Premier domino

Équipe Le Point Critique | 03 mai 2026

COVID-19, les autorités fédérales américaines annoncent la première inculpation pour « complot »

Le bras droit d’Anthony Fauci a été inculpé le 16 avril pour conspiration contre les États-Unis en vertu de son rôle joué durant la pandémie de COVID-19. Les autorités fédérales l’accusent notamment d’avoir détruit et falsifié des documents officiels pour tenter de contrer l’hypothèse d’une fuite de laboratoire résultant potentiellement de travaux financés par Anthony Fauci, dont l’inculpation est massivement réclamée aujourd’hui.

David Morens lors de son audition par le Select Subcommittee on the Coronavirus Pandemic le 23 mai 2024.

Un jugement historique a été rendu le 16 avril aux États-Unis, avec l’inculpation par le ministère de la Justice (DOJ) de l’ancien conseiller principal d’Anthony Fauci au sein de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr David Morens, pour son rôle joué durant la pandémie de COVID-19. Cette décision n’a été annoncée officiellement que le 28 avril 2026, en même temps que l’arrestation de Morens suivie de sa libération le jour même, sans versement de caution. Sa mise en accusation formelle devrait avoir lieu dans les prochaines semaines. Ce n’est qu’à l’issue de cette audience que sera fixée la date du procès.

Celui qui fut le bras droit de l’architecte de la réponse pandémique aux États-Unis (et par capillarité dans le monde entier), est accusé par les autorités fédérales de cinq chefs d’accusation, correspondant à quatre crimes fédéraux, pour lesquelles il encourt une peine d’emprisonnement totale de 51 ans :

  • conspiration contre les États-Unis (5 ans de prison fédérale, 250 000 $ d’amende) ;
  • destruction, altération ou falsification de documents dans le cadre d’une enquête fédérale (20 ans de prison fédérale) ;
  • dissimulation, retrait ou mutilation de documents (3 ans de prison pour chaque chef) ;
  • aide et complicité (20 ans de prison pour les falsifications, 3 ans pour les dissimulations).

Vous pouvez consulter ici une traduction de l’acte d’accusation (réalisée par IA) :

Celui-ci présente de manière détaillée le complot, ses objectifs, ses modalités et ses moyens, en s’appuyant sur des échanges de mails accablants pour Anthony Fauci et son adjoint.

Le complot de Morens et Fauci contre le gouvernement américain

Le NIH a attribué en 2014 une subvention à l’organisation EcoHealth Alliance (Understanding the Risk of Bat Coronavirus Emergence, 1R01AI110964) visant à étudier les coronavirus présents chez les chauves-souris dans certaines régions, notamment en Chine, et à évaluer leur capacité à infecter des cellules humaines, leur transmissibilité et leur virulence. Le financement portait également sur la collecte d’échantillons sur le terrain ainsi que sur la réalisation d’analyses génétiques et d’expériences en laboratoire, notamment des expériences de « gain de fonction » consistant à créer un virus synthétique hautement pathogène pour « anticiper » les conséquences d’une épidémie si un tel virus émergeait spontanément dans la nature. La subvention, sous-traitée en partie à l’Institut de virologie de Wuhan (WIV) sous la direction dr Dr Shi Zhengli, a été résiliée le 19 avril 2020 en raison d’allégations selon lesquelles la pandémie de COVID-19 serait le fruit d’une expérience conduite au WIV.

Trois hommes, dont le Dr Morens, auraient utilisé des ressources fédérales pour restaurer cette subvention et contrer le narratif selon lequel le COVID-19 proviendrait d’une fuite de laboratoire (lab leak). Selon l’acte d’accusation, ils auraient « anticipé que leurs communications seraient demandées via des requêtes FOIA et [auraient] explicitement convenu, par écrit, d’utiliser le compte Gmail personnel de Morens (au lieu de son compte officiel NIH) pour cacher ces échanges à la vue du public et éviter leur divulgation. »

Le rôle présumé de Ralph Baric

Le document ne cite pas d’autres noms que celui du Dr Morens pour préserver l’enquête et la présomption d’innocence avant le procès, seul Morens étant officiellement poursuivi à ce stade, mais l’identité des acteurs de ce complot a été révélée par l’enquête du Congrès américain, notamment celles de la Sous-commission spéciale sur la pandémie, dont le rapport final a été publié le 2 décembre 2024.

Le « complice no 1 » est sous toute vraisemblance Peter Daszak, le président d’EcoHealth Alliance, désignée par la « société 1 ». Le « complice n2 » n’a en revanche pas été identifié publiquement. On sait simplement qu’il s’agit d’un scientifique ou d’un académique impliqué dans des subventions, et travaillant sur le campus de l’université de Caroline du Nord.

