Folie pure

Équipe Le Point Critique | 01 avril 2026

À l’aube de la crise énergétique la plus grave de l’histoire, l’Ukraine continue à bombarder des sites énergétiques russes

Alors que le prix du baril de pétrole est annoncé à plus de 200 $ et que l’offre mondiale s’écroule, l’Ukraine tente d’entraîner le monde dans sa chute en pilonnant les infrastructures énergétiques russes, avec la bénédiction de ses alliés européens.

Attaque du port d'Oust-Louga (mer Baltique, région de Leningrad)), 31 mars 2026.

L’Ukraine a frappé à nouveau, hier, le port d’Oust-Louga port situé dans le golfe de Finlande en mer Baltique, dans la région de Leningrad, à environ 1 000 kilomètres de la frontière russo-ukrainienne. Il s’agit de la cinquième attaque en dix jours perpétrée contre ce port russe stratégique – le plus grand de la mer Baltique – pour les exportations de produits pétroliers mais également de charbon, de minerais ou d’engrais. Selon United Media, ces frappes en profondeur, qui se sont intensifiées depuis le début du mois de mars, en particulier les sept derniers jours, auraient entraîné une perturbation massive des exportations pétrolières de la Fédération de Russie, évaluées à environ 30 %. Reuters évoquait il y a quelques jours un impact économique encore plus important, estimé à environ 40 % des capacités des exportations d’hydrocarbures russes.

Derrière cette bataille de chiffres, dont il n’est pas exclu qu’ils soient surestimés, l’irresponsabilité de l’Ukraine est profondément inquiétante dans le contexte actuel compte tenu de la gravité de la crise énergétique mondiale et des répercussions que ses bombardements auront inévitablement sur les cours de l’énergie. Le directeur de l’agence internationale de l’énergie (AIE) a en effet estimé aujourd’hui que « la perte de pétrole en avril sera deux fois supérieure à celle de mars », ce qui selon lui entraînera une « catastrophe économique pire que les crises de 1973, 1979 et 2022 réunies ».

La stratégie de l’Ukraine s’apparente en ce sens à une prise en otage de l’ensemble de la planète, et en premier lieu de ses alliés européens, auxquels la Russie a tendu la main le 9 mars en répétant qu’elle était disposée à les approvisionner en pétrole s’ils le souhaitaient. Elle l’a retirée il y a quelques jours en annonçant la suspension de ses exportations d’essence face à l’évolution du contexte mondial, mais également au refus de Bruxelles et de certains États membres d’infléchir leur politique de bannissement des hydrocarbures russes. La position de la France est sur ce point d’un nihilisme remarquable, Emmanuel Macron ayant estimé les 11 et 13 mars, soit plus de jours après le blocus du détroit d’Ormuz, que le conflit au Moyen-Orient était au contraire une raison supplémentaire pour intensifier la politique européenne de sanctions à l’encontre de la Russie :

Rien ne nous détournera de l’Ukraine. Aujourd’hui, la Russie croit peut-être que la guerre en Iran va lui offrir un répit. Elle se trompe. Le contexte de montée des prix du cours du pétrole ne doit en aucun cas amener à revoir notre politique de sanctions à l’égard de la Russie, c’est la position que le G7 a tenue.

https://www.lapresse.ca/international/europe/2026-03-13/la-guerre-au-moyen-orient-n-offrira-pas-de-repit-a-la-russie-promet-macron.php

Le diable n’aurait pas dit mieux.

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