Malaise diplomatique
Attaque contre la villa de Vladimir Poutine : les données de navigation des drones ont été remises aux États-Unis
Au lendemain du démenti de la CIA concernant l’attaque présumée contre une résidence de Vladimir Poutine, Moscou a remis aux États-Unis les données de navigation des drones. Elles confirmeraient de façon formelle que la cible était bien la villa du président russe.
Igor Kostioukov, le chef du renseignement militaire russe, a remis aujourd’hui à un attaché militaire de l’ambassade des États-Unis à Moscou du matériel provenant des drones ukrainiens neutralisés par les Forces armées russes dans la nuit de dimanche à lundi lors de l’attaque présumée contre la résidence de Vladimir Poutine située à Valdaï, ainsi que des données récupérées sur les appareils.
L’information a été confirmée sur le réseau X par le ministère des Affaires étrangères russe. Une vidéo de la rencontre a été publiée sur la messagerie Telegram : https://t.me/milinside/591/.
Le chef du GRU a déclaré lors de la remise de ces éléments que les systèmes de navigation des appareils interceptés étaient techniquement opérationnels et que l’analyse de ces données par l’état-major russe aurait « confirmé sans équivoque que l’objectif de l’attaque était un complexe de bâtiments de la résidence du président russe ».
Dans un certain nombre de ces véhicules aériens sans pilote, les systèmes de navigation sont bien conservés. Ils sont techniquement opérationnels. Le décryptage effectué par les spécialistes des services spéciaux de la Fédération du contenu de la mémoire et des contrôleurs de navigation des données des véhicules aériens sans pilote a confirmé de manière incontestable et précise que la cible de l’attaque était l’ensemble des bâtiments de la résidence du président de la Fédération de Russie, dans la région de Novgorod.
Nous souhaitons vous remettre le contrôleur et la description de ce contrôleur, réalisés par nos spécialistes. Nous estimons que cette démarche permettra de lever toutes les questions et de contribuer à l’établissement de la vérité.
Cette séquence est particulièrement embarrassante pour la CIA dont le directeur, John Ratcliffe, aurait affirmé au président Trump que des drones ukrainiens avaient bien été déployés dans cette zone avec le concours de la CIA, mais qu’ils ne ciblaient en aucun cas la résidence de Vladimir Poutine.
Ni les chancelleries européennes ni les services de renseignement américains n’ont publié d’éléments tangibles contredisant la version de Moscou. Le démenti de la CIA, publié par le WSJ, propose tout au plus une contre-version qui se veut compatible avec le rapport de l’état-major de la Défense russe dans lequel la trajectoire et l’heure de destruction des appareils sont détaillées.
Il manquait au dossier publié par le général Aleksandr Romanenkov, chef des forces de défense antimissile des forces aérospatiales russes, des éléments tangibles corroborant l’hypothèse d’un attentat ciblant la villa du président de la Fédération de Russie et non d’un simple survol. Il semble que cette dernière pièce du puzzle ait été produite.
Si l’analyse des données de navigation par les services américains confirme les accusations du ministère de la Défense russe, une crise diplomatique sans précédent pourrait en découler. En effet, selon l’ex-conseiller de Volodymyr Zelensky et un ancien agent du renseignement américain, la villa ciblée par les Ukrainiens, avec le soutien des services de renseignements occidentaux, américains ou européens, n’est pas une simple résidence d’été, mais un centre de commandement hautement stratégique, permettant la riposte des forces nucléaires en cas d’« actes d’agression destinés à être dissuadés par les forces de dissuasion nucléaire de la Russie ».