État terroriste

Équipe Le Point Critique | 12 mars 2026

« Nous savons où il vit » : nouvelles menaces de mort contre Viktor Orbán et sa famille

Une semaine après le dérapage verbal de Volodymyr Zelensky, le directeur de cabinet de Viktor Orbán alerte sur de nouvelles menaces de mort explicites, ciblant non seulement le chef du gouvernement hongrois, mais l’ensemble de sa famille.

Hryhoriy Omelchenko

Les propos tenus le 5 mars par Volodymyr Zelensky à l’encontre du Premier ministre hongrois (envoyer des hommes en armes à son domicile s’il persiste à bloquer le nouveau prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine) n’ont été dénoncés par aucun leader politique européen, hormis le Premier ministre slovaque et le vice-Premier ministre italien. Ils ont été tournés en dérision hier par l’eurodéputée Nathalie Loiseau (groupe Renew), qui accuse Viktor Orbán de chercher à exploiter cette séquence en raison d’un contexte électoral défavorable. On suppose a minima que ni Nathalie Loiseau ni Emmanuel Macron ne considèrent les propos de Volodymyr Zelensky comme des menaces de mort.

Le projet d’élimination de Viktor Orbán

C’est pourtant bien de cela qu’il s’agit si l’on en croit les déclarations de Hryhoriy Omelchenko, ancien député de la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien), ex-directeur des services de sécurité ukrainiens et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de 2006 à 2010.

Dans une interview en ligne accordée à la chaîne Pryamy TV, il affirme que des « escadrons de la mort » ukrainiens connaissent déjà l’adresse du Premier ministre hongrois et de sa famille, les lieux et les personnes qu’ils fréquentent, ses habitudes de vie, suggérant qu’il fait déjà l’objet d’une surveillance, voire qu’il a d’ores et déjà été identifié comme une cible à abattre. Il menace explicitement le chef du gouvernement d’attenter à sa vie ou à celle de ses enfants ou de ses petits-enfants :

Je vais vous dire une chose, Alexandre, et ces mots s’adressent également à Zelensky : Monsieur Zelensky, nous n’avons pas besoin de l’adresse d’Orbán. Nous savons où il vit, où il passe ses nuits, où il boit de la bière, du vin, fume, fume le narguilé, où il se promène, même avec qui il se rencontre, etc.
Par conséquent, si Orbán ne change pas sa position anti-ukrainienne à l’égard de l’Ukraine et continue d’être complice des crimes de guerre de Poutine, qu’il se souvienne que la Karma ne pardonne jamais aucun crime. Personne ne peut échapper à la Karma. Vous ne pouvez pas courir ou vous cacher de la Karma ni l’acheter avec des milliards. […]
Vous savez, il se trouve qu’en 2024, un jour et demi avant l’opération militaire des États-Unis contre l’Iran, j’ai prévenu Haniyeh de ce qui l’attendait, lui, sa famille et ses proches. Et cela s’est produit car vous savez que, comme on dit, tout est dans la volonté de Dieu. Qu’Orbán pense à ses cinq enfants et à ses six petits-enfants.

L’interview complète peut-être retrouvée ici : https://youtu.be/gIbiGbDi4ss?t=2318.

Karma fait ici référence non pas au « destin », mais à une organisation paramilitaire officieuse composée d’officiers, qui s’est donné pour mission d’identifier et d’éliminer les agents russes – une punition karmique en quelque sorte. Omelchenko en a parlé à de nombreuses reprises sur sa chaîne YouTube, comme dans cette séquence :

Les membres de notre organisation sont présents dans presque toutes les formations militaires, les services spéciaux, de renseignement et de contre-espionnage militaire et général, dans le cadre de la défense territoriale. Beaucoup d’entre eux servent dans les unités de combat au sein des forces spéciales de la direction générale des renseignements (GRU) et dans les services de sécurité ukrainiens. Ils sont nos invisibles, nos fantômes, nos oreilles et nos yeux qui nous aident à détecter les agents des services spéciaux russes, les collaborateurs, les agents. […]
Depuis juillet 2022, nous avons réussi à identifier et à arrêter plus de 3 000 agents des services spéciaux russes. Vous entendez, plus de 3 000 ! L’agence est présente dans les domaines d’activité les plus divers des forces armées ukrainiennes, et compte parmi ses membres des officiers supérieurs de haut rang, des commandants, des lieutenants-colonels et des capitaines.

La jubilation palpable de l’Élysée

Emmanuel Macron s’est exprimé aujourd’hui à l’issue d’une réunion du G7 sur les conséquences énergétiques de la guerre en Iran, qui sont précisément au cœur de l’affrontement entre Zelensky et Orbán. Le Premier ministre hongrois a en effet toujours assuré qu’il donnerait son accord pour le prêt européen si Kiev rouvrait le pipeline, qu’il assume aujourd’hui bloquer pour des raisons strictement politiques (en violation de ses obligations au regard du droit international et de ses engagements dans le cadre d’une future adhésion à l’UE), créant délibérément une situation économiquement intenable pour la Hongrie. Dans le contexte d’une flambée des cours du pétrole, la réouverture du pipeline est désormais une question de survie pour Budapest, ce que Zelensky sait pertinemment.

Le chef de l’État n’a évoqué ni ce chantage, qui constitue pourtant une agression à l’encontre d’un État membre de l’UE et de l’OTAN, ni les menaces de mort contre Viktor Orbán, qui a pris témoin la nation en diffusant un appel passé à ses enfants, où on le voit très affecté. Il n’a fait non plus mention de la saisie à Budapest la semaine dernière de millions de dollars en espèces et en or, convoyés clandestinement sous escorte du SBU par un groupe d’anciens militaires liés au parti d’opposition hongrois, dont on peut se demander aujourd’hui s’ils n’ont pas vocation à financer cette armée de l’ombre au service du président Zelensky, dont la France ne peut pas ignorer l’existence.

Emmanuel Macron s’est contenté d’acter le coup de force de Bruxelles, qui a confié aujourd’hui à Politico que le prêt serait mis en œuvre malgré le veto de la Hongrie et potentiellement de la Slovaquie, c’est-à-dire en violation des traités qui exigent actuellement l’unanimité des voix des États membres :

Tout ceci, évidemment, ne détourne pas l’Europe de l’Ukraine.
Vous étiez il y a quelques jours à peine aux côtés du président Zelensky.
J’ai pu m’entretenir avec lui ces derniers jours, mais nous voulons ici réaffirmer notre soutien indéfectible à l’Ukraine, à sa souveraineté, notre détermination à veiller à ce que ses intérêts, comme ceux de l’Europe, soient pris en compte et préservés. […]
La priorité est maintenant de mettre en œuvre sans délai les 90 milliards d’euros de prêts à l’Ukraine que nous avons décidée au Conseil européen de décembre.

Ne pas dénoncer des menaces d’une telle gravité revient à les cautionner et les encourager de manière parfaitement irresponsable. Rappelons que c’est ironiquement au nom du droit que l’Europe a décidé de voler jusqu’au dernier centime les citoyens européens pour maintenir au forceps la tête de l’Ukraine hors de l’eau. Lorsque le droit prétend être garanti par une mafia, la solution la plus honnête est effectivement de le supprimer. Bienvenue dans la Neue Europa !

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