Jusqu'au dernier Ukrainien

Équipe Le Point Critique | 15 avril 2026

Ukraine : Un nouvel échange de corps confirme que la dynamique du conflit est en faveur de la Russie

Le dernier échange de dépouilles de soldats russes et ukrainiens s’est soldé par un ratio de 1 000 corps contre 41 en défaveur de l’Ukraine, confirmant la supériorité militaire de l’armée russe et la dynamique du front.

Échange de corps de soldats entre la Russie et l'Ukraine, avril 2026

La Russie et l’Ukraine coopèrent depuis le début du conflit dans le cadre d’une opération humanitaire visant à se remettre mutuellement le corps des soldats tués au front. Ces rencontres, organisées sous l’égide de la Croix-Rouge internationale, se sont multipliées depuis les accords d’Istanbul en juin 2025.

Un nouvel échange de dépouilles de soldats russes et ukrainiens a eu lieu il y a quelques jours. Il s’agit du 3e organisé en 2026, le 17e a minima depuis 2025, la fréquence moyenne de ces opérations étant d’une restitution par mois. Il s’est concrétisé par la remise de 1 000 corps de soldats ukrainiens vs 41 dépouilles russes, ce qui représente un ratio de 1 : 25 en faveur des armées de la Fédération de Russie.

Les précédentes valeurs de ce ratio étaient globalement identiques, ce qui confirme qu’il s’agit d’une tendance lourde :

Si ce rapport, évalué en novembre dernier à 1 : 78 par le Kremlin depuis le début du conflit, n’a pas de prétention d’exhaustivité et qu’il ne signifie donc pas que Kiev perd 25 à 78 fois plus d’hommes que Moscou, il reflète néanmoins deux informations cruciales :

  • logique d’attrition : l’armée ukrainienne subit d’importantes pertes sur le front. C’est pour elle et non pour la Russie que le coût humain de la guerre est le plus élevé ;
  • dynamique territoriale : l’armée russe avance. C’est ce qui lui permet de récupérer les corps laissés par l’ennemi.

Une explication alternative serait que l’Ukraine ne prend pas la peine de récupérer les corps des soldats russes morts au combat ; elle en tuerait autant, mais les abandonnerait sur le champ de bataille. Or le rapatriement des corps est une obligation imposée à tout belligérant par le droit international humanitaire. La Convention de Genève dispose ainsi que les parties doivent prendre toutes les mesures possibles, après un engagement, pour rechercher et recueillir les morts, les protéger contre le pillage, constater le décès et établir l’identité des soldats.

Cette explication est de toute façon écartée par l’Ukraine qui dément activement ne pas chercher à récupérer et à restituer les dépouilles russes.

Face à une telle hémorragie, le chancelier allemand Friedrich Merz a confirmé ce lundi, lors d’une conférence de presse commune avec Volodymyr Zelensky, que l’Allemagne « coopérerait étroitement » avec l’Ukraine pour faciliter le retour de ses ressortissants qui ont trouvé refuge en Allemagne (et qui sont donc de fait des « objecteurs de conscience », protégés par le droit international), dont le chancelier estime qu’« il est important qu’ils soient là-bas et aident leur pays ». L’Allemagne est en effet le pays européen qui compte le plus de réfugiés ukrainiens, dont le nombre a explosé en septembre 2025, lorsque l’Ukraine a autorisé les hommes de moins de 22 ans à quitter le pays.

Il n’est pour autant pas question d’organiser des déportations massives ou des extraditions forcées de jeunes hommes, mais de faciliter le retour en le subventionnant et en réduisant progressivement les avantages sociaux accordés par l’Allemagne pour « encourager un retour volontaire ». Zelensky a insisté sur le fait que ces retours se feraient « sans coercition pour la plupart », mais ils visent particulièrement les hommes qui ont fui illégalement la mobilisation. Kiev veut renforcer le contrôle des frontières et la coopération avec les pays d’accueil (pas seulement l’Allemagne).

Selon la version officielle, cette demande n’émane pas de Volodymyr Zelensky, mais l’annonce du chancelier Merz a été faite en clôture d’une visite surprise à Berlin. Le président ukrainien est-il venu réclamer de nouvelles recrues destinées à alimenter le « broyeur », pour reprendre l’expression utilisée par un journaliste allemand qui a eu le courage de parler de l’horreur des rafles organisée à une échelle industrielle par les officiers des centres de recrutement ukrainiens ?

Volodymyr Zelensky a salué cette initiative en affirmant que la conscription des jeunes Ukrainiens qu’il estimait hier trop jeunes pour mourir au front est « une question d’équité » : « Nous avons des gens, des soldats en première ligne, qui ont besoin de rotations ».

Ceux qui ont fui l’horreur des rafles et qui seront arrêtés demain à la frontière pour gonfler artificiellement les effectifs de l’armée ukrainienne et justifier la prochaine enveloppe d’aide européenne savent pertinemment qu’il ne s’agit pas de rotations, mais d’un aller-simple pour l’enfer. La dernière alerte de l’Observatoire des droits de l’homme (Human Rights Watch) le confirme : ils seraient plus de 400 à mourir tous les mois par noyade ou sous les balles des soldats ukrainiens en tentant de franchir la frontière.

Existe-t-il une seule raison de penser que lorsque le dernier Ukrainien sera mot pour Zelensky, les Européens pourront échapper au même sort ?

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