Le voir pour le croire
« Heil Hitler » : quand le ministère de la Défense ukrainien arbore le slogan du parti nazi américain sur ses véhicules
Un fourgon du ministère de la Défense ukrainien filmé arborant une plaque d’immatriculation qui reproduit une phrase codée nazie accompagnée du salut hitlérien.

Un véhicule identifié comme appartenant au ministère ukrainien de la Défense a été filmé il y a quelques jours sur une autoroute. Le journaliste ukrainien Anatolij Shari qui rapporte cette information explique que les plaques ukrainiennes appartenant aux forces armées sont caractérisées par leur fond noir, ce que confirme l’IA Gork :
Pour les véhicules gouvernementaux (appartenant à l’État) et les forces de l’ordre/agences étatiques (police, services spéciaux, etc.), les plaques ont généralement un fond bleu avec des caractères (lettres et chiffres) blancs.
C’est le cas pour la majorité des véhicules de l’administration publique, du gouvernement central, des ministères, etc., ainsi que pour la police nationale. Ces plaques suivent souvent le même format de codage régional (deux lettres pour la région + 4 chiffres + deux lettres) que les plaques civiles classiques.
À noter les distinctions importantes : les véhicules militaires (Forces armées ukrainiennes) utilisent des plaques à fond noir avec caractères blancs.
Celle filmée en Ukraine il y a quelques jours pose un énorme problème puisqu’on peut y lire distinctement l’inscription suivante : « 1488 CC », qui se prononce 1488 SS, le S n’existant pas dans l’alphabet cyrillique.
Ces 6 caractères ont une signification bien établie, répertoriée par la Licra dans son Guide d’identification des symboles racistes, néonazis ou ultranationalistes. Les deux premiers chiffres font référence aux 14 mots du slogan du parti nazi américain, qui en revendique la paternité sur son site internet. Le site propose notamment le téléchargement de Mein Kampf :
We must secure the existence of our people and a future for white children (Nous devons protéger l’existence de notre peuple et le futur des enfants blancs).
https://www.americannaziparty.com/
Les deux derniers renvoient à l’acclamation nazie Heil Hitler!, le H étant la 8e lettre de l’alphabet.
Doit-on être surpris ? Oui et non. Oui, car il paraît inconcevable que le ministère de la Défense d’un pays sur le point de devenir un État membre de l’Union européenne (et donc souscrire à ses « valeurs »), que l’Allemagne supporte activement puisqu’elle va lui confier la formation de ses soldats arbore une formule nazie sur sa plaque d’immatriculation.
Non, car aucun pays de l’UE n’a remis en cause le soutien militaire et financier qu’il apporte au régime de Kiev, dont le président Zelensky serait l’héritier et le représentant des valeurs, malgré les innombrables preuves accumulées depuis le début de la guerre, que l’Ukraine n’a jamais rompu avec ses racines nazies. Nous l’avons souligné dans un précédent article consacré à l’une des interviews de combattants du régiment néonazi Azov par LCI et dans un second plus récent, sur la nomination de Kyrylo Budanov à la tête de l’administration présidentielle ukrainienne par Volodomyr Zelensky.
Un exemple remarquable de cette cécité est l’absence de réaction suscitée en juillet dernier par une vidéo dans laquelle on peut voir un commandant de l’armée ukrainienne arborant l’écusson « 1488 ». L’IA Grok a commenté cette publication en relativisant l’influence des groupes néonazis en Ukraine, mais en se basant, comme l’ensemble des chancelleries occidentales, sur les rapports de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), fondé par l’ex-secrétaire d’État Victoria Nuland, épouse de l’influent historien néoconservateur Kagan, et qui joua un rôle déterminant dans le coup d’État fasciste de Maïdan en 2014 :
Des groupes d’extrême droite comme Azov existent, mais ils sont marginaux : ils n’ont aucun siège au Parlement et leur influence est minime. La propagande russe exagère cette situation pour justifier l’agression, comme le confirment les analyses de 2025 de l’ISW et de Freedom House. Le fait que le président ukrainien soit juif et le faible soutien électoral à l’extrême droite (moins de 3 %) le confirment.
La publication du tweet d’Anatolij Shari a suscité de nombreux commentaires sur X, qui ont mis au jour la banalité de ces plaques en Ukraine, dont chacune d’elles a dû être approuvée par les autorités. Peut-on croire un instant, sur ce principe, qu’il s’agit d’un phénomène marginal ?
De nombreuses sources permettent de comprendre comment l’Occident n’a pas simplement blanchi le bataillon néonazi Azov, devenu aujourd’hui le symbole du courage et de la résistance ukrainienne, mais a choisi de fermer les yeux sur l’enracinement de cette idéologie au plus haut sommet de l’état ukrainien, au point de faire du président Zelensky une réincarnation de Churchill et de De Gaulle.
Parmi les plus documentées, nous renvoyons le lecteur à ces deux blogs, Azzov lobby blog (dont les articles « Les experts nous ont menti » et la chronique plusieurs parties « Comment nous avons appris à ne plus nous inquiéter et à aimer les nazis ») et Bandera lobby blog, ainsi qu’au compte X de leur auteur (@mossrobeson__) et à un fil de discussion publié sur X qui expose les insignes nazis utilisés par des combattants ukrainiens.
Nous invitons chacun à évaluer par lui-même ce que signifie ce revirement des institutions et des gouvernements occidentaux, qui ont aujourd’hui à leur tête des descendants d’anciens dignitaires nazis : le chancelier allemand Mertz, l’ex-ministre ministre allemande des Affaires étrangères, aujourd’hui présidente de l’Assemblée générale des Nations unies, Annalena Baerbock, l’ex-ministre de l’Économie canadienne, Chrystia Freeland, nommée nouvelle conseillère au développement économique par Volodymyr Zelensky début janvier, ou encore la nouvelle patronne du MI6 anglais.
Ce revirement n’est pas encore assumé, mais peut-on affirmer qu’il le sera demain ? En mai 2024, Boris Johnson a rendu un vibrant hommage aux militants d’Azov, à propos desquels il a déclaré :
Nous ne devons pas croire un seul mot de la propagande de Poutine sur la brigade Azov. Ce sont des des soldats galants et des héros sur lesquels nous comptons entièrement.
https://azovlobby.substack.com/p/the-experts-lied-to-us
Le retour à la réalité sera cruel. En attendant, je ne suis pas sûre que l’Ukraine ait besoin de la Russie pour démontrer qu’elle est une éponge imbibée d’idéologie nazie. En février dernier, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, elle était représentée par Mykola Zinkevich, un jeune commandant du 3e corps d’armée du mouvement Azov. Moss Robeson précise : « Il portait autrefois un écusson de la brigade Waffen-SS Dirlewanger, les insignes de son ancienne unité. Il est associé à la “jeunesse galicienne” azovite de Lviv, qui glorifie la division Waffen-SS Galicia. »
