Interview
Corruption, drogue, références nazies : l’ancienne porte-parole de Zelensky revient sur ses deux années de collaboration
L’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, Julia Mendel, a été interviewée par le journaliste américain Tucker Carlson le 11 mai. Elle a annoncé la sortie prochaine d’un livre, en cours d’écriture, consacré au président ukrainien, qu’elle dépeint comme corrompu, narcissique et paranoïaque. Son nom a été inscrit dès le lendemain par Kiev sur la liste Mirosnovets des personnes à abattre.

Julia Mendel a fait partie de la cellule de communication de Volodymyr Zelensky entre juin 2019 et juillet 2021. Journaliste de formation, elle a collaboré avec plusieurs médias ukrainiens et internationaux (The New York Times, Politico Europe, VICE, Spiegel, Forbes, Washington Post) puis avec la Banque mondiale, comme consultante en communication, avant de rejoindre l’équipe du président ukrainien. Elle a eu par la suite accès à des informations internes sur des sujets cruciaux en lien avec le conflit russo-ukrainien (négociations de paix, relations avec les Occidentaux), qui sont au cœur de l’interview accordée au journaliste américain et soutien influent de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2024, Tucker Carlson.
Démographie et situation économique de l’Ukraine
L’Ukraine ne compterait plus aujourd’hui que 10 millions d’actifs et autant de retraités, dont l’immense majorité se trouverait dans une situation de précarité extrême (4 : 59).
Officiellement, l’Ukraine est un pays de 40 à 42 millions d’habitants. Mais le dernier recensement remonte à 2000 ou 2001, et nous n’avons pas réussi à en organiser un autre. Donc quand je travaillais pour le gouvernement, les responsables gouvernementaux, y compris Zelensky, citaient des chiffres selon lesquels ils estimaient qu’il y avait actuellement entre 34 et 37 millions d’Ukrainiens dans le pays. Avec environ 10 millions, voire plus, d’Ukrainiens devenus réfugiés, partis vers l’ouest, certains restant dans les territoires occupés, vers les pays de l’Est ou peut-être même en Russie, il reste environ 25 millions d’Ukrainiens dans le pays. Le pire, c’est que 11 millions d’entre eux sont retraités et vivent de pensions comprises entre 75 et 180 ou 200 dollars par mois. Or l’Ukraine n’est pas un pays suffisamment si bon marché pour que l’on puisse réellement survivre avec cet argent. […] Si on avait environ 10 millions de personnes actives, ce serait bien.
Responsabilité du Royaume-Uni dans la poursuite de la guerre
Juila Mendel a confirmé que Boris Johnson a fait casser l’accord de paix qui s’apprêtait à être conclu au printemps 2022 (56 : 02). Il portera donc selon elle, avec Volodymyr, une responsabilité écrasante dans le bilan humain de la guerre qui se chiffre selon toute vraisemblance à plusieurs millions de morts.
Zelensky s’est rendu à Boutcha après [le massacre et] après que la ville a été libérée, le 4 avril 2022. […] On lui a demandé s’il allait poursuivre les négociations avec la Russie et il a répondu « Oui, oui, oui, je vais continuer ».
C’est enregistré par une caméra, il allait continuer, ils étaient tous d’accord sur les positions concernant le Donbass, la langue, de très nombreuses choses, ils étaient d’accord sur tout.
Puis Boris Johnson est arrivé et maintenant, on dit que ce sont des mensonges de Poutine, mais cette histoire a été racontée par des Ukrainiens. Elle n’a pas été racontée par des Russes.
Les Ukrainiens qui essayaient d’apporter la paix savaient que Boris Johnson a influencé la décision. On avait promis à Zelensky qu’il aurait tout, des armes, de l’influence, la gloire, qu’il combattrait la Russie et qu’il serait un grand héros.
C’est tout ce que Zelensky veut. Il se fiche des gens.
Ce qui lui importe, c’est de rester au pouvoir.
