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Équipe Le Point Critique | 25 janvier 2026

Le retrait des États-Unis de l’OMS relance le débat autour de la responsabilité de l’Organisation dans la pandémie de COVID-19

Jeudi 22 janvier, les États-Unis d’Amérique se sont définitivement retirés de l’Organisation mondiale de la santé, un an jour pour jour après la promulgation du décret présidentiel d’exécution, signé le jour de l’intronisation de Donald Trump. Ce retrait signifie qu’ils ne sont plus assujettis aux consignes de l’Organisation, qu’ils accusent d’avoir censuré des informations vitales au début de la pandémie de COVID-19, et qu’ils ne contribueront plus à son financement.

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© iStock/Diegograndi

Le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr et le Secrétaire d’État, Marco Rubio ont publié vendredi une déclaration conjointe dans laquelle ils expliquent les raisons de ce départ, enclenché le 20 janvier 2025, au premier rang desquelles la corruption de l’Organisation, qu’ils accusent d’avoir « entravé le partage rapide et précis d’informations cruciales qui auraient pu sauver des vies américaines ». Le site du ministère américain de la Santé en détaille les implications concrètes, et précise que « Les États-Unis continueront d’assurer une détection et une réponse rapides aux épidémies de maladies infectieuses, de renforcer la coordination mondiale de la biosécurité et de stimuler l’innovation en santé ». Le retrait met en revanche un terme à leur adhésion, à la participation à la gouvernance et aux contributions de financement de l’Organisation.

Le directeur général de l’OMS a réagi hier à la déclaration de Robert F. Kennedy et de Marco Rubio en affirmant que les raisons invoquées étaient « fausses » et que cette décision compromettrait « la sécurité des États-Unis et du monde entier », mais s’en s’appesantir sur l’argument de fond, qui concerne en premier lieu la réponse pandémique.

Le communiqué fait implicitement référence au rôle central joué par l’actuel conseiller scientifique en chef de l’OMS, Sir Jeremy Farrar, pour dissimuler l’origine artificielle de la pandémie de COVID-19 dont on suppose aujourd’hui qu’elle est issue d’une expérience de laboratoire. La seule question qui fasse encore « officiellement* » débat en 2025 est de savoir s’il s’agissait d’une fuite accidentelle ou d’une libération intentionnelle.

En janvier 2025, le Congrès américain a établi que les recherches conduites par EcoHealth Alliance et subventionnées par le NIH, dirigés respectivement par le zoologue Peter Daszak et le Dr Anthony Fauci, avaient joué un rôle clé dans la conception du SARS-CoV-2 à l’origine du COVID-19. En mai dernier, l’association US Right to Know a obtenu la déclassification du procès-verbal d’une réunion organisée le 6 février 2019 par le Comité de biosécurité de l’université de Caroline du Nord (UCN) à Chapel Hill, dont le Pr Jeffrey Sachs, qui a présidé la Lancet COVID-19 Commission chargée d’enquêter sur les origines du SARS-CoV-2. estime qu’« Il y a 99 % de chances que le virus du COVID [y] ait été conçu ».

Le document décrit une expérience (56 023) proposée à l’UCN par le Pr Ralph Baric, partenaire historique de Peter Daszak, dont il était l’associé dans le cadre du projet DEFUSE, un appel d’offres lancé par l’Agence américaine des projets de défense avancée (DARPA) auquel EcoHealth Alliance a répondu en mars 2018 par une proposition contenant un élément considéré comme le modèle du SARS-CoV-2. Selon le Dr Meryl Nass, experte en bioterrorisme, formée au MIT, il existe un faisceau de preuves suggérant que l’expérience 56023 pourrait être à l’origine de la pandémie.

