Il était une fois Hippocrate

Équipe Le Point Critique | 22 mars 2026

« Euthanasiste, un métier d’avenir ! », la tribune parodique du Point met les points sur les i

Le magazine Le Point publie une tribune parodique encourageant les jeunes médecins à devenir euthanasistes. Redoutablement efficace.

Hippocrate, médecin grec considéré comme le père de la médecine
© iStock/Ramann

À la veille de la probable adoption de la loi sur la fin de vie qui consacre l’euthanasie comme un nouveau droit que pourront solliciter demain des millions de patients, dont les personnes diabétiques, hypertendues, insuffisantes respiratoires, dépressives, autistes, schizophrènes, ou encore les patients sous tutelle, sans même que leur consentement écrit ne soit nécessaire, Le Point publie la tribune d’un professeur de médecine, ancien chef du département d’Oncologie et de Radiothérapie de l’Institut Curie.

Il faut lire le texte jusqu’au bout pour comprendre qu’il s’agit d’une tribune parodique, incitant les jeunes médecins à embrasser cette nouvelle spécialité médicale en forme d’oxymore, et à devenir euthanasiste. Toutefois, le seul indice d’une telle démarche est le nom de l’auteur, la tribune étant signée par un certain Dr Cyprien Tumoivitt (à prononcer à voix haute), président de la Société française d’euthanasie et de suicide assistée (SFESA), qui n’existe pas encore à ce jour.

Jeunes médecins, vous qui hésitez encore pour choisir votre spécialité, ne tergiversez plus ! La nouvelle loi sur la fin de vie en passe d’être adoptée vous offre une opportunité unique : devenez euthanasistes !

Les arguments mis en avant pour séduire de futurs médecins sont donc à lire en creux comme une critique acerbe du projet de loi sur la fin de vie, dont nous avons exposé les ressorts macabres et l’immoralité dans une série d’articles (encadré Boîte noire en fin d’article), qui permettront à ceux qui n’ont pas suivi les débats de comprendre l’ampleur du mensonge commis par les défenseurs de ce texte.

  1. Un recrutement de patients inépuisable, si l’on en croit la logique exprimée dans la pièce Knock ou le Triomphe de la médecine, où le personnage principal est un criminel reconverti en médecin, dont le fonds de commerce consiste à manipuler des villageois afin de les convaincre qu’ils ne sont pas aussi bien portants qu’ils ne le pensent.
  2. Une formation rapide et dénuée de complexité, pour laquelle aucun diplôme n’est exigé : « Tous vos collègues médecins blanchis sous le harnais vous confirmeront qu’il est de loin beaucoup plus facile de tuer un patient que de le soulager et a fortiori de le guérir d’une pathologie plus ou moins sévère. » Les médecins qui se disent aujourd’hui indignés par ce projet de loi dénoncent en effet une défaite ou un renoncement face au défi de vouloir soigner et soulager jusqu’au bout les patients plutôt que d’abréger leur existence, en leur proposant de surcroît une mort inconfortable et douloureuse.
  3. Une concurrence limitée : « Nombreux sont vos collègues qui restent tétanisés par un serment d’Hippocrate que la nouvelle loi va devoir faire modifier. » Précisons qu’Agnès Pannier Runacher avait tenté d’objecter à ces mêmes médecins que le serment d’Hippocrate, par lequel ils s’engagent à « ne jamais provoquer la mort délibérément », pouvait aussi être « lu comme en faveur de cette loi ».
  4. Des sponsors particulièrement actifs, notamment l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, dont le rapporteur de la proposition de loi, Olivier Falorni, a été choisi comme invité d’honneur, et dont l’un des membres actifs, le Pr Touraine, ancien député macroniste, a expliqué de manière particulièrement crue, les ambitions du lobby qui se cache derrière ce texte. Le texte confère officiellement à l’association l’autorité pour poursuivre demain les proches, les religieux et les médecins qui auraient tenté de convaincre un patient de choisir la vie ou des soins palliatifs.
  5. Un soutien psychologique, le Professeur Jean-Marc Cosset évoquant le ressenti supposé des médecins belges qui pratiquent depuis plusieurs années des euthanasies, selon lesquels : « Au début cela empêche de dormir, mais après on s’habitue. »
  6. Une rentabilité assurée. L’un des points les plus choquants du « débat sur la fin de vie », fut le rejet de la proposition d’amendement visant à « interdire la création de structures à visée lucrative organisant la fin de vie ».

Merci au Point pour cette tribune d’une redoutable efficacité.

Retrouvez nos précédents articles concernant la loi sur la fin de vie

Février 2026. Loi sur la fin de vie, autopsie d’une manipulation. https://lepointcritique.fr/2026/02/24/loi-fin-vie-autopsie-manipulation/

Février 2026. Loi sur la fin de vie, vers un « marché de la mort » ?. https://lepointcritique.fr/2026/02/22/loi-fin-vie-vers-marche-mort/

Mai 2025. Loi sur la fin de vie, un sinistre retour de l’histoire ?. https://lepointcritique.fr/2025/05/30/loi-fin-de-vie-sinistre-retour-histoire/

Mai 2025. Loi sur la fin de vie, les 33 amendements les plus choquants. https://lepointcritique.fr/2025/05/04/loi-fin-vie-33-amendements-les-plus-choquants/

Mai 2025. Loi sur la fin de vie, solution finale au vieillissement de la population ? https://lepointcritique.fr/2025/05/03/loi-fin-de-vie-solution-finale-vieillissement-population/

Mai 2025. Le projet de loi sur la fin de vie pulvérise le tabou de l’euthanasie.  https://lepointcritique.fr/2024/05/25/projet-loi-fin-vie-fait-voler-eclats-tabou-euthanasie/

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