Confession

Équipe Le Point Critique | 11 janvier 2026

La Pologne confirme que l’objectif des Occidentaux est d’affaiblir la Russie

La Pologne a confirmé en début de semaine que le prêt récent de 90 milliards accordé par l’Union européenne à Kiev visait à convaincre l’Ukraine de poursuivre la guerre, dans le but de provoqué un effondrement économique et militaire de la Russie.

Ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, 7 janvier 2026

Le ministre polonais des Affaires étrangères, Radosław Sikorski, a commenté mardi, lors d’un entretien accordé à la chaîne TVP World, la stratégie de l’Union européenne dans le conflit russo-ukrainienne. Il a expliqué que le soutien financier apporté à l’Ukraine reposait sur une stratégie d’attrition économique et humaine visant à affaiblir la Russie. La force des Européens aurait été de résussir à convaincre l’Ukraine de continuer à se battre sans mettre en péril l’existence de son État, sous-entendant que le point où un conflit est supposé s’éteindre naturellement avait été atteint :

Ce qui amènera la Russie à la table des négociations, c’est la dégradation accrue de son économie, afin que Poutine comprenne qu’il ne peut atteindre ses objectifs de guerre en poursuivant la guerre, et il n’en n’est pas encore là. Euh, il rêve toujours de soumettre toute l’Ukraine, ce qui n’est pas réalisable. Si vous regardez la carte de ses gains militaires pour l’année dernière, pour lesquels il a payé des dizaines de milliers, peut-être plus de cent mille euh morts de ses soldats, à ce rythme, il lui faudrait des décennies pour conquérir l’Ukraine. […]
Je crois donc que cette guerre prendra fin, plus nous augmenterons la pression sur Poutine, l’agresseur, et non sur la victime de l’agression. […]
Ce qui importe, c’est que nous avons trouvé un moyen de convaincre l’Ukraine que ses fonctions étatiques et son budget de défense seraient soutenus par l’Union européenne – avec 90 milliards d’euros au cours des deux prochaines années. Je pense que cela change les calculs de Poutine car il espérait peut-être, comme il le fait depuis le début, que la lassitude finirait par avoir raison des démocraties, qui sont pitoyables, qui n’ont pas la capacité de perdurer. Euh, maintenant, il doit être prêt à se battre pendant encore deux ans et, il n’est pas certain que son armée et son économie puissent supporter ce fardeau. Donc, d’une certaine manière, aider l’Ukraine à être autonome à bien des égards, avec le soutien de ses partenaires européens et du financement européen est essentiel.

Il a également expliqué que c’est bien l’Europe qui n’avait pas respecté les accords de Minsk, contrairement à ce qu’affirmait Emmanuel Macron le 6 mars dernier, à l’issue d’un conseil européen sur la défense, où il avait qualifié cette analyse de « mauvais conte » :

C’est l’un des arguments que j’avance dans mes conversations avec mes collègues occidentaux. Vous savez, la liste des accords où les Européens de l’Ouest décident sans tenir compte des décisions de l’Europe centrale et orientale est longue et très regrettable. Et nous savons ce qu’il en est. Les derniers en date sont bien sûr Minsk 1 et Minsk 2, et nous n’avons pas besoin d’un Minsk 3.

Il a également confirmé quatre points essentiels :

  • la Pologne se prépare à un conflit armé contre la Russie à l’échéance 2030, son objectif étant de temporiser en continuant de l’affaiblir sur le terrain militaire, afin de permettre à Varsovie de renforcer son industrie de la défense en prévision de cet affrontement :

Nous avons donc jusqu’à la fin de l’année pour mettre en place une armée que Poutine hésitera à défier, ce qui ne devrait pas dépasser nos capacités. Nous savons que notre économie– je parle de l’UE – est neuf à dix fois plus importante que celle de la Russie, et vous savez que nous avons combattu la Russie avec succès avant même que les États-Unis n’existent. Nous devrions donc être capables de le faire à nouveau aujourd’hui.

  • l’Ukraine n’acceptera aucune concession territoriale, y compris si celles-ci se limitent à la cession du Donbass dont elle a pourtant bombardé pendant dix ans la population, essentiellement russophone :

Eh bien, Poutine pense probablement qu’en ne réclamant que le Donbass, il fait une concession. Mais bien sûr, cela signifie que l’agresseur serait récompensé et que les Ukrainiens, maintenant qu’ils disposent de ces 90 milliards, sont déterminés à continuer de se battre pour résister.

  • le président polonais n’autorisera jamais l’envoi de troupes en Ukraine, contrairement à ce qu’envisage la Coalition des volontaires constituée il y a deux ans à l’initiative de la France et du Royaume-Uni :

Comme vous le savez, le président de la Pologne a déclaré qu’en aucun cas, il n’autoriserait la présence militaire polonaise en Ukraine, alors que la coalition des volontaires discute précisément de cela.

  • la Pologne pourrait constituer sur ce principe un obstacle à l’aboutissement d’une solution de paix en raison de sa proximité géographique avec la Russie, qui en fait, a minima, un acteur clé de la diplomatie européenne lors des pourparlers avec Moscou :

Nous sommes non seulement le seul membre de l’OTAN et de l’UE à avoir des frontières communes avec ces deux pays, mais nous sommes également une plaque tournante logistique indispensable pour soutenir l’Ukraine. […] Il y a donc des arguments pour et contre notre inclusion dans les différents forums.

Cette déclaration n’est pas une surprise sur le fond. Fin novembre, la cheffe de la doplomation européenne, Kaja Kallas, avait déclaré avec une franchise désoutante que l’objectif premier de l’Union européenne était d’affaiblir la Russie :

L’UE a un plan en deux points très clair : premièrement, affaiblir la Russie ; deuxièmement, soutenir l’Ukraine.

Kaja Kallas, 20 novembre 2025. https://www.eeas.europa.eu/eeas/foreign-affairs-council-press-conference-high-representative-kaja-kallas_en

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