Ce qui lui importe, c’est d’être le grand héros de l’histoire.
Je pense donc qu’il y a eu deux moments où il aurait pu mettre fin à cette guerre, mais il a choisi la guerre d’usure.
Je ne sais pas comment 25 millions d’Ukrainiens qui restent dans le pays peuvent mener une guerre d’usure contre la Russie, qui compte 140 millions d’habitants.
Consommation présumée de drogue
Julia Mendel affirme qu’elle n’a jamais vu le président ukrainien prendre de la cocaïne, mais elle décrit un homme dont le comportement en privé est caractéristique de celui d’un cocaïnomane, et dont elle affirme avoir rencontré le dealer dans son bureau. Si ces allégations sont confirmées, cela signifie que le sort de l’Ukraine repose entre les mains d’un toxicomane qui gouverne le pays sous emprise (1 : 09 : 16).
C’est un secret de polichinelle. Le fait est que je ne l’ai jamais vu se droguer. Cependant, pour écrire mon livre, j’ai rencontré beaucoup de gens qui ont confirmé l’avoir vu se droguer dans différentes boîtes de nuit. En 2021, j’ai découvert qui était le fournisseur de Kvartal 95. Euh, et j’ai rencontré cette personne.
Est-ce que Zelensky consomme de la cocaïne ?
Encore une fois, je n’ai pas vu ça. Le truc, c’est que toutes ces personnes parlent de cocaïne, oui. La deuxième chose, c’est que, à chaque fois qu’on se préparait pour l’interview, j’apportais les notes expliquant qui est le journaliste, ce qu’il doit dire, le message, les questions qu’il n’aime pas qu’on lui pose. Pour être franche, en général, il est plutôt du genre à essayer de t’écouter, et puis, il passe genre 15 minutes aux toilettes, et j’étais toujours surprise qu’il en ressorte une personne toujours différente. […] il en ressortait plein d’énergie, prêt à passer à l’action, prêt à tout raconter en reniflant.
Mobilisation forcée
Julia Mendel explique non seulement que les rafles de civils sont monnaie courante en Ukraine, mais que le président ukrainien se vanterait d’utiliser la ligne de front comme une arme de répression contre les personnes qui critiquent le gouvernement (42 : 45).
Je n’aurais jamais imaginé que mon pays serait celui où l’on arrête les gens dans la rue pour les envoyer de force au front. Je n’aurais jamais imaginé que nous serions tous d’accord sur ce constat et que nous resterions silencieux face au fait que Zelensky utilise le front comme une sorte de punition, et qu’il utilise la guerre comme une punition, une punition politique.
Il en a même parlé ouvertement. Il disait que si quelqu’un fait quelque chose de mal, il faut le punir et l’envoyer au front. C’est ce qu’il a déclaré. Il y a des gens qui sont envoyés là-bas simplement parce qu’ils critiquent Zelensky.
Détournement de l’aide destinée aux soldats
Malgré les centaines de milliards d’aide occidentale, le gouvernement ne fournirait ni les uniformes ni la nourriture, dont l’achat serait laissé à la charge des familles (43 : 53).
Ma mère soignait des soldats qui avaient été envoyés avec de mauvais uniformes pendant l’hiver. Leurs doigts et leurs membres avaient été amputés parce qu’ils étaient gelés. Chaque année, les Ukrainiens collectent des fonds pour acheter leurs uniformes, tu sais, tout ce dont ils ont besoin. Les femmes préparent des repas pour les soldats. Non, je ne plaisante pas. Il y a beaucoup de bénévoles.
Rhétorique empruntée au IIIe Reich
« J’ai besoin d’une propagande à la Goebbels ». C’est l’instruction que Zelensky aurait donnée à son équipe de communication pour tenter d’endiguer l’effondrement de sa cote de popularité. Sa porte-parole rapporte un échange lunaire avec le président ukrainien (18 : 08).
