Œil pour œil

Équipe Le Point Critique | 11 janvier 2026

La Russie répond à l’attentat contre Vladimir Poutine par un tir d’Orechnik

Le ministre russe de la Défense a confirmé vendredi avoir utilisé un missile Orechnik contre un site énergétique ukrainien en réponse à l’attentat perpétré fin décembre, selon ses investigations, contre le président de la Fédération de Russie.

Tir russe de missile Orechnik, Lviv (Ukraine, 8 janvier 2026

Un missile russe de type hypersonique a frappé la région de Lviv en Ukraine dans la nuit de jeudi à vendredi. Le tir visait un site de stockage stratégique (Stryi) abritant la moitié des réserves de gaz de l’Ukraine. Il s’agit donc d’une perte majeure pour Kiev, qui intervient dans un contexte de frappes massives lancées par Moscou contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes. Selon le maire de Lviv, Andreï Sadovoy, bien qu’il s’agisse d’un tir conventionnel, les dégâts causés par l’attaque seraient « terribles » et constitueraient un avertissement sans frais de la part de Moscou.

Le ministère russe de la Défense a confirmé vendredi sur son canal Telegram avoir déployé un missile Orechnik en réponse à l’attaque présumée de drones contre une villa présidentielle, survenue fin décembre, mais dont l’Ukraine et les États-Unis démentent qu’elle ciblait une résidence de Vladimir Poutine :

Cette nuit, en réponse à l’attaque terroriste du régime de Kiev contre la résidence du Président de la Fédération de Russie dans la région de Novgorod, lancée dans la nuit du 29 décembre 2025, les forces armées russes ont lancé une attaque massive avec des armes de haute précision à longue portée basées au sol et en mer, y compris le système de missiles sol-sol moyenne portée mobile « Oreshnik », ainsi que des drones d’attaque contre des cibles critiques sur le territoire ukrainien. Les objectifs de l’attaque ont été atteints.

https://t.me/mod_russia/60204

C’est la deuxième fois que la Russie déploie ce missile réputé impossible à intercepter, et qui n’aurait pas été détecté jeudi par les radars de l’OTAN. En novembre dernier, lors de son premier déploiement, les analystes occidentaux avaient relativisé la puissance de cette arme décrite comme une pseudo-innovation, ce que continue à marteler le blogueur Xavier Tytelman, qui a qualifié le tir de « raté » et Orechnik, d’« arme 100 % marketing ».

En réponse à ce second tir, Kiev a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, le président ukrainien estimant que l’utilisation de ce type de missile constitue une menace pour l’ensemble des capitales ukrainiennes :

Les Russes profitent de la vague de froid pour tenter de frapper un maximum de nos installations énergétiques. Quel respect pour l’Amérique et la diplomatie ! Leur principale tactique consiste à paralyser complètement les villes down.
Le missile Orechnik a de nouveau été utilisé, cette fois contre la région de Lviv. Une fois encore, il a été tiré à proximité immédiate des frontières de l’Union européenne. L’utilisation de missiles balistiques de moyenne portée pose le même problème à tous : Varsovie, Bucarest, Budapest et de nombreuses autres capitales.

Il faut que tout le monde comprenne cela de la même manière et avec le même sérieux : si les Russes ne prennent même pas la peine de trouver une excuse plausible pour utiliser de telles armes, alors aucune relation personnelle ni aucune rhétorique ne protégera personne.

Ce qu’il faut, c’est un système d’action conjointe, un système de défense collective   un système qui fonctionne vraiment. Un tel système existe-t-il aujourd’hui ? La question reste ouverte, car partout en Europe, le même doute persiste : leur capitale serait-elle défendue si Poutine la perdait soudainement ?

https://x.com/ZelenskyyUa/status/2009689240150442244?s=20

De son côté, l’ancien président russe et vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie, Dmitry Medvedev, a présenté l’attaque comme une réponse à la provocation des Occidentaux, en début de semaine, où la Coalition des volontaires a signé à Paris une déclaration d’intention pour l’envoi de troupes en Ukraine une fois qu’un cessez-le-feu serait acté entre Kiev et Moscou.

Quoi que l’on pense des exigences de la Russie concernant les garanties de sa propre sécurité, prétendre proposer une solution de paix intégrant impérativement une présence armée occidentale en Ukraine, et donc une mise sous tutelle militaire la Russie, déjà cernée par au moins 12 bases de l’OTAN, ne peut en effet s’interpréter que comme une provocation.

Il est donc probable que la véritable escalade à laquelle nous assistons peut-être aujourd’hui soit cette déclaration de guerre émanant de Paris et Londres, qui sont jusqu’à nouvel ordre les seules chancelleries à vouloir déployer des soldats aux portes de la Russie dans le but officiellement de garantir une paix durable.

À supposer toutefois que l’Europe inquiète vraiment la Russie.

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