Un nom est bien évidemment sur toutes les lèvres, celui de Ralph Baric, le partenaire historique de Peter Daszak et le plus grand spécialiste au monde de la création de coronavirus :

Nous sommes tous d’accord pour vouloir garder hors de cela toute empreinte de toi, [North Carolina Scientist 1] et de tout collègue de la Company #1 ou de la subvention.

Anthony Fauci avait affirmé sous serment ne pas se souvenir de l’avoir rencontré le 18 septembre 2020. Pourtant, un email déclassifié en 2023 a révélé qu’il avait demandé à son assistant, le 1er février 2020, à le rencontrer en urgence concernant un article coécrit par Baric avec la scientifique en chef du WIV, Shi Zhengli.

On sait en réalité aujourd’hui qu’ils se connaissent depuis au moins 2003.

La Fondation Peter McCullough a publié en 2024 une synthèse de « la montagne de preuves » démontrant que Peter Daszak et Ralph Baric ont créé le SARS-CoV-2 et que cette création a été financée par le NIH d’Anthony Fauci. La preuve ultime a été divulguée en septembre 2021, avec la publication de la réponse d’EcoHealth Alliance, corédigée par Peter Daszak, Ralph Baric et Shi Zhengli, à l’appel d’offres de la DARPA pour le projet DEFUSE, en mai 2018. Leur réponse contenait « une proposition pour modifier génétiquement un coronavirus avec un site de clivage furine », qui a été retrouvé en 2020 dans le SARS-CoV-2.

Nouveaux éléments révélés par l’acte d’accusation

Le rôle joué par le Dr Morens a été largement exposé lors d’une audience sénatoriale en mai 2024 (l’audition peut être visionnée ici). En ce sens, l’acte d’accusation n’apporte pas de nouvelles informations sur le fond. Toutefois, il confirme et enrichit le récit concernant la dissimulation des origines de la pandémie en apportant certaines précisions, notamment :

  • la preuve d’un accord écrit entre les conspirateurs pour échanger hors des radars de la FOIA dès avril 2020 (§ 32) ;
  • des détails sur les gratifications illégales perçues par Morens (cadeaux, pots-de-vin, § 45 et 47 $, notamment le § 45, i, p. 11) ;
  • la révélation que ce complot s’est prolongé en 2021-2022, malgré les enquêtes en cours (45 $).

L’acte d’accusation confirme plus généralement que Morens a commis un parjure en 2024 lors de son audition, où il avait nié l’utilisation systématique de son compte Gmail dans le cadre d’affaires à caractère officiel et où il avait affirmé que ses communications avec Peter Daszak étaient principalement personnelles. Il avait également minimisé son rôle dans l’aide apportée à EcoHealth après la résiliation de la subvention, ce que contredit radicalement l’acte d’accusation.

Anthony Fauci sur la sellette 

Si le document ne démontre pas que le COVID est le fruit d’une expérience impliquant le WIV et les travaux conduits par EcoHealth Alliance dans le cadre de la subvention du NIH, il confirme le rôle crucial joué par Anthony Fauci dans le complot visant à contrer cette hypothèse. .

Le 11 mai 2021, il avait témoigné sous serment devant le Sénat américain (comité HELP), lors d’un échange épique avec le sénateur Rand Paul, au cours duquel il avait soutenu (1:13:37) que le NIH n’avait jamais financé d’expériences de gain de fonction (voir l’audience dans son intégralité). Il l’affirmait pourtant en 2020 dans un email déclassifié pour expliquer l’origine de l’hypothèse sur une fuite de laboratoire :

Les soupçons ont été renforcés par le fait que des scientifiques de l’université de Wuhan travaillaient sur des expériences de gain de fonction pour déterminer les mécanismes moléculaires associés à l’adaptation des virus de chauve-souris à l’infection humaine, et que l’épidémie a débuté à Wuhan.

Or le 11 mai 2026, ce parjure sera prescrit. C’est donc une course contre-la-montre qui se joue pour tenter de confondre Anthony Fauci, protégé aujourd’hui par une grâce préventive, couvrant l’année où a été accordée la toute première subvention du NIV à EcoHealth Alliance.

Ce totem d’immunité n’est toutefois que partiel, mais il ne pourra être levé que si Fauci soit effectivement inculpé. C’est le combat mené par le sénateur Rand Paul et soutenu par des millions de citoyens dans le monde.

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