Fantasme diplomatique
Le plan en 15 points des États-Unis pour mettre fin au conflit en Iran
Un média israélien dévoile les contours de l’accord-cadre en 15 points, soumis par Washington à Téhéran. Ce document est supposé être au cœur des négociations évoquées par Donald Trump pour justifier le report du terme de l’ultimatum fixé à l’Iran en fin de semaine pour la réouverture du détroit d’Ormuz.

La chaîne israélienne Channel 12 News rapporte ce soir que les négociations menées par les émissaires de la Maison-Blanche, Jared Kushner et Steve Witkoff, avec les autorités iraniennes auraient permis d’aboutir à un document en 15 points préfigurant un futur accord-cadre en vue d’une résolution du conflit au Moyen-Orient. Selon un analyste australien, Shanaka Anslem Perera, il aurait été transmis à l’Iran via des intermédiaires pakistanais.
Selon des sources concordantes, les États-feraient pression pour obtenir un cessez-le-feu d’un mois afin de permettre aux parties en présence de discuter des termes de cet accord. Channel 12 News ne cache pas ses réserves sur les chances de rallier Téhéran aux conditions américaines, qui incluent notamment un encadrement drastique du programme nucléaire et balistique iranien, avec une restriction des activités à des fins pacifiques ou défensives et une mise sous tutelle de l’administration américaine pour le volet civil du programme, moyennant la levée définitive des sanctions commerciale imposées à l’Iran.
Les 12 premiers points de l’accord concernent détaillent les garanties apportées aux les États-Unis, les trois derniers concernent la contre-partie iranienne de ces concessions :
- Le démantèlement des capacités nucléaires existantes déjà accumulées par l’Iran.
- L’engagement que l’Iran ne cherchera jamais à se doter d’armes nucléaires
- L’arrêt de l’expansion des capacités d’enrichissement.
- La livraison de l’ensemble du matériel enrichi à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un calendrier à venir à définir entre les parties.
- La désaffection et la destruction des sites de Natanz, Ispahan et Fordow.
- L’accès de l’AIEA à toutes les informations concernant les activités sur le territoire iranien.
- L’abandon par l’Iran du « paradigme des proxies », via des accords régionaux et de sécurité plus larges.
- L’arrêt effectif du financement et de l’armement des groupes armés de la région.
- La réouverture du détroit d’Ormuz.
- La création d’une zone maritime libre, avec la garantie que personne ne bloquera le trafic.
- Le report du programme de missiles à un stade ultérieur, avec des limites en termes de quantité et de portée.
- À terme, leur limitation à des fins de légitime défense.
- La levée de toutes les sanctions imposées à l’Iran.
- L’assistance américaine au développement d’un programme nucléaire covil (production d’électricité) à Bushehr.
- La garantie d’une non-réimposition des sanctions.
Channel 12 explique qu’« il est très douteux, pour ne pas dire qu’il n’y a aucune chance que les Iraniens acceptent de telles clauses », mais redoute sur ce principe que les négociations en cours ne soient qu’un coup d’épée dans l’eau, avec le risque que l’escalade du conflit se poursuive. L’alternative, également redoutée par Israël, est celle d’un accord général, renvoyant aux calendes grecques le règlement des détails, autrement dit, une sorte de statu quo qui signerait l’échec de l’administration Trump et donc la victoire de l’Iran.
Donald Trump assure que les responsables iraniens « souhaitent ardemment un accord », et donc probablement un cessez-le-feu, alors même qu’il en a lui-même convenu récemment : aucun pays ne demande une trêve lorsque le rapport de force sur le terrain est en sa faveur. En outre, celle des États-Unis intervient à un moment critique, la marine israélienne ayant éliminé ce mardi au Liban Mohammad Ali Qourani, un cadre du corps des Gardiens de la Révolution. Si le contenu de cet accord laisse perplexe quant à ses chances d’être signé par l’Iran tant il semble déséquilibré, son calendrier n’incite pas à penser qu’un tel miracle aura lieu.