L’un des moments les plus choquants pour moi, en tant que membre de l’équipe de communication, en 2019-2020, c’est qu’il avait vraiment peur que sa cote de popularité commence à baisser et il était persuadé que l’équipe de communication, dont je faisais partie, en était responsable.
Il nous a réunis et il a commencé à dire qu’il n’y avait aucune nouvelle positive sur ce qu’il faisait dans le pays. Ma collègue a commencé à discuter avec le président de manière très diplomatique, mais elle disait : « Écoutez, il n’y a pas tant de choses positives qui se passent, vous promettez quelque chose, mais ça ne se produit jamais. »
Elle était bien sûr très diplomate, elle ne l’a pas dit comme ça, mais c’était l’idée, et il a répondu que peu importait ce qui se passait : « Le plus important, c’est qu’il nous faut 1 000 commentateurs, et si 1 000 commentateurs disent des choses positives, alors des choses positives se produisent, et les gens croient qu’il y a des choses positives. »
Elle a continué à discuter et il s’est mis très en colère et a fait ce geste avec ses mains. Il s’est penché sur la table. Il nous a regardés et il a dit d’un ton très agacé : « J’ai besoin de la propagande de Goebbels, vous comprenez ? J’ai besoin de la propagande de Goebbels. J’ai besoin de milliers de porte-parole de la propagande de Goebbels. »
Nous étions tellement choqués, que nous avons arrêté de respirer. Le truc s’est passé, je crois, en 2022.
Le mensonge sur la paix et sur la défense de la langue russe
Volodymyr Zelensky s’est fait élire en 2019 en promettant la paix et en garantissant aux populations russophones qu’elles pourraient continuer à parler leur langue. Sa présidence aura été marquée par une série de mesures visant à limiter l’usage du russe dans la sphère publique, les médias, l’éducation et la culture. La dernière en date a consisté à retirer, en décembre 2025, le russe de la liste des langues minoritaires protégées par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (13 : 48).
Zelensky est arrivé à la présidence en se présentant comme le « président de la paix ». […] C’est un type qui s’est fait en Russie. Les premiers gros millions, il les a gagnés en Russie. Il travaillait pour des chaînes de propagande russe et ça ne le dérangeait pas. […] Quand la première invasion russe s’est produite dans le Donbass et que la Russie a annexé la Crimée, il était en Russie. Il finissait son film, pour lequel il a touché beaucoup d’argent, et il l’a même reconnu lui-même en août 2019. […]
C’était en 2014. La guerre avait déjà commencé. […] Ces informations ne sont pas publiques, mais il s’avère qu’il possédait plusieurs biens en Crimée. Et pendant que la guerre faisait rage dans le Donbass, il passait du temps en Crimée, fumait de l’herbe avec ses amis de Kvartal 95, faisait des travaux dans ses maisons et profitait de la vie. Il se fichait complètement que la Russie ait annexé la Crimée. […]
Il était le candidat de la paix. Il promettait qu’il se mettrait à genoux devant Poutine pour le supplier d’arrêter. Il disait que l’ukrainien et le russe sont deux langues qui doivent coexister, que les gens parlent les deux, que ça nous rend plus forts, et qu’il faut être amis avec la Russie.
C’est pour ça que les gens ont voté pour lui. Ils ne voulaient pas la guerre. Personne ne veut la guerre.
Le retournement à 180° sur la question de l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN
En 2019, Volodymyr Zelensky aurait donné sa parole à Vladimir Poutine que l’Ukraine ne rejoindrait jamais l’OTAN, avant de faire de ce projet une condition sine qua non pour un futur accord de paix dans le but de prolonger éternellement la guerre (16 : 22).
J’étais présente lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Paris en 2019. Très peu de personnes dans son entourage connaissent la vérité. Il a eu une conversation privée avec Poutine au cours de laquelle il lui a promis que l’Ukraine n’adhérerait jamais à l’OTAN. Donc, en décembre 2019, il y a eu cette conversation personnelle. […]
Il s’est ensuite accroché à cette idée d’adhérer à l’OTAN, sachant que c’était impossible.
