Sermon papal

Équipe Le Point Critique | 11 janvier 2026

Le Pape Léon fustige la dérive « orwellienne » de l’Occident

Lors de ses traditionnels vœux aux diplomates, le nouveau Pape a brossé un portrait de l’Occident d’une surprenante acuité. Il dénonce un recul idéologique des libertés fondamentales, notamment d’expression et de conscience, fondé sur une instrumentalisation d’un langage au profit d’une novlangue, qu’il qualifie d’« orwellienne ».

Pape Léon XIV, présentation des vœux aux membres du Corps diplomatique, 9 janvier 2026

Le Pape Léon XIV a prononcé vendredi son premier discours aux membres du Corps diplomatique pour la présentation des vœux pour la nouvelle année. Il a commenté les événements marquants de l’année qui s’achève et exprimé ses inquiétudes pour celle qui débute, en rappelant les valeurs chrétiennes qui devraient selon lui guider l’humanité. Il a dressé à cette occasion un portrait inquiétant de l’Occident, qui pourrait presque être interprété comme une réponse, en forme de sermon, à l’allocution prononcée quelques jours plus tôt par Emmanuel Macron.

Lors de ses traditionnels vœux aux Français, le chef de l’État a présenté les trois principaux chantiers qu’il souhaite mener à terme en 2026 : la réintroduction du service national, la restriction des réseaux sociaux et la légalisation de l’euthanasie. Même si les deux derniers ne sont pas formulés en ces termes, c’est bien l’objectif qu’il leur a prêté dans d’autres circonstances.

Concernant les réseaux sociaux, le vice-président américain JD Vance avait en effet choqué les dirigeants occidentaux en févier dernier, lors du Sommet mondial sur l’intelligence artificielle à Munich, en présentant l’Union européenne et plus particulièrement la France comme l’incarnation de la censure sur les réseaux sociaux. Il avait dénoncé la tentation de restreindre leur accès à l’ensemble de la population au prétexte de vouloir protéger les mineurs. Ceux qui partagent cette vision dénoncent la manipulation sémantique au nom de laquelle l’UE prétend combattre la liberté d’expression, comme l’a lumineusement expliqué la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en encourageant la mise en place d’un système de prebunking et en surfant sur la même métaphore qui était au cœur de l’hygiénisme médical sur lequel s’est fondé légalement l’holocauste :

https://twitter.com/Galadriell__/status/2005340178601197682?s=20

Concernant la fin de vie, l’un des points particulièrement choquants du projet de loi français concerne la répression, inédite dans le monde, de la liberté de conscience et la criminalisation des établissements de soins refusant de donner la mort, qui s’exposeraient à une perte des financements publics et à des poursuites pénales, allant jusqu’à l’emprisonnement des responsables de ces structures.

Les mots prononcés vendredi par le Pape Léon rendent hommage à cette lecture critique de la dérive idéologique à l’œuvre en Occident. Avec une acuité proprement sidérante, le Pontife a exposé la mécanique « orwellienne » à l’œuvre dans la novlangue mondialiste, pour reprendre un terme inventé par Georges Orwell (la langue officielle d’Océania, imposée par les dirigeants dans le roman dystopique 1984), au nom de laquelle l’Union européenne piétine les valeurs qu’elle promeut dans sa Charte des droits fondamentaux pour appeler à la guerre et à la censure, et criminaliser ceux qui opposent à la notion de « genre » la loi fondamentale de la biologie.

De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.

Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.

Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

Pape Léon XIV. Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité par le Saint-Siège pour la présentation des vœux. Vatican, 9 janvier 2026. https://www.vatican.va/content/leo-xiv/fr/speeches/2026/january/documents/20260109-corpo-diplomatico.html.
https://twitter.com/camille_moscow/status/2009681394461528162?s=20

Nous ne savions pas que le Pape était complotiste. Le Conseil européen de l’UE ira-t-il jusqu’à le placer sous sanctions ou ordonner la fermeture du Point Critique pour avoir osé reproduire ses propos ?

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