’est donc quelque chose que nous pouvons faire par le biais de l’ingénierie humaine. Nous pouvons potentiellement aborder de vrais gros problèmes mondiaux par l’ingénierie humaine. Nous pouvons utiliser l’ingénierie humaine pour faire valoir que nous sommes intolérants à certains types de viande, à certains types de protéines bovines pour lutter contre le changement climatique.
Il soutenait déjà cette théorie dans une étude, publiée en 2012, et a testé son acceptabilité un an plus tard, devant un parterre d’hébétés trouvant l’idée absolument géniale.
3- La fondation Gates a investi massivement dans la manipulation génétique des tiques
La Fondation Bill & Melinda Gates a financé à hauteur de 68 millions de dollars répartis en 8 subventions les travaux de la société Flyttr, spécialisée dans la fabrication de tiques transgéniques, dont l’objectif est l’éradication des tiques de bétail. La plateforme utilisée (FriendlyTM) consiste à disperser dans l’environnement des parasites mâles modifiés génétiquement qui en s’accouplant avec des femelles, engendreront des générations stériles qui conduiront à terme au tarissement de l’espèce.
C’est la même stratégie qui est utilisée pour les moustiques Wolbachia, développés pour lutter contre les maladies vectorielles propagées par les moustiques (paludisme, dengue, Zikka…).
4- Le laboratoire du « père » du SARS-CoV-2 vient de mettre au point de la viande résistante à l’alpha-gal
Une équipe de chercheurs de l’université de Caroline du Nord à Chapel Hill (UNC-Chapel Hill) (D’Costa et al.) vient de mettre au point une technologie de modification génétique de cellules bovines, basée sur la technologie CRISPR/Cas9, en vue de la production de viande cultivée adaptée au syndrome alpha-gal, autrement dit, l’antidote au poison !
Ensemble, ces résultats établissent une preuve de concept pour la mise au point de viande cultivée compatible avec l’AGS, et démontrent le potentiel des technologies de viande cultivée pour relever les défis de santé humaine.
L’UNC-Chapel Hill est l’université où exerce le Pr Ralph Baric, considéré comme le plus grand spécialiste des coronavirus et plus particulièrement de leur manipulation génétique par la technologie de génétique inverse (reverse genetics). On lui attribue la paternité du SARS-CoV-2, pour avoir décrit en 2019, au cours d’une expérience (56 023), un virus similaire au SRAS, contenant une séquence présente dans le SARS-CoV-2. Il a également cosigné en 2018, avec son partenaire Peter Daszack, la proposition contenant le site de clivage de la furine retrouvé dans le SARS-CoV-2 (projet DEFUSE).
Il est fascinant de retrouver la même constellation d’acteurs ayant tous un intérêt crapuleux à rendre malade la population en violation des lois éthiques les plus élémentaires. Le Dr Hélène Banoun, qui a rapporté l’étude de l’université Caroline du Nord estime que la boucle est bouclée. Tant qu’aucune explication positive concernant la dispersion sauvage de tiques n’aura été fournie à ces milliers d’Américains, condamnés à ne plus consommer certains produits et qui voient soudainement leur vie bouleversée, cette conclusion est inévitable.
Mais nous savons tous que si une telle explication existait, elle serait assumée et revendiquée, ce qui ne peut de toute façon pas être le cas, aucune théorie fumeuse sur le réchauffement climatique ne justifiant une telle violation du principe sacré d’autonomie corporelle.