Il poussait un programme irréalisable et en faisait une condition pour la paix.
En octobre 2024, il a présenté son « Plan de victoire » au parlement et a déclaré que l’adhésion à l’OTAN était la chose la plus importante, et que les missiles à longue portée étaient la chose la plus importante.
Il en a fait son Plan de victoire, mais c’est ridicule. C’est impossible. […] Il est très facile de promettre quelque chose à condition que ce soit impossible.
Couverture des scandales de corruption par la presse occidentale
Une partie des subventions européennes serait destinée à financer des experts pour qu’ils diffusent une image positive de l’Ukraine. Julia Mendel estime toutefois que les Occidentaux se laissent duper par les sondages fabriqués par Kiev pour dissimuler l’impopularité de Zelensky, qui serait selon elle dans l’incapacité de se présenter à de nouvelles élections (22 : 15).
En Ukraine, évidemment, les experts sont payés par les structures proches du gouvernement, les plus grands patriotes, ou par exemple, des subventions de l’Union européenne. Je ne dis pas que ces gens sont mauvais, non, ils ne le sont pas à bien des égards, ils ne sont simplement pas conscients de ce qui se passe […]. Ils croient toujours à la légende selon laquelle Zelensky a une certaine cote de popularité. […]
Il existe plusieurs sondages : ceux qui sont réservés au président et à quelques membres de l’équipe, et ceux qui sont présentés au gouvernement et au public. Et un initié du monde politique qui a vu les sondages a déclaré que Zelensky n’était pas éligible. Ses cotes de popularité sont si basses. J’ai examiné chaque mois ces sondages Eb 2023 et 2024, et ses cotes étaient très, très basses, tombant de plus en plus bas.
Et voici une autre grande révélation pour vous. Lorsque Donald Trump a qualifié Zelensky de « dictateur » et qu’il a évoqué la faible cote de popularité de Zelensky, bien sûr, Zelensky a déclaré que Donald Trump était influencé par les Russes et que tout cela n’était que de la propagande russe, et Donald Trump a été qualifié de prorusse, comme tous les détracteurs de Zelensky. Mais en réalité Donald Trump a obtenu des informations de la part de nombreux Ukrainiens. Il s’agit de responsables gouvernementaux anciens et même actuels. Ce sont des personnes proches du président Zelensky. Ils ont fourni des preuves, des documents, des témoins, tout ce qu’ils savaient, absolument tout. […] C’est une catastrophe.
Elle évoque un accord tacite visant à présenter Zelensky à tout prix sous un jour positif afin de justifier le soutien financier de la guerre (11 : 48).
J’ai vu de bons articles sur la corruption, mais tu as raison, ils ne sont pas très nombreux. C’est très difficile, avant tout, de le prouver. Mais je pense qu’il y avait aussi une sorte d’accord, pas officiel, bien sûr. Un accord tacite selon lequel nous devions tous soutenir Zelensky parce que cela signifiait soutenir l’Ukraine.
Nous nous sommes tous unis pour soutenir l’Ukraine. Mais Zelensky a abusé de cette unité.
Il a abusé de notre foi en la démocratie.
Il a abusé de notre combat.
Il a abusé de notre sacrifice, du sacrifice ukrainien, et de ce que les Européens et les Américains faisaient pour nous.
Il a abusé, en fait, de la confiance de tant de gens.
Le mythe du héros churchillien
Juila Mendel rapporte deux phrases citées en off par Zelensky, qui constituent probablement le passage le plus dévastateur de l’interview (12 : 27).
Je crois que les millions de personnes qui soutiennent encore Zelensky cherchaient en fait un grand homme en politique. Elles voulaient croire qu’il y avait quelqu’un, un Churchill ou un autre personnage historique, qui ferait vraiment quelque chose de bien pour le peuple. […] Il continue de jouer ce grand homme devant les caméras. Mais croyez-moi, hors caméra, il est très différent.
