Résistance

Équipe Le Point Critique | 05 avril 2026

Les Ukrainiens osent enfin se révolter contre l’horreur des rafles

Les médias ukrainiens rapportent l’assassinat en fin de semaine dernière d’un officier de recrutement à Lviv. Ce meurtre intervient alors que les rafles de civils se multiplient en Ukraine et que les familles savent aujourd’hui que leurs proches sont condamnés à une mort certaine dès lors qu’ils sont enrôlés par les milices de Kiev. Nous proposons un retour en images sur cette pratique barbare.

Agent de recrutement ukrainien

Iuliia Mendel, l’ancienne porte-parole de Volodymyr Zelensky, rapporte une scène inédite survenue le 2 avril en Ukraine, à Lviv, où un recruteur de l’armée a été assassiné sauvagement par des habitants. Cette séquence s’est produite alors que l’Ukraine a modifié fin mars sa politique de mobilisation, en renforçant les contrôles dans l’espace public et en s’appuyant sur des agents de recrutement en civil.

En Ukraine, la situation liée à la mobilisation forcée est devenue si grave qu’elle risque de déclencher un conflit proche de la guerre civile. Aujourd’hui, un officier impliqué dans la conscription coercitive a été tué : on lui a tranché la gorge. Alors que le pays s’enfonce de plus en plus dans le chaos et que la confiance envers le gouvernement s’est considérablement effritée, les gens prennent les choses en main, se considérant comme la seule force capable de protéger leur vie tant contre les agressions extérieures que contre les politiques intérieures. L’Ukraine aurait dû mettre en place des incitations financières à la mobilisation au lieu de franchir toutes les lignes rouges en matière de violations des droits de l’homme. La corruption a également contribué à démotiver la population à se battre.

Les rafles de civils se sont intensifiées en Ukraine depuis plusieurs mois alors que le pays est confronté à une pénurie de soldats et que les recruteurs peinent à atteindre leurs objectifs. Selon les estimations de l’OTAN rapportées fin février par The Times, Kiev aurait actuellement besoin de 250 000 hommes supplémentaires à aligner sur le front, soit l’équivalent de l’effectif mobilisé en 2025, pour espérer gagner la guerre ou inverser significativement son cours. Ces hommes seront inévitablement issus de la société civile. Selon le blog Events in Ukraine citantle chef de l’armée, Oleksandr Syrsky, 90 % des effectifs ukrainiens sont aujourd’hui des conscrits, et non des volontaires.

Ils sont recrutés dans la rue, où ils sont enlevés et placés de force dans un minibus, parfois avec le soutien de la police, puis acheminés vers un centre territorial de recrutement (TCC) et de soutien social pour y suivre une formation de quelques jours ou quelques semaines dans des conditions infernales, avant d’être envoyés sur le front vers une mort quasi certaine. Ceux qui en ont les moyens peuvent échapper à leur sort en s’acquittant d’un pot-de-vin. Selon la grille tarifaire communiquée par un membre du Parlement, ces sommes peuvent atteindre 3 000 à 7 000 $, voire 50 000 $ pour un « arrangement complet ».

Fin décembre 2025, le directeur du renseignement militaire promu chef de cabinet de Volodymyr Zelensky en janvier 2026, Kyrylo Budanov, avait affirmé lors d’une interview accordée à la chaîne ukrainienne Suspilne (Суспільне Новини) que les cas de mobilisation forcée violente par les TCC représentaient moins de 1 % du volume total des procédures de mobilisation, un chiffre très éloigné de celui cité par le média International Reporters qui estime à plus de 10 000 le nombre de captures hebdomadaires effectivement réalisées. La pratique, appelée « busificiation » par les Ukrainiens, est en effet non seulement barbare, mais elle est surtout contraire au droit international. Amnesty International rappelait en effet en 2024 que se déclarer objecteur de conscience est un droit fondamental.

En décembre 2023, un article du New York Times a décrit les méthodes coercitives des TCC, qu’il présente comme banales depuis que l’Ukraine est confrontée à des pertes massives : arrêts d’hommes dans la rue, aux checkpoints ou sur leur lieu de travail, confiscation de passeports, mobilisations abusives et sous la contrainte, ciblant y compris des personnes inaptes ou handicapées, sur fond de corruption.

Alors que l’armée ukrainienne est confrontée à des morts de plus en plus nombreux et à une impasse sur le champ de bataille, les recruteurs de l’armée sont devenus de plus en plus agressifs dans leurs efforts pour reconstituer les rangs, tirant dans certains cas les hommes de la rue et les emmenant dans des centres de recrutement utilisant l’intimidation et même la force physique.
Les recruteurs ont confisqué des passeports, emmené des personnes de leur emploi et, dans au moins une affaire, tenté d’envoyer une personne handicapée mentale à une formation militaire, selon des avocats, des militants et des hommes ukrainiens qui ont fait l’objet de tactiques coercitives. Des vidéos de soldats poussant des gens dans des voitures et tenant les hommes contre leur gré dans des centres de recrutement font surface avec une fréquence croissante sur les médias sociaux et dans les reportages locaux.
Les tactiques sévères visent non seulement les suiveurs, mais aussi les hommes qui seraient habituellement exemptés de service – un signe des défis abrupts auxquels l’armée ukrainienne fait face pour maintenir les niveaux de troupes dans une guerre avec des pertes élevées et contre un ennemi beaucoup plus grand.

Events in Ukraine a documenté de nombreux cas au début du mois de mars. Les scènes pullulent sur les réseaux sociaux, montrant des épouses, des parents ou des enfants assistant impuissants à l’enlèvement de leur proche : un homme enlevé sur son lieu de travail, un autre extrait de force de son véhicule, un autre, encore, enlevé dans un couloir d’immeuble, gisant dans son sang, ou raflé à son domicile et évacué à moitié nu.

Voici une compilation des scènes les plus déchirantes que nous avons visionnées. Regardez ces images, projetez-vous à la place de ces Ukrainiens et demandez-vous quelle peut être la logique vertueuse consistant à détourner les ressources des citoyens européens vers l’administration qui impose ces méthodes barbares pour tenter de prolonger une guerre perdue d’avance :

Un couple affolé tentant de se réfugier dans un hall d’immeuble :

Une femme effondrée, au sol, dans la rue après la capture de son mari :

Un enfant en pleurs assistant à l’enlèvement de son père :

Un homme dans le coma après avoir été brutalisé par les milices du TCC :

Une femme enceinte traînée sur plusieurs mètres par un véhicule emmenant son mari :

Un livreur kidnappé pendant son service :

Les membres des groupes néonazis ne sont en revanche pas enrôlés, ils continuent d’organiser des marches au flambeau en toute impunité :

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