La publication du génome du SARS-CoV-2, fin janvier 2020, a révélé la présence d’une séquence, dont on sait aujourd’hui qu’elle a été brevetée par le PDG de Moderna en 2016, et qui a été jugée à l’époque« incompatible avec les attentes de la théorie de l’évolution ». Un chercheur subventionné par le NIH, le Pr Kristian G. Andersen, a immédiatement alerté Anthony Fauci comme l’ont révélé des e-mails déclassifiés en janvier 2023, en particulier un échange entre Fauci et Jeremy Farrar, daté du 1er février 2020, dans lequel le directeur du NIH estime que l’information nécessite d’être relatée de toute urgence aux services de renseignements américain et anglais :

J’ai dit [à Andersen] que dès que possible lui et Eddie Holmes devraient réunir un groupe de biologistes évolutionnistes pour examiner attentivement les données afin de déterminer si ses préoccupations sont validées. Il devrait le faire très rapidement et si tout le monde est d’accord avec cette préoccupation, ils devraient le signaler aux autorités compétentes. J’imagine qu’aux États-Unis, ce serait le FBI et qu’au Royaume-Uni, ce serait le MI5.

Tobias J. Des e-mails non expurgés du NIH montrent des efforts pour exclure une origine de laboratoire de Covid. The Nation. 19/01/2023.

Le groupe de scientifiques conclura quelques semaines plus tard, dans un article cosigné par Kristian G. Andersen et aujourd’hui considéré comme un faux (« The proximal origin of SARS-CoV-2 »), à une origine naturelle de la pandémie, estimant qu’« aucun scénario basé sur une fuite de laboratoire » ne serait simplement plausible.

Jeremy Farrar n’est pas cité dans la liste des auteurs de cet article, mais on sait aujourd’hui qu’il en a dirigé la rédaction et qu’il a « servi de liaison non officielle entre les virologues et Fauci ». Il a en revanche cosigné en mars 2020, aux côtés de Peter Daszack et de 25 autres scientifiques (dont le Pr Christian Drosten, à l’origine de la fraude concernant les tests PCR), une déclaration « influente », publiée dans le Lancet, visant à discréditer les objections scientifiques à l’encontre de la thèse d’une origine naturelle de la pandémie et présentant l’hypothèse d’une fuite de laboratoire, non nécessairement intentionnelle, comme « une théorie du complot qui stigmatise injustement les scientifiques chinois ».

Last but not least, la journaliste Emily Kopp a révélé en janvier dernier que Jeremy Farrar avait collaboré en 2010 à un projet de découverte virale en Asie du Sud-Est, subventionné par le NIH, et impliquant Peter Daszak, alors directeur du Wildlife Trust, destinataire de la subvention, et qui deviendra par la suite EcoHealth Alliance.

Est-ce suffisant pour qualifier de criminelle la gestion de la pandémie par l’OMS, qui en dépit de ces informations, a choisi de confier à Jeremy Farrar, en décembre 2022, la direction de sa division scientifique ? Oui selon le président argentin, Javier Milei, qui a également engagé en février 2025 le retrait de son pays de l’Organisation. Il avait déclaré à l’époque qu’il envisageait de déposer une plainte formelle contre le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant la Cour pénale internationale, pour les crimes contre l’humanité commis durant la pandémie par la direction de l’Organisation.


Note

* Le débat est en réalité clos, mais nous laissons chacun libre de se faire sa propre opinion.

Nos précédents articles sur les origines du COVID

• Juillet 2023 : Incendie des bureaux du sénateur Rand Paul : les projecteurs se braquent sur Anthony Fauci

• Février 2025 : L’USAID a-t-elle financé la création du COVID-19 ?

• Février 2025 : Quel rôle a joué l’Institut Pasteur dans les origines de la pandémie ?

• Mai 2025 : L’expérience 56023 de Ralph Baric est-elle l’événement à l’origine du COVID ?

• Août 2025 : Qui a commandité l’arrestation de l’avocat à l’origine d’un procès historique contre Albert Bourla et Bill Gates ?

• Août 2025 : Fauci savait depuis 2019 qu’une fuite de laboratoire s’était produite à Wuhan

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