J’ai travaillé pendant deux ans avec lui. Pendant deux ans, il a répété deux phrases qui en disent long sur lui.
L’une d’elles était : « L’Ukraine n’est pas prête pour la démocratie », et c’est une citation.
L’autre citation était : « La dictature est un ordre ». Alors, comment une personne qui croit que l’Ukraine n’est pas prête pour la démocratie et que la dictature est un ordre peut-elle réellement être le visage de la démocratie ?
L’ancienne porte-parole du président ukrainien a également répondu à plusieurs questions.
Zelensky est-il corrompu ?
Julia Mendel estime qu’il est impossible que Volodymyr Zelensky, dont la fortune personnelle a explosé avec la guerre, ne soit pas au courant que son administration est gangrénée par la corruption, voire qu’il soit l’un des bénéficiaires de ce système. Elle relate trois anecdotes édifiantes (32 : 45).
La première concerne un ministre, épinglé pour des faits de corruption par l’opposition parlementaire, auquel Zelensky aurait proposé de verser un salaire de 5 000 dollars d’argent noir chaque mois pour qu’il reste au gouvernement :
Quand le type est entré dans la pièce, il y avait le président Zelensky, M. Yermak et une autre personne que je connais. Il y avait un sac rempli de dollars sur la table et le type a dit : « Je peux te donner 5 000 dollars de salaire officiel, mais je te donnerai 5 000 dollars d’argent noir chaque mois. Donc, tu pourras toucher ton salaire, mais ce ne sera pas officiel. »
La seconde porte sur une rencontre avec un politicien qui connaît Zelensky depuis des dizaines d’années :
La première chose qu’il m’a demandée, c’est : « Où est l’argent ? »
Je lui ai répondu : « Quoi ? »
Il m’a dit : « Je connais Zelensky depuis des années. Il n’a jamais levé le petit doigt gratuitement. Il ne ferait jamais rien gratuitement. »
La troisième concerne un ancien ministre qui aurait confirmé que lorsqu’il était en fonction, des « personnes très proches de Zelensky prélevaient un pourcentage illégal sur certains programmes gouvernementaux ». Il aurait alors cherché à alerter le président et aurait démissionné peu après cet échange :
Il a dit à Zelensky qu’ils en prenaient déjà vraiment trop, sous-entendant qu’ils insistaient pour obtenir des sommes très importantes. Zelensky a souri et a dit : « Bravo les gars. Bravo les gars. » Le ministre dit qu’il ne plaisantait pas, qu’il était vraiment content que ça se passe comme ça.
Pourquoi les députés ukrainiens se taisent-ils ?
Julia Mendel décrit un climat de terreur, marqué par la disparition de plusieurs opposants qu’elle soupçonne le régime de Zelensky d’avoir éliminés (45 : 42).
Tucker Carlson : Je suis étonné que davantage de membres du gouvernement de Zelensky ne se soient pas manifestés pour en parler en Occident, en anglais. Pourquoi ?
Julia Mendel : Parce que les gens ont peur.
Sur Netflix, il y a une série intitulée « Comment devenir un tyran. ». Je n’étais pas au courant, jusqu’à ce qu’un responsable gouvernemental vienne me voir et me dise : « J’ai regardé cette série, c’est ce qui se passe dans le pays ». […]
Tout le monde a peur. Zelensky n’a aucune limite. C’est ça le problème.
Je suis assise ici parce que je sais qu’il est en position de faiblesse aujourd’hui. Et je sais qu’il y a beaucoup de gens dans son gouvernement et dans sa hiérarchie qui veulent la paix. […]
Je suis assise ici parce que je veux la paix, moi aussi. Et ce type va avancer n’importe quelle condition. Il va changer de position sans cesse juste pour prolonger cette guerre et obtenir plus d’argent.
Il ne veut pas commettre un suicide politique. Mettre fin à la guerre, pour lui, c’est un suicide politique. […]
Donc, je suis assise ici avec cette conviction que s’il ordonne furieusement à ses collaborateurs de monter quelque chose contre moi, il y a peut-être, au sein de cette hiérarchie du pouvoir, des gens qui ne seront pas d’accord aujourd’hui. Mais il y a encore deux ans, ils auraient fait tout ce qu’il voulait. […]
Je mets tout en jeu. Je ne pourrai plus retourner en Ukraine après cette interview.
Je connais des gens qui reçoivent des menaces… Il y a un mois, il y a eu… euh… un banquier à Milan qui est tombé par la fenêtre. […] Les autorités italiennes mènent l’enquête.Mais il y a eu un type, une histoire à laquelle personne n’a prêté attention, qui est mort alors que Zelensky se rendait chez M. Biden en septembre 2023. Ce type était l’ancien gouverneur de ma région, la région de Kherson, d’où je suis originaire.
C’est très étrange qu’il soit mort dans un garage en se suicidant par empoisonnement.
J’ai parlé à un initié très bien placé au sein des services de sécurité, qui m’a dit que c’était une mort très étrange parce que ce type était en train de négocier avec les Russes.Les personnes qui travaillent pour Zelensky pensent donc que si elles le critiquaient, elles risqueraient d’être tuées ou emprisonnées.
Pourquoi les pays occidentaux veulent-ils que la guerre continue ?
Malgré ses efforts pour ne pas accabler les Occidentaux, l’ex-porte-parole confirme leur responsabilité vertigineuse dans la poursuite du conflit dont le compte à rebours aurait pu être enclenché il y a quelques mois si le prêt de 90 milliards n’avait pas été accordé. Elle confirme également qu’ils ont en réalité parfaitement conscience de l’ampleur de la corruption au sein du cercle présidentiel, sans pour autant s’interroger sur d’éventuelles complicités (1 h 3 min 32 s).
Je crois que certains gouvernements ont déjà donné tellement d’argent qu’ils ne peuvent plus faire machine arrière. Ils ne peuvent pas admettre qu’ils ont financé un dictateur, par peur pour leur cote de popularité et leur propre situation politique. Actuellement, certains Européens disent aux députés ukrainiens que l’Ukraine nuit à leur réputation à cause de la corruption. Les Ukrainiens les supplient : « Ouvrez les yeux ! Aidez-nous à arrêter cette guerre. Il ne s’agit pas de vos sondages, il s’agit de gens qui paient avec leur sang. »
Le problème reste selon elle le président ukrainien, que rien ne peut forcer à partir tant que son pays est en guerre et qui n’acceptera jamais la paix tant qu’il est à la tête du pays :
Julia Mendel : Bien sûr, mais cela semble impossible tant que Zelensky est là. La guerre ne s’arrêtera pas tant qu’il sera au pouvoir. Il a eu sept occasions de mettre fin à la guerre, et sa seule position a toujours été que la guerre doit continuer. Il n’est clairement pas l’homme qui peut l’arrêter.
Tucker Carlson : Alors, comment se débarrasser de Zelensky ?
Julia Mendel : C’est une bonne question, et je ne suis pas celle qui y répondra. Il n’y a pas d’élections. Nous sommes dans un piège juridique. La dernière fois qu’il envisageait des élections, il ne voulait pas lever la loi martiale et voulait organiser un scrutin en un seul tour pour pouvoir le contrôler. C’est ce que rapporte un média ukrainien très fiable, citant des sources de son entourage et du parlement.
Julia Mendel explique avoir décidé de sortir de son silence en faisant le pari que des voix s’élèveront si Volodymyr Zelensky décide d’organiser des représailles à son encontre. Moins de vingt-quatre heures plus tard, sa tête a été mise à prix. Elle figure désormais sur la liste des personnes à abattre recensées par le régime de Kiev et par la CIA, et publiée sur le site Myrotvorets, pour ses propos tenus lors de cette interview. Les faits qui lui sont reprochés